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Ondine
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5,0
Publiée le 27 mars 2025
C'est finalement la douceur qui frappe dans Je le jure, et en fait un film de procès semblable à aucun autre. Ici, il ne s'agit pas de savoir qui est coupable ou non, ni même vraiment quel sera le verdict. Se pose, plus subtile, plus humaine, et presque abyssale, la question de la possibilité de juger - un homme, en l'occurence - lorsque l'on est une autre personne humaine. C'est avec toute la sensibilité, la finesse, la douceur - encore, je ne trouve pas de meilleur mot - qui caractérise ses deux précédents films, Party Girl et Petite Nature, que le réalisateur Samuel Theis nous emmène dans les coulisses d'une Cour d'assises. Seule institution en France où de simples citoyens, certes accompagnés de trois magistrats, mais surtout livrés à leurs doutes, leur inexpérience, leur sentiment d'illégitimité, écrasés par le poids d'une responsabilité qu'ils n'ont pas demandée, doivent décider du sort de l'un d'entre eux. En nous montrant toute la palette des réactions du groupe de jurés, mais aussi en se focalisant sur l'un d'entre eux (interprété par Julien Ernwein, exceptionnel), le film montre, par petites touches délicates, l'air de rien, sans jamais démontrer, comment cette aventure, au départ subie, consistant à poser son regard sur la vie d'un autre, peut changer celle de celui qui regarde. Un bijou d'humanité, à ne pas manquer.
Un très beau film de procès, d’un point de vue jusqu’ici jamais abordé au cinéma. Un vrai questionnement sur le rôle d’une condamnation à travers les yeux d’un jury joué par des supers acteurs.
Fabio, le personnage principal de ce film est une sorte d'anti-héros. C'est un travailleur pauvre, qui n'a sans doute pas fait d'études. Il est très renfermé et, même dans son loisir spoiler: (la chasse), il se fait damner le pion . Cependant, c'est un type gentil... et qui garde secrète spoiler: la relation qu'il entretient avec une femme âgée . La peinture de cette France provinciale, pas riche (mais pas miséreuse non plus), est une des richesses de ce film.
L'autre intérêt est le versant judiciaire de l'intrigue. Le jury qui se forme est composé d'hommes et de femmes d'âges et de conditions sociales différents. Le réalisateur donne sa chance à chacun d'entre eux... et le portrait qu'il brosse des acteurs de la justice n'est pas caricatural.
Le film tente de mêler l'aspect documentaire (le déroulement d'un procès, avec ses à-côtés) et le questionnement sur la culpabilité et la peine, à travers le cas d'un pyromane, spoiler: auteur d'un homicide involontaire .
J'ai trouvé cela globalement fort, très bien interprété et bien filmé.
Très intéressant film de Samuel Theis qui est là une radiographie très fine de la Machine Judiciaire ! Le fil du Procès se suit à travers les yeux d'un juré ordinaire tiré au sort , Fabio interprété par Julien Ernwein , comédien non professionnel au regard magnétique qui impressionne , et là le concernant par une une curieuse mais intéressante mise en abîme, la question du jugement se pose aussi pour le spectateur ! En tout cas ici les Institutions , dans le cas présent la Justice , lui ouvre des horizons, et se révèle utile sur le plan intime !
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : Pour découvrir ma critique vidéo complète, copier/coller "cinéma sans fard + je le jure" sur YouTube ! Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun ! Un homme. Un regard. Une hésitation. Et soudain, le poids du monde sur les épaules. Fabio (Julien Ernwein), silhouette effacée parmi la foule, mène une existence morne, sans éclats ni reliefs, jusqu’au jour où la machine judiciaire, avec son sens de l’humour bien à elle, l’arrache à sa torpeur. Le voici juré.
L’affaire ? Un jeune homme accusé d’un incendie mortel. Une de ces tragédies ordinaires où tout le monde joue son rôle avec application : l’accusé mutique, l’avocat grandiloquent, la cour sévère. Et au milieu, Fabio, pauvre funambule oscillant entre raison et émotion, chargé de prononcer un verdict qu’il n’a jamais voulu rendre.
Samuel Theis filme l’incertitude. Il la traque, l’étire, la sculpte en silences assourdissants. Ici, pas de joutes oratoires flamboyantes, pas de vérités jetées en pâture à la foule. Juste l’absurdité d’une justice humaine, donc bancale, où l’on juge autant avec ses tripes qu’avec son cerveau.
Julien Ernwein incarne Fabio avec cette fragilité d’un homme soudainement conscient de l’ampleur de son propre vertige. Marina Foïs et Louise Bourgoin, elles, ponctuent le récit de leur présence magnétique, tandis que Souleymane Cissé, accusé ou victime de son époque, trouble plus qu’il ne rassure.
Et cette musique, entêtante, presque spectrale. Maud Geffray tisse une bande-son qui s’insinue sous la peau, faite de nappes électroniques distordues et de sonorités étranges. Un cor solitaire, égaré, comme un écho de conscience qui s’accroche aux murs d’un tribunal indifférent.
Je le jure est un film qui s’accroche, s’infiltre, vous laisse à nu face à vos propres contradictions. On en ressort avec une seule certitude : la justice n’est peut-être qu’une illusion raffinée, un théâtre où l’on joue sans texte, dans l’espoir naïf d’en comprendre un jour la pièce.
Un très beau film. Samuel Theis dresse le portrait d’un quadra qui ne trouve pas sa place dans la société. Il est là. Juste la. Sans prendre de décision pour lui ou pour l’autre. Peut-être par manque de place réel ou par manque de place dans le regard des autres, excepté dans celui de celle qui l’aime et de sa famille. Comment ne pas entendre toutes les resonnances de ce film avec notre société actuelle : questions sur la religion, sur les classes sociales, sur l’amour, sur les fantasmes que chacun peut avoir concernant un accusé ou un coupable ; et aujourd’hui un innocent, sur la justice, sur la peine (judiciaire et amoureuse), sur le collectif, sur la nuance, sur l’ordre, sur la répression, sur la parole, sur l’écoute. Les acteurs non-pros sont sublimes. Certains acteurs et actrices devraient en prendre de la graine. Mention spéciale à une réplique du film : « Non, on ne se réfère pas aux articles de presse. Ils sont souvent approximatifs et faux. Rien d’interessant. »
Je le jure de Samuel Theis est un film touchant et percutant qui prend aux tripes. Avec une histoire intense et des personnages ultra-crédibles, il nous plonge dans une réalité brute et émouvante. Le jeune acteur principal est bluffant, et la mise en scène, tout en simplicité, rend l’histoire encore plus authentique. C’est un film sincère, juste et plein d’émotion, qui reste en tête longtemps après l’avoir vu. À ne pas manquer !
Un chef d'œuvre qui confronte un citoyen lambda à la réalité judiciaire avec brio. La sensibilité de chaque personnage est interprétée de façon magistrale et la question de la peine nous confronte à une réalité judiciaire et carcérale avec une authenticité frappante.
Si Je le jure ébranle le spectateur autant qu’il interroge le sens commun, s’il trouble nos préjugés autant qu’il questionne les mobiles de nos propres jugements, il montre surtout, non sans rage ni délicatesse, combien il peut être ardu pour celle ou celui qui ignore tout de ses codes, de ses protocoles et de sa langue, de rencontrer l’institution judiciaire. Se confronter aux exigences de la justice, à son statut comme à son idéal, conduit fatalement à une confrontation avec soi-même. Or comment peut-il, lui, Fabio, ce taiseux, ce type un peu paumé, un peu largué, un peu alcoolo, participer à l’œuvre de justice et décider de la vie d’un autre ? Nul ne sort jamais indemne d’une telle responsabilité, qui peut aller jusqu’à ébranler l’idée que l’on se fait de soi. Aussi ne peut-on que saluer le travail des acteurs, qu’ils soient professionnels (Marina Foïs, Sophie Guillemin, Louise Bourgoin, Micha Lescot, Emmanuel Salinger, Claude Aufaure, Saada Bentaïeb) ou pas (Julien Ernwein, Marie Masala, Souleymane Cissé), d’avoir su épouser le parti pris éthique et esthétique du film, jusqu’à lui conférer sa belle fébrilité, et son souffle souvent bouleversant.
C’est un film très intelligent, les musiques, les plans, les personnages sont passionnants. L’histoire est très touchante, rares sont les films judiciaires aussi pointus et réussis ! Je vous le recommande fortement!!
Voici un film qui relate fidèlement un procès d’assises en France. On est plongé au cœur de la justice pénale à travers les yeux des jurés, c’est captivant et très réussi. A voir absolument !
Avec Je le jure, Samuel Theis plonge au cœur du système judiciaire en explorant la question du discernement et de la conscience de ses actes au moment d'un passage à l'acte. À travers le regard de jurés d'assises, le film interroge la capacité d'un citoyen ordinaire à juger de la responsabilité d'un accusé. En alternant entre scènes de procès et moments de vie quotidienne, il met en lumière l'influence des expériences personnelles sur la perception de la justice et la prise de décision. Cette dualité entre l’intime et l’institutionnel donne au film une dimension humaine et accessible, tout en cherchant à sensibiliser le spectateur à la complexité des débats judiciaires.
Le film repose sur une approche quasi documentaire, nourrie par le travail de recherche du réalisateur auprès de professionnels du droit. L'expertise de l'avocate Marie Dosé a contribué à renforcer l'authenticité des scènes de tribunal, tandis que le scénario s’inspire de la propre expérience de Samuel Theis en Moselle. Ce souci de réalisme se traduit également dans le choix de Fabio, personnage ordinaire et imparfait, qui incarne le dilemme moral du juré face à la lourde responsabilité du verdict. Si cette démarche ancre le film dans une certaine vérité, elle impose aussi un rythme parfois haché, alternant entre pédagogie et drame personnel.
Si Je le jure propose une réflexion pertinente sur le discernement et la justice, son équilibre entre didactisme et fiction reste fragile. L’ambition de Samuel Theis de mêler intime, social et judiciaire est indéniable, mais l'alternance entre ces registres peut diluer l’impact émotionnel. Malgré un sujet fort et un casting dense, le film laisse une impression mitigée, oscillant entre profondeur et dispersion.
Ce film a pour particularité d'avoir été tourné essentiellement avec des acteurs non professionnels. J'ai été particulièrement impressionnée par la prestation de Marie Masala, ce qu'elle a fait, ce n'est pas rien. Ce film se digère sur plusieurs jours et dit combien il est difficile d'être juré.