Robocop
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MaCultureGeek

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4,5
Publiée le 24 juin 2019
Robocop, c’est un traumatisme de gosse, une scène de meurtre impitoyable. Robocop, c’est 5 meurtriers qui butent un flic, c’est 5 raclures qui déversent leur haine de la société sur le premier homme de bien qu’ils ont pu trouver. Chargeurs vidés, hurlements de douleur : on y dépeint la mort d’un homme et la naissance d’une créature héroïque, la perte du corps pour l'apparition d'une justice nouvelle.

Robocop est la passerelle entre deux univers, une sorte de croisée des mondes : l’un organique, l’autre cybernétique. L’homme rencontre la machine, la machine épouse les traits de l’homme. Créature désincarnée qui tente de s’offrir une humanité, voilà donc le reflet de cet être passé : Murphy ou Robocop? La réponse arrive en conclusion, par une phrase simple, frappante, qui met un point d'arrêt à cette réflexion fantastique sur ce qui fait de nous des hommes.

Un personnage divinement bien interprété; Peter Weller au sommet de son art, rencontrant le seul grand moment de sa carrière. Une sorte de figure prophétique pour son interprète, qui toucha la grâce le temps d’un film par sa prestation humaine, intime, touchante, retombant ensuite dans les tréfonds des inconnus d’Hollywood. Certes inconnu pour le grand public, il n’en demeure pas moins un grand second couteau du cinéma américain; Star Trek, Planète Hurlante, d’autres grands films de science-fiction.

Face à lui, des gueules particulières; cinq acteurs inoubliables dans des rôles de salauds ultimes, aux côtés d’un bureaucrate charismatique tout aussi vicieux. Robocop, c’est le paradis des pourris qui se transforme en village des damnés. On y chasse la vermine comme le fauve chasse sa proie; sans pitié, se délectant de la peur de son ennemi, à l’affût de la moindre erreur, prête à bondir à son cou. Tout continue dans ce sens jusqu’à la chute de l’intrigue, véritable bain de sang mêlé de boue, explosion de vengeance dans un déchaînement de violence prenant place sur les vestiges d'une usine désaffectée, aux airs du lieu de renaissance de Murphy.

Une action par ailleurs saupoudrée d’un zeste de bande-son délicieuse. Mythique thème de Basil Poledouris, qui n’est pas sans rappeler celui de Starship Troopers (du même compositeur), voilà une musique qui reste en tête, et marque d’une pierre blanche les plus beaux moments de l’oeuvre. Elle monte progressivement, fait écho avec cette tension dramatique qui va crescendo; à l'image de Robocop qui perd progressivement son armure pour dévoiler ses restes d'humanité, la bande-son suit parfaitement l'intrigue et la met en avant, offre une nouvelle proportion à cette mise en scène géniale.

De beaux moments sublimement mis en image par le talent incroyable de Paul Verhoeven, sorte de génie de la mise en scène qui s’est éteint après les années 90; dès les années 2000, nul n’a plus eu droit à ses grands films de science-fiction/thriller/action. Un manque à combler pour le cinéma de genre, qu'aucune suite n'aura réussit à faire perdurer.

Mais en plus de tout cela, Robocop c’est aussi la critique acerbe d’un scénariste désillusionné. Robocop, c’est le constat terrible d’une société qui se meurt dans sa paresse et ses vices, qui ne cesse de critiquer l’autre et désire sa chute prochaine, de ces états qui suppriment opposants comme anciens alliés, de cette société libérale qui s'empare de tout, jusqu'à souiller l'indépendance de la justice et le libre-arbitre du spectateur. On parle tout de même de journaux télévisés faisant la promotion d'un jeu familial nucléaire, où chaque membre de la famille tentera de faire exploser l'autre (fille, frère, mère, grand-père,...).

Ici, l’homme est mauvais par nature : il braque une épicerie, fait exploser des magasins, la propriété de travailleurs pauvres, le fait encore et toujours; ce n'est pas pour rien que Verhoeven ponctue son film du fameux "J'en prendrai pour un dollar" : Robocop nous dépeint une société libérale où chacun veut sa part du gâteau, en y laissant le moins de frais possibles. De même pour les grandes figures du pays : alors que la police est vendue à de grosses têtes corrompues, les médias ne cesseront de bourrer les crânes de fausses idées, et la publicité vendra aux enfants des jeux indignes à la morale douteuse (comme évoqué précédemment), jusqu'aux excès immoraux de sa suite très sympathique.

Vaste farce du siècle dernier, horrible constat d’une société qui ne cesse de se dégrader, voilà donc l’expression même de la perversité. Dans Robocop, on aime tuer lentement, on aime torturer son prochain jusqu’à ce qu’il en crève, réanimer des cadavres pour jouer les Docteur Frankenstein, et désirer détruire quand on ne contrôle plus la situation.

Dans Robocop, les mots sont des armes, et les armes se résument en des mots. Ici, le journaliste est aussi nocif à la société que l’est le bandit, le dirigeant est aussi pourri que les grandes têtes des gangs. Qu’en est-il donc des hommes de bien? Ils crèvent au détour d’une ruelle, ils se meurent sur le sol crasseux d’usines désaffectées ou font la grève quand le peuple ne supporte plus leur protection.

L’espoir, quant à lui, n’est qu’un mot vain, inutile, une flamme qui s’éteint, quelquefois rallumée par la présence d’une nouvelle personnalité, d’un héros d’un genre nouveau : Lewis et Murphy, Roméo et Juliette non avoués. Mi-homme mi-machine, il porte les stigmates de son ancienne vie. Débris rafistolé autant que chevalier blanc de sa ville dépravée, visage de cire sur poupée d’acier, son nom n’est autre que Robocop, la nouvelle créature de Frankenstein. Nul doute que j’en reprendrai pour un dollar.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 septembre 2008
Incontournable, devenu classique de la SF, Robocop apparaît encore aujourd'hui comme une bonne critique de notre société qui n'a pas finalement tant changé depuis 20ans. Si le personnage en lui-même n'a pas pris une ride (et pour cause sic), il faut quand même reconnaitre que le reste des effets spéciaux et en particulier l'animation du robot ED311 en a pris un sérieux coup nous autorisant à penser à un cousinage avec l'animation des squelettes de Jason et les Argonautes. Enfin, il faut aussi avouer un certain savoir faire de la part du réalisateur P.Verhovoen qui a toujours su à travers ses films mêler chaud et froid. La violence ici dépeinte est omniprésente et n'est pas moins qu'un outils pour la satire que dresse le réalisateur tout comme peuvent l'être les fausses publicités et journaux TV. Bref malgré son âge, le 1er épisode tient encore toutes ses promesses.
Romain Pinel
Romain Pinel

43 abonnés 696 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 janvier 2009
Voici un très bon film d'action dans le pur style de Paul Verhoeven à qui l'on doit Total Recall et Starship Troopers.Robocop ce n'est pas seulement un film d'action mettant en scène un super héros , c'est une vision sans concession du futur ( enfin pour nous c'est le passé mais à l'époque c'était le futur et comme d'habitude l'avenir n'est jamais rose ) avec une société où la violence est omniprésente et complètement banalisée ( scènes bien gores avec peu de réactions ) et un fonctionnement qui fait l'apogée de la consommation.Et donc face à cette insécurité grandissante la question se pose, doit on remplacer les policiers par des robots maintenant que c'est techniquement possible ? Surtout que des sociétés privées à but lucratif contrôle les forces de polices : c'est ainsi qu'arrive Robocop ,crée à partir d'un flic modèle , choisi et laché volontairement dans un quartier hautement difficile dans le but qu'il soit grièvement blessé et donc transformé en cyborg puissant et implacable.C'est donc cet univers qui est important dans ce film , aprés le reste de l'intrigue c'est relativement classique en outre les acteurs ne sont pas sensationnels , le personnage de Robocop est assez bien fait cela dit.Sinon les scènes d'actions sont très bien réalisées tout comme la mise en scène et le déroulement global du film.Donc voilou , les aventures de ce concurrent de Terminator sont très plaisantes à regarder.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 septembre 2008
tout simplement génial. Un film d'action pure et rrés bien mis en scéne. Mais au dela des scénes d'action prenantes, le réalisateur depeint une société inhumaine avec une ironie bien glaciale.bref action, intelligence, futuriste realiste quand la realite depassera la fiction c'est pour maintenant on aime ou pas le film mais le réalisateur a ete visionnaire.......... un film a voir!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 septembre 2008
RoboCop est un film brut et spectaculaire qui remue le spectateur dans tous les sens. C'est le premier film - premier succès aussi - américain de Paul Verhoeven qui brosse ici un tableau au vitriol de la société américaine des années 1980, liant sa destinée à la maitrise technologique et à l'empire du capitalisme pour le pire des résultats : une société inhumaine, composé d'individus corrompus et hideux. Le parcours du "cyborg policier" se lit comme la résurrection violente du corps humilié et offensé. C'est un Christ totalitaire autant que l'est cette société, un Christ qui ne pardonne plus, un Homme moderne ?
FABULOEUF
FABULOEUF

30 abonnés 392 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 septembre 2008
Une bonne série B de science fiction qui se regarde en usant de sympathie.
dai72
dai72

198 abonnés 2 134 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 septembre 2008
Un polar SF fantastique devant lequel on ne s'ennuie pas. Ca a beau être un film avec pour héros un cyborg, il y a quand même une réflexion sur l'humanité qui est intéressante. C'est fort, spectaculaire, vivant, indémodable et vraiment bien écrit.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 août 2008
Un grand classique de science-fiction.
Il est vraiment excellent ce film, à voir d'urgence.
Verhoven au summum de son talent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 août 2008
Aujourd'hui un classique de la SF avec le style inimitable de Verhoeven. Son premier grand succès mérité car avantgardiste et impressionnant. On adore voir Murphy exploser les méchant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 juillet 2008
"Robocop" est ,à mes yeux, le meilleur film de verhoeven... Au delà du film de genre (en l occurence la science fiction), le film est l'histoire poignante et dramatique de cet homme devenu une machine et dont l'esprit survit dans ce corps métallique et artificiel. L'histoire d'un homme revenu d'entre les morts pour se faire justice. Dans le métrage, on retrouve les ingrédients chers à verhoeven, de la violence graphique, des personnages complexes, et puis ce coté dérangeant, voire glauque, d'une manière générale. Ce film est vraiment à part dans cette "saga" qui aurait du s arreter au 2 tant le 3 est dépourvu de l essence meme du matériau d'origine (robocop qui vole... n importe quoi!).
Jérôme H
Jérôme H

212 abonnés 2 295 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juillet 2008
Super, presque tout y est : émotion, tiraillement du personnage, action, histoire, méchant,etc... tout a été minutieusement préparé et cela se ressent à l'image. Bravo Paul V.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 juillet 2008
20 ans cette année et pas une seule ride.
Un scénario des plus basique certe,mais des plus efficace.Des effets spéciaux étonnants,surtout pour l'époque.
Quelques scènes un peu cracra tout de même,l'interdiction aux moins de 12 ans reste un peu légère.
D'une tristesse qui vous prends aux tripes.
Robocop reste le film incontournable que tout le monde à vu et reverra encore beaucoup.
cinematop
cinematop

5 abonnés 243 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juillet 2012
3 étoiles minimum. j'aime beaucoup ce film.
Henrico
Henrico

233 abonnés 1 458 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juin 2008
Paul Verhoeven ne nous a pas pris en traître! Après « Turkish Delices », son 2ème film, puis « La Chair Et Le Sang », son 6ème, personne ne pouvait ignorer que ses thèmes de prédilection, le sexe, la violence, les institutions, l’Histoire même, feraient l’objet de critiques politiquement très incorrectes, voire franchement subversives. L’incorrection politique de « Turkish …» résidait dans le fait qu’on franchissait la limite de l’érotisme pour tomber dans une certaine pornographie. Celle de « La Chair …», venait d’une intrigue tout en meurtres, viol, inceste, produisant un effet de « revisitation » archi glauque d’un moyen âge chevaleresque idéalisé. «Robocop» lui, avait ceci d’incorrect qu’il dénonçait la tendance des gouvernants aux USA et dans les pays occidentaux à se défausser de leur devoir d’assurer des services d’utilité publique (ex: Police) sur des entreprises privées, lesquelles, obnubilées par la rentabilité finissaient sans scrupule par aller à l’encontre des intérêts des citoyens. Mais à souvent rechercher l’outrancier, Verhoeven a parfois glissé dans le racolage. Ce fut le cas de l’hyper sulfureux mais finalement moyennement bon polar que fut « Basic Instinct ». Paradoxalement, l’un des moins appréciés des films du cinéaste est pourtant le plus équilibré. Intelligent, parfois drôle, et toujours dynamique «Starship Troopers», use de l’outrance, mais sous le prisme de l’ironie dramatique. Sous une apparente apologie des films de guerre, avec ses scènes de "classes" et de batailles ultra violentes, Verhoeven les démonte en dénonçant le cynisme de leur patriotisme, de la médiatisation de la guerre qu'en font les chaînes de TV, et l’intrusion militariste dans l’institution scolaire. Avec le très réussi « Hollowman », une nouvelle « revisitation » glauque, cette fois des visions gentilles de homme invisible, on pensait que la création Verhoevienne irait crescendo. Hélas, mièvre et peu crédible « Blackbook » nous est tombé dessus. Allons Paul, ressaisi-toi!
hyrule
hyrule

91 abonnés 1 480 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 juillet 2011
Un peu vieilli, le film comporte certaines scènes parfois trop longues et qui n'apportent pas grand chose à l'histoire. Des méchants très bêtes,, un super flic robotisé qui est indestructible devant les balles des méchants qui ne savent même pas viser, c'est un peu facile. Mais Paul Verhoeven arrive quand même parfois à remonter le niveau. Quand même bien intéressant à certains moments.
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