Le premier volet d'une trilogie, telle que celle filmée par Dag Johan Haugerud, doit naturellement donner envie de découvrir les deux épisodes suivants, sans pour autant atteindre un niveau trop élevé, faisant craindre que les autres segments ne soient pas à la hauteur. De ce point de vue, Rêves, qui aurait pu aussi bien s'intituler Amour ou Désir, accomplit parfaitement sa mission, comme une mise en bouche prometteuse. Cette histoire d'une lycéenne amoureuse de sa professeure obéit au classicisme des récits d'apprentissage mais son côté littéraire, voire cérébral, renforcé par une voix off très présente et des dialogues abondants, lui octroie d'emblée un aspect singulier, assez proche de certains films français des années 60 ou 70. Il y a trop de mots posés sur des émotions, sans doute (Haugerud est aussi romancier), et la mise en scène peut sembler parfois trop timide, mais la structure du film est intelligente et la discussion que Rêves entame entre trois générations de femmes, d'une même famille (où sont passé les hommes ?) ne manque ni de sel, ni de piment. Accessoirement, le long métrage démontre que l'art du tricot et la sensualité ne sont pas incompatibles et les promenades dans la capitale norvégienne valent elles aussi le détour. Si on y ajoute une qualité d'interprétation indéniable, le démarrage de cette Trilogie d'Oslo est aux petits oignons, sans tutoyer les sommets : captivante dans ses ambiguïtés et sa liberté de ton et, surtout, augurant d'une montée en puissance dans les films qui vont lui succéder.
Le parcours de cette lycéenne qui tombe amoureuse de sa jeune et belle professeur est admirablement mis en scène avec beaucoup de délicatesse et de subtilité. Le film, bien interprété, est à la fois émouvant et pudique. Il met bien en valeur la traduction des sentiments intimes de cette jeune fille mais également les réactions de son entourage familial et extra-familial face à ce bouleversement sentimental. La réalisation et le bon casting rendent ce film agréable et très attachant.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 16/04/25 au Club Lincoln à PARIS)
Premier volet de la Trilogie d'Oslo, dans "Rêves", le désir circule à travers les mots, et c’est leur puissance, plus que les corps, qui crée le trouble. Haugerud orchestre des dialogues d’une précision redoutable, où le langage révèle moins qu’il ne bouscule. Derrière la banalité apparente des situations affleure une tension sourde, celle d’une jeunesse éclairée mais désarmée, face à ses propres fantasmes. Rarement le cinéma aura filmé avec autant de justesse ce qui naît entre ce que l’on dit, ce que l’on tait, et ce que l’on imagine.
Volet de la trilogie d'Oslo ( Ours d'or Berlin 2025 ), " Rêves" n' a pas suscité mon enthousiasme.
Il faudra écouter trop fréquemment la voix off de la jeune élève, sur un ton monocorde, qui nous lit son journal intime, sur une mise en scène plate et statique, nous révélant l'attirance sentimentale qu'elle éprouve à l'égard de sa professeur de français ( " est ce ou non, même vaguement, réciproque ?" )
On a finalement affaire à un scénario qui tente ( peut-être ?) de nous montrer comment il est parfois difficile de se connaître, de comprendre les autres tout en sachant communiquer de façon adéquate avec eux. Il faudra laisser le passé à sa place pour envisager un futur possible ( cf acte manqué chez le psy )
Dans le registre du cinéma-litteraire, Eric Rohmer, Jean Eustache ( ce sont les noms qui me viennent spontanément à l'esprit ) ont fait tellement mieux et tellement souvent que ce volet, un peu fade, de la trilogie d'Oslo !
Un film dont il est peut-être plus intéressant de parler que de le voir. J' irai toutefois par curiosité, malgré ma petite déception, visionner les deux autres volets.
Une chronique adolescente et un roman d’apprentissage sensuel et amoureux sans esbroufe, très naturel, très doux et très agréablement disert. Le résultat est plus intensément littéraire que cinématographique, c’est certain, mais jamais pesant dans ses développements en voix off, narratifs ou réflexifs. Une belle construction dramatique, quelques ellipses et autres effets de montage donnent de la vie au récit qui coule avec fluidité en maintenant l’intérêt constant. C’est l’écrin classique et délicat d’un texte finement écrit, qui évoque avec justesse, bienveillance et parfois tendre ironie des faits de vie à la fois banals et complexes. La présentation des premiers émois adolescents s’accompagne habilement d’une réflexion plus originale sur la solitude au féminin en matière de désir et d’amour, sur les nuances des relations mères-filles (complicité, fierté, jalousie…) et sur la création littéraire qui se nourrit de vécu et de fantasme. Quelques scènes sont très réussies (les essayages de pulls en laine, d’un doux érotisme ; le dialogue amusant autour du film Flashdance), dans un ensemble qui, sans être bouleversant, témoigne toujours d’une belle sensibilité et d’une belle intelligence, servies par une interprétation de qualité.
Ai le premier volet de la trilogie d’Oslo, « Rêves » du réalisateur norvégien, Dag Johan Haugerud qui a obtenu le Lion d’Or lors de la dernière Berlinade. Les trois films (les deux autres opus sortiront également au mois de juillet 2025), ont pour point commun de se dérouler à Oslo durant le même été tout en interrogeant la sexualité. Johanne est lycéenne et tombe amoureuse de sa professeure de français. Ne pouvant pas partager cette émotion avec qui que ce soit, elle écrit tous ses ressentiments, ses doutes, ses rêves autour de cette relation. Quand sa grand-mère, poétesse, lira le texte-confidence, elle sera partagée entre l’admiration pour sa grande qualité et sa gêne par rapport à cette relation entre une adolescente et une femme plus âgée. « Rêves » est film extrêmement écrit et littéraire frisant parfois le verbeux qui mélange le présent, un proche passé et un avenir immédiat. La mise en scène donne la priorité aux longs plans séquences et à un rythme moderato bienvenu. Les questionnements soulevés sont subtils, intéressants, cruels tout en donnant priorités à une jolie légèreté qui évite toute dramatisation excessive. Le film est délicat, élégant, fluide, inspiré. Le scénario donne la priorité à 4 très beaux rôles de femmes de toutes les générations, Johanne (Ella Overbye subtile) l’adolescente, Johanna (Selome Emnetu) la prof, Kristin (Ane Dahl Torp) la mère, Frodis (Ingrid Unnur Giaever touchante) la grand-mère. Un très joli film sur les premiers émois et leurs complexités, la littérature, le féminisme, la famille… et tout simplement l’amour. Un très joli portrait d’adolescente du XXIème siècle.
J'ai trouvé le scénario et les personnages trop superficiels et caricaturaux, manquant cruellement de complexité et de nuances. Je n'y ai pas cru une seconde. C'est plat et très long. Je n'irai pas voir les 2 autre opus de la trilogie.
La première demi-heure est pénible par sa tonalité bavarde et la superficialité de ces émois amoureux adolescents. Le film devient plus nuancé et intéressant par la suite mais on est loin de la perfection et du charme de Rohmer.
Enorme coup de cœur pour ce récit captivant. Une écriture d’une finesse rare, stratifiée, complexe et au même temps extrêmement facile. Les personnages ne sont jamais vraiment terminés, mais en constante évolution. Et les références ? La trinité, les sœurs Brönte… et la feuille de jasmin qui s’ouvre à la Marie Antoinette. On suit avex plaisir ce voyage aux limites du réel.
On peut se montrer irrité par l'importance donnée à la voix off dans ce film. Cela étant, on s'y habitue petit à petit et l'histoire d'amour que se construit la jeune Johanne, brillamment interprétée par Ella Øverbye, devrait arriver à émouvoir les cuirs les plus endurcis. Quant à la réalisation, elle se révèle très brillante.
Alors que l'opus intitulé Amour est radicalement polyphonique, Rêves est beaucoup plus resserré : Haugerud s'intéresse ici exclusivement à l'histoire de Johanne, ou pour être plus précis à l'histoire que se raconte Johanne.
Autant Amour était ouvert sur le monde et la variété des sentiments, autant Rêves est presque claustrophobique par construction, à force de ne voir le monde qu'à travers les yeux de son héroïne.
L'exercice est donc complètement différent, mais ce qu'il y a d'interessant, c'est que les qualités d'écriture et de mise en scène sont les mêmes : attention extrême aux variations de l'âme qui effleurent sous les visages, classicisme épuré dans la façon de filmer, parfois zébrée d'éclairs chatoyants, douce causticité dans les dialogues, toujours ciselés.
Si j'ai été moins attiré par les états d'âmes de la jeune Johanne que par les tribulations des personnages d'Amour, je dois tout de même avouer que la découverte de ce cinéaste norvégien de 61 ans est pour moi un des faits marquants de 2025, tant son cinéma paraît évident et profond à la fois.
Je recommande cet exercice de style très contemporain, qui interroge la notion de réalité avec brio.
le premier opus de cette " Trilogie d'Oslo " au nom évocateur de "Rêves" se révèle une belle surprise malgré son aspect très bavard. Porté par une voix Off, celle de l’héroïne qui tombe amoureuse de son enseignante, le spectateur est plongé dans une passion obsessionnelle platonique et à sens unique qui permettra à la jeune femme de se révéler. Un bon film sans être un chef d’œuvre.
"Rêves" Ours d'or à la Berlinale cette année est un drame sentimental norvégien qui se regarde. Le réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud présente aux spectateurs une histoire trop intellectuelle, bavarde et manquant d'émotions. Il y avait sans aucun doute une meilleure manière d'aborder la complexité des relations amoureuses, la solitude et les fantasmes amoureux, bien que l'ensemble contienne certaines bonnes idées et suscite un certain intérêt.
Peut-être un peu surcoté, C'est très bavard et étonnamment, c'est la grand-mère au désir charnel lointain puis la mère qui vont trouver les mots pour panser les maux de la jeune fille[/spoilerspoiler: ].[spoiler] Un premier volet très soft sur la naissance d'une relation fantasmée qui ne m'a pas vraiment transcendé. Attendons de voir le reste même si les histoires sont différentes. spoiler: ce premier film de la Trilogie d'Oslo met en scène une lycéenne de 17 ans qui va voir monter un désir grandissant pour une enseignante atypique . Cet amour naissant est raconté de manière très prude avec comme toile de fond la voix off de son héroïne spoiler: (la fin réserve une surprise).