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Karim Jebli et Nordine Salhi reprennent leur rôles de Karim et Nono, ces deux philosophes des temps modernes, persuadés que leur destin est de briller dans le monde du rap après un échec mémorable dans la télé-réalité. Leur persévérance est presque admirable, si seulement elle n'était pas si mal orientée.
Le duo de réalisateurs, Cyrille Droux et Claude Zidi Jr., semble avoir cru qu'en empilant des gags éculés et des situations grotesques, ils parviendraient à créer une comédie. Malheuresement, le résultat est une succession de scènes qui oscillent entre l'embarras et l'ennui. Les tentatives d'humour tombent à plat, laissant le spectateur se demander si le véritable gag n'est pas d'avoir payé sa place.
Karim Jebli, dans le rôle de Karim, affiche une énergie débordante, mais son jeu manque cruellement de nuance. Son personnage, censé être attachant dans sa maladresse, devient rapidement agaçant par son imaturité constante. Nordine Salhi, en Nono, n'apporte guère plus de profondeur. Son interprétation se limite à des mimiques et des répliques prévisibles, sans jamais surprendre ni émouvoir. Les apparitions de Sofiane Zermani (Fianso) et Soprano auraient pu ajouter une touche d'authenticité au milieu rap. Héla, leurs rôles se résument à des caméos sans saveur, probablement acceptés par amitié plus que par conviction artistique. Leur présence souligne davantage le fossé entre l'ambition affichée du film et sa réalisation bancale.
Le scénario, s'il en est un, semble avoir été écrit sur un coin de table entre deux pauses café. Les péripéties s'enchaînent sans logique apparente, donnant l'impression d'une série de sketches mal ficelés plutôt qu'un récit cohérent. Les dialogues, truffés de clichés et de vulgarités gratuites, n'apportent rien à l'intrigue et fatiguent plus qu'ils ne divertissent.
Visuellement, le film ne ratrape pas le naufrage. La réalisation est plate, sans inventivité, et la bande-son, pourtant centrée sur le rap, manque cruellement de punch. On aurait pu espérer que l'énergie du genre musical insuffle un peu de vie à l'ensemble, mais il n'en est rien.
En somme, "Les Déguns 2" est une comédie qui peine à faire sourire, un film qui aurait mieux fait de rester à l'état de projet. Il rappelle que la persévérance est une qualité, à condition d'avoir une vision claire et un véritable talent pour la soutenir. Ici, on assiste plutôt à un entêtement malheureux, offrant au public une œuvre qu'il aurait été préférable d'éviter.