Family Therapy
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2025
Le troisième long métrage de la réalisatrice slovène Sonja rappelle, par son ton glacé, les premiers films de Yórgos Lánthimos ou, dans une moindre mesure Parasite, sans oublier un thème de départ qui évoque le Théorème de Pasolini. Aliocha Schneider, qui incarne l'intrus dans la maison des "nouveaux riches", avec ses larges baies vitrées donnant sur la forêt, est d'ailleurs excellent, sorte d'ange rédempteur, quoique pétri d'une douce ambiguïté. Le problème de Family Therapy ne se situe pas sur l'aspect visuel, très travaillé et flatteur pour l’œil, ni dans son accompagnement musical, baroque moderne, si on souhaite le caractériser, mais davantage dans son écriture, spoiler: qui engage assez peu à pénétrer dans cette famille dysfonctionnelle à l'oisiveté et à l'inutilité confondantes. C'est une satire sociale, on l'a bien compris, avec quelques symboles évidents (le verre qui se craquelle, la famille étrangère, la biche) censés apporter un peu d'étrange, voire d'absurde, à un scénario en définitive peu étoffé.
On se raccroche alors aux différents personnages et à leur singularité, chacun d'entre eux ayant droit à une esquisse de développement mais restant réduits à l'état de portrait, sans véritablement participer d'une intrigue générale qui patine plus qu'elle ne progresse, sur une durée de 2 heures, quelque peu excessive, quant à son contenu.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 octobre 2025
Aleksander et Olivia habitent une villa ultra-moderne au cœur de la forêt slovène. Leur fille Agata y vit avec eux pour des motifs qui se révèleront progressivement. Aleksander a eu avant son mariage un fils, Julien (Aliossa Schneider), qui a grandi en France et qui revient s’installer temporairement chez son père.

"Family Therapy" nous vient de Slovénie. Vérification faite, ce n’est pas le premier, mais le second film slovène que j’aie jamais vu. J’avais bien aimé "Conséquences" en 2019 sur une jeunesse délinquante, en mal d’affection et de repères.

"Family Therapy" est un film radical qui rappelle, par la sécheresse de son dispositif, les premiers films de Yorgos Lanthimos ("Canine", "Alps"…). Il met en scène une famille vivant quasiment en autarcie, progressivement étouffée par ses névroses : Aleksander rêve de s’envoler dans l’espace, Olivia cache sa frustration sexuelle, Agata aspire à renouer avec l’adolescence insouciante que la maladie lui a volée… Ce fragile équilibre familial est peu à peu perturbé par des facteurs extérieurs : une famille de touristes qui lui demande de l’héberger après un accident automobile, ce fils prodigue, beau comme le héros de Théorème…

L’atmosphère bizarre de "Family Therapy" est dans un premier temps intrigante. Mais Sonja Prosenc n’a pas su tirer profit du dispositif stimulant qu’elle a mis en place. La seconde partie de son film, avec sa réception mondaine qui rappelle les films de Ruben Östlund, ne tient pas les promesses de la première.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 août 2025
Family Therapy : un miroir brisé de nos illusions familiales

Dans Family Therapy, Sonja Prosenc enferme une famille slovène dans une villa de verre : luxe, silence et façade immaculée. Tout y est parfait — trop parfait. On y respire le contrôle, l’hypocrisie et l’angoisse sous vide. Mais un grain de sable — Julien, fils illégitime au sourire doux — suffit à faire exploser la machine. Derrière les gestes millimétrés, une névrose collective : peur du réel, rejet de l’autre, quête stérile de l’idéal. Le pathologique devient la norme, la transparence une cage. C’est Théorème version XXIe siècle : l’empathie comme virus, la famille comme mensonge organisé. Pas de cris, juste des silences qui tuent. Chaque plan suinte l’ironie glacée d’un monde figé. Family Therapy, c’est une satire sociale en habits de drame intime, une lente désintégration filmée avec scalpel. Dérangeant ? Oui. Brillant ? Absolument.

Dans Family Therapy, Sonja Prosenc dresse le portrait glaçant d’une famille slovène enfermée dans une villa de verre, symbole de transparence et pourtant véritable prison dorée des apparences. En apparence harmonieux, leur monde est celui d’une perfection factice, aseptisée, minutieusement orchestrée pour cacher les failles. Mais dans ce microcosme figé, chaque grain de sable vient faire exploser la machine. L’irruption d’un jeune homme venu d’ailleurs, Julien, figure douce mais provocatrice, déclenche une série de ruptures internes. Entre névrose, tension et quête de perfection, Family Therapy est un film sombre et dérangeant, une radiographie clinique d’une société qui se pense protégée, mais s’effrite au contact du réel.

La prison dorée des apparences
La maison de verre où se déroule Family Therapy n’a rien d’un simple décor : elle est un personnage à part entière, un vivarium luxueux qui expose les Kralj tout en les enfermant. Ce lieu est comme une « forteresse de verre qui isole du réel », cette maison suggère une ouverture illusoire sur la nature, tout en maintenant les membres de la famille coupés de toute interaction authentique avec le monde extérieur.

Tout dans cette demeure est de l'ordre du contrôle et apparence : des costumes aux gestes millimétrés, en passant par la musique de Purcell choisie pour sa grandeur ironique, la mise en scène souligne une tension constante entre l’image qu’on veut projeter et les tensions enfouies. La famille Kralj maintient l’illusion d’un équilibre, mais l’on comprend vite qu’il ne repose que sur une succession de non-dits, d’inhibitions et de rituels vides.

Cette illusion de perfection sociale est aussi une critique de l’ultra-bourgeoisie déconnectée. En refusant l’empathie, en érigeant des murs transparents, mais infranchissables, les personnages se condamnent à l’asphyxie affective. Le film interroge ainsi notre propre rapport à la représentation : combien sommes-nous à maintenir une façade « Instagrammable », quand nos vies intérieures s’effritent ? En cela, Family Therapy décrit magistralement la prison dorée des apparences, celle où l’on s’enferme pour paraître, quitte à perdre tout lien véritable.

Un grain de sable venant faire exploser la machine
Ce grain de sable, c’est Julien, interprété par Aliocha Schneider, dont l’arrivée bouleverse l’équilibre fragile de la famille. Il n’est pas là pour juger, mais sa seule présence suffit à faire sauter les verrous. Fils illégitime du père, étranger culturel et linguistique, Julien est un miroir tendu aux Kralj, qui fait ressortir leurs failles cachées et expose leur hypocrisie.

Julien est à la fois provocateur et doux, sans intention moralisatrice. C’est précisément cette ambiguïté qui le rend explosif. À travers lui, la réalisatrice convoque une figure pasolinienne — celle de l’étranger qui révèle — tout en s’éloignant de la satire pure pour tendre vers une exploration intime de l’empathie. Julien déstabilise non par ses actions, mais par ce qu’il fait remonter chez les autres.

Le basculement du récit survient lorsqu’une autre altérité fait irruption : celle d’une famille migrante, placée à côté des Kralj dans une scène nocturne bouleversante. Cette juxtaposition renforce la fracture sociale et souligne le thème central du film : ce n’est pas l’autre qui menace notre équilibre, mais notre refus de l’accueillir.

Chaque réaction face à Julien devient une mèche allumée. Olivia, la mère, s’effondre peu à peu ; les autres se révèlent incapables de maintenir l’image qu’ils ont construite. Ce sont les failles intérieures, celles qu’on nie ou qu’on refoule, qui finissent par faire exploser la machine. Ainsi, Family Therapy montre que ce n’est pas l’extérieur qui menace la famille, mais le retour du réel dans un monde construit sur le déni.

Entre névrose, tension et quête de perfection, Family Therapy est un film sombre et dérangeant.
Tout dans Family Therapy est tension contenue, violence invisible, dérive silencieuse. Sonja Prosenc orchestre son film comme une lente déconstruction de la façade familiale, déplaçant progressivement le spectateur du confort de la critique sociale vers l’inconfort d’un drame intérieur.

Les personnages incarnent chacun une forme de névrose : Olivia, l’architecte du contrôle, lutte pour maintenir l’ordre d’un monde qui s’écroule ; le père, figé dans sa duplicité, refuse d’assumer ses responsabilités ; les enfants, quant à eux, vacillent entre la révolte et la résignation. Le jeu des acteurs est fragile et puissamment nuancé, rend palpable cette implosion émotionnelle.

La quête de perfection est ici un poison lent, injecté dans chaque geste quotidien. Le maquillage, les costumes, l’architecture même deviennent des masques. Mais à mesure que l’équilibre cède, la mise en scène accompagne cette chute : les plans se désaxent, la maison devient moins nette, plus vivante, le film glisse de la pureté froide vers le chaos organique.

L’humour noir agit par touches, non pour soulager, mais pour accentuer l’absurdité tragique de ces personnages prisonniers de leur propre théâtre. Le film évite les effets spectaculaires pour creuser dans l’intime, jusqu’à atteindre ce point de non-retour où les masques tombent, parfois brutalement, parfois dans un souffle.

Dérangeant, Family Therapy l’est parce qu’il nous renvoie à notre propre besoin de contrôle, à notre peur panique de perdre pied. Il interroge les murs invisibles que nous érigeons autour de nos familles, de nos privilèges, de nos douleurs. Et s’il dérange, c’est parce qu’il met le doigt sur cette faille universelle : on ne peut pas vivre dans la perfection sans s’y perdre.

En décrivant la prison dorée des apparences, Family Therapy nous confronte à cette obsession contemporaine de paraître irréprochable, quitte à s’enfermer dans le silence, l’hypocrisie et la peur de l’autre. Chaque grain de sable — un fils illégitime, une famille étrangère, un geste d’humanité — suffit à révéler les fractures profondes d’un monde qui tient plus du décor que de la réalité.

Cette famille est dysfonctionnelle parce qu’elle vit dans l’illusion d’une perfection imposée, entretenue par un environnement de contrôle total : une villa de verre, luxueuse mais aseptisée, un quotidien chorégraphié, des silences maintenus pour éviter tout débordement émotionnel. Ce besoin de paraître irréprochable les pousse à rejeter toute forme d’altérité, y compris celle qui vient de l’intérieur, à l’image de Julien, le fils illégitime. En cherchant à conserver une façade harmonieuse, la famille nie les tensions, les douleurs, les failles — jusqu’à l’implosion. La villa, symbole de transparence, devient alors une cage, où le réel ne peut plus entrer, et où la moindre perturbation fait s’effondrer l’édifice. Ce désir maladif de perfection n’est pas une force : c’est une stratégie de survie qui les coupe du monde, les isole entre eux, et les empêche d’aimer sincèrement.

Entre névrose, tension et quête de perfection, Sonja Prosenc signe un film sombre, précis et profondément humain, où le chaos n’est pas spectaculaire, mais lentement distillé jusqu’à l’effondrement. Le message est clair : l’illusion de la perfection est un piège. Ce qui sauve, au fond, ce n’est pas l’ordre ou l’esthétique, mais l’émergence fragile de l’empathie.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 septembre 2025
C’est une riche famille slovène vivant dans une luxueuse villa dont le quotidien va être troublé par l’arrivée de Julien, un jeune français ayant un lien parental avec le patriarche. Tout au long de l’intrigue, des éléments viennent pimenter un scénario décousu et brouillon. Un projet loufoque, une relation incestueuse, une maladie… le film part malheureusement dans tous les sens. Aliocha Schneider parvient malgré tout à tirer son épingle du jeu en magnétisant le spectateur a chacune de ses apparitions…
Joselito
Joselito

35 abonnés 132 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 septembre 2025
Le 1er tiers du film risque d'ennuyer par ses redondances satiriques et l'action hésitant entre l'insipide et l'invraisemblable spoiler:
un jeune français débarquant dans une famille aisée et renfermée sur elle-même en Slovénie , joue - trop- un rôle de personnage idéalisé, accueille des victimes, séduit sa belle-mère, sauve sa demi-soeur, tout ça pendant des scènes de dizaines et dizaines de minutes spoiler:
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Dommage parce que le film décollera, au moment charnière d'une réception mondaine.
Le registre devient presque pathétique, baroque, lyrique et on comprend les comportements des personnages petit à petit spoiler:
être une famille parfaite, aller sur la lune, s'isoler des autres ou s'en méfier, se réfugier dans le paraître ou la dispersion spoiler:


Les "plagiats" réussis de la musique à partir du génial Purcell font beaucoup pour sauver la nécessaire et longue mise en place de l'action lors du premier tiers mais ensuite ils s'adjoignent à l'envolée splendide de ce beau
Maxime Dartis
Maxime Dartis

1 abonné 89 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mars 2026
Un OVNI du cinéma actuel qui peut déranger. La musique de l'opéra « King Arthur » se joue en harmonie avec l'image (et inversement) et accompagne une photographie déjà impeccable pour la sublimer encore davantage. À travers les personnages, qui ne sont finalement que des portraits d'eux-mêmes, le film aborde la rédemption personnelle de chacun afin de les unir comme famille. Une satire sociale qui remet en cause la responsabilité de chacun à voir son prochain comme un humain et non comme un problème. Au final, il s'agit d'une interprétation cinématographique singulière qui ne parlera pas forcément à tout le monde.

insta : maxfaitsoncinema
Jeanpaulschneider5
Jeanpaulschneider5

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 août 2025
Très agréable surprise pour ce film parfaitement maîtrisé, poétique, philosophique, remarquablement interprété par tous les acteurs.
Je conseille vivement d’aller voir cette petite, à la fois déstabilisante, drôle et enfin redonne pour une fois des valeurs humaines dans la façon de vivre dans notre société .
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 juin 2026
Une famille « parfaite » accueille Julien, le fils que le patriarche a eu d'une autre relation, afin de renforcer leur image de perfection absolue et d'unité, mais sa présence sème la discorde dans leur foyer et creuse un fossé entre eux. Le début, avec l'arrivée de cette autre famille, fait penser à ces comédies sur le mépris de classe, mais c'est un aspect vite mis de côté malgré le potentiel comique de cette cohabitation. On se retrouve dans cette maison de verre à voir de simples saynètes sur leur mode de vie qui s'écroule peu à peu. Pour une comédie satirique, c'est beaucoup trop sage et pas assez décalé. On reste constamment dans la froideur de cette esthétique immaculée qui est agréable à l'œil, mais ennuyeuse à découvrir à travers cette histoire qui n'a finalement pas beaucoup d'idées à transmettre. Bref, c'est ennuyeux à la longue.
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