Je le jure
Note moyenne
3,4
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118 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 avril 2025
Si Je le jure ébranle le spectateur autant qu’il interroge le sens commun, s’il trouble nos préjugés autant qu’il questionne les mobiles de nos propres jugements, il montre surtout, non sans rage ni délicatesse, combien il peut être ardu pour celle ou celui qui ignore tout de ses codes, de ses protocoles et de sa langue, de rencontrer l’institution judiciaire. Se confronter aux exigences de la justice, à son statut comme à son idéal, conduit fatalement à une confrontation avec soi-même. Or comment peut-il, lui, Fabio, ce taiseux, ce type un peu paumé, un peu largué, un peu alcoolo, participer à l’œuvre de justice et décider de la vie d’un autre ? Nul ne sort jamais indemne d’une telle responsabilité, qui peut aller jusqu’à ébranler l’idée que l’on se fait de soi. Aussi ne peut-on que saluer le travail des acteurs, qu’ils soient professionnels (Marina Foïs, Sophie Guillemin, Louise Bourgoin, Micha Lescot, Emmanuel Salinger, Claude Aufaure, Saada Bentaïeb) ou pas (Julien Ernwein, Marie Masala, Souleymane Cissé), d’avoir su épouser le parti pris éthique et esthétique du film, jusqu’à lui conférer sa belle fébrilité, et son souffle souvent bouleversant.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2025
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Un homme. Un regard. Une hésitation. Et soudain, le poids du monde sur les épaules. Fabio (Julien Ernwein), silhouette effacée parmi la foule, mène une existence morne, sans éclats ni reliefs, jusqu’au jour où la machine judiciaire, avec son sens de l’humour bien à elle, l’arrache à sa torpeur. Le voici juré.

L’affaire ? Un jeune homme accusé d’un incendie mortel. Une de ces tragédies ordinaires où tout le monde joue son rôle avec application : l’accusé mutique, l’avocat grandiloquent, la cour sévère. Et au milieu, Fabio, pauvre funambule oscillant entre raison et émotion, chargé de prononcer un verdict qu’il n’a jamais voulu rendre.

Samuel Theis filme l’incertitude. Il la traque, l’étire, la sculpte en silences assourdissants. Ici, pas de joutes oratoires flamboyantes, pas de vérités jetées en pâture à la foule. Juste l’absurdité d’une justice humaine, donc bancale, où l’on juge autant avec ses tripes qu’avec son cerveau.

Julien Ernwein incarne Fabio avec cette fragilité d’un homme soudainement conscient de l’ampleur de son propre vertige. Marina Foïs et Louise Bourgoin, elles, ponctuent le récit de leur présence magnétique, tandis que Souleymane Cissé, accusé ou victime de son époque, trouble plus qu’il ne rassure.

Et cette musique, entêtante, presque spectrale. Maud Geffray tisse une bande-son qui s’insinue sous la peau, faite de nappes électroniques distordues et de sonorités étranges. Un cor solitaire, égaré, comme un écho de conscience qui s’accroche aux murs d’un tribunal indifférent.

Je le jure est un film qui s’accroche, s’infiltre, vous laisse à nu face à vos propres contradictions. On en ressort avec une seule certitude : la justice n’est peut-être qu’une illusion raffinée, un théâtre où l’on joue sans texte, dans l’espoir naïf d’en comprendre un jour la pièce.
Melchior
Melchior

3 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 mars 2025
Un très beau film.
Samuel Theis dresse le portrait d’un quadra qui ne trouve pas sa place dans la société. Il est là. Juste la. Sans prendre de décision pour lui ou pour l’autre. Peut-être par manque de place réel ou par manque de place dans le regard des autres, excepté dans celui de celle qui l’aime et de sa famille.
Comment ne pas entendre toutes les resonnances de ce film avec notre société actuelle : questions sur la religion, sur les classes sociales, sur l’amour, sur les fantasmes que chacun peut avoir concernant un accusé ou un coupable ; et aujourd’hui un innocent, sur la justice, sur la peine (judiciaire et amoureuse), sur le collectif, sur la nuance, sur l’ordre, sur la répression, sur la parole, sur l’écoute.
Les acteurs non-pros sont sublimes. Certains acteurs et actrices devraient en prendre de la graine.
Mention spéciale à une réplique du film : « Non, on ne se réfère pas aux articles de presse. Ils sont souvent approximatifs et faux. Rien d’interessant. »
Ondine
Ondine

3 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mars 2025
C'est finalement la douceur qui frappe dans Je le jure, et en fait un film de procès semblable à aucun autre. Ici, il ne s'agit pas de savoir qui est coupable ou non, ni même vraiment quel sera le verdict. Se pose, plus subtile, plus humaine, et presque abyssale, la question de la possibilité de juger - un homme, en l'occurence - lorsque l'on est une autre personne humaine. C'est avec toute la sensibilité, la finesse, la douceur - encore, je ne trouve pas de meilleur mot - qui caractérise ses deux précédents films, Party Girl et Petite Nature, que le réalisateur Samuel Theis nous emmène dans les coulisses d'une Cour d'assises. Seule institution en France où de simples citoyens, certes accompagnés de trois magistrats, mais surtout livrés à leurs doutes, leur inexpérience, leur sentiment d'illégitimité, écrasés par le poids d'une responsabilité qu'ils n'ont pas demandée, doivent décider du sort de l'un d'entre eux. En nous montrant toute la palette des réactions du groupe de jurés, mais aussi en se focalisant sur l'un d'entre eux (interprété par Julien Ernwein, exceptionnel), le film montre, par petites touches délicates, l'air de rien, sans jamais démontrer, comment cette aventure, au départ subie, consistant à poser son regard sur la vie d'un autre, peut changer celle de celui qui regarde. Un bijou d'humanité, à ne pas manquer.
Sarah Bouayadi
Sarah Bouayadi

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2025
Un chef d'œuvre qui confronte un citoyen lambda à la réalité judiciaire avec brio. La sensibilité de chaque personnage est interprétée de façon magistrale et la question de la peine nous confronte à une réalité judiciaire et carcérale avec une authenticité frappante.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2025
Dans l’Est de la France un quadra un peu largué se retrouve tiré au sort pour devenir juré du procès d’un pyromane ayant entraîné la mort d’un pompier.
« Je Le Jure » est un film de procès immersif aidé par une interprétation si exemplaire qu’il ressemble à un documentaire.
Et puis le réalisateur a eu la bonne idée de créer des personnages qui ne sont pas que des jurés mais des gens lambda qui vivent et évoluent pendant le procès. Certains finissent même pas trouver la place qu’il cherchait dans la société.
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2025
Très bon film sur un procès d'assises qui fait réfléchir sur la façon de condamner des personnes et comment les réinsérer dans la société
Frédéric M
Frédéric M

26 abonnés 338 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mars 2025
Un film fort, poignant. Une belle découverte. La fin ne m'a pas trop plu, mais ça reste un détail. On ne s'ennuie pas une seule seconde. À voir.
cinéjadore
cinéjadore

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 mars 2025
Excellent film. J’ai eu l’impression d’être dans le jury. L’histoire nous happe du début à la fin. La plaidoirie de l’avocat de la Défense fait réfléchir. Les acteurs qui jouent pour la première fois sont époustouflants. Je recommande ce film.
Laurent A.
Laurent A.

59 abonnés 469 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mars 2025
J'aime les films juridiques lorsqu'ils sont bien faits, bien ficelés, mais celui-ci va au-delà, au-delà d'un cas de conscience ou d'une éventuelle mise en cause de l'un de ses protagonistes comme on a encore très récemment pu le voir dans un film américain au titre un peu similaire, et c'est en cela que chaque spectateur peut s'y retrouver, parce qu'il fait vivre de l'intérieur de son personnage principal l'expérience d'un procès (en appel) en cour d'Assises. On assiste à l'écran à une progression, celle d'un procès en appel avec un destin à (ré)orienter, et aussi celle d'une histoire personnelle qui n'ose pas s'avouer qu'elle existe. Le film fait pénétrer dans les arcanes de la Justice et fait se poser les bonnes questions, les dialogues et les plaidoyers restent en mémoire tant ils sonnent justes, notamment sur les notions de justice et de vengeance, tant il est vrai qu'un tribunal n'est pas là pour réparer l'irréparable ou répondre à la douleur par la vengeance, ce n'est pas son rôle et surtout ce ne serait pas de la justice. Le film pose des questions de société, la question du vivre ensemble, de la tolérance et de la (re)insertion, de la reconnaissance sociale aussi et de l'acceptation. Un film avec une conclusion authentique et hors du commun qui emporte un scénario brillant et édifiant, un film à garder en mémoire, pour apprendre, mieux comprendre, ...et progresser.
Miami_Chorize
Miami_Chorize

23 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2025
Fabio, le personnage principal de ce film est une sorte d'anti-héros. C'est un travailleur pauvre, qui n'a sans doute pas fait d'études. Il est très renfermé et, même dans son loisir spoiler: (la chasse), il se fait damner le pion
. Cependant, c'est un type gentil... et qui garde secrète spoiler: la relation qu'il entretient avec une femme âgée
. La peinture de cette France provinciale, pas riche (mais pas miséreuse non plus), est une des richesses de ce film.

L'autre intérêt est le versant judiciaire de l'intrigue. Le jury qui se forme est composé d'hommes et de femmes d'âges et de conditions sociales différents. Le réalisateur donne sa chance à chacun d'entre eux... et le portrait qu'il brosse des acteurs de la justice n'est pas caricatural.

Le film tente de mêler l'aspect documentaire (le déroulement d'un procès, avec ses à-côtés) et le questionnement sur la culpabilité et la peine, à travers le cas d'un pyromane, spoiler: auteur d'un homicide involontaire
.

J'ai trouvé cela globalement fort, très bien interprété et bien filmé.
Sarah
Sarah

2 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 avril 2025
C’est vrai que c’est un film qui prend aux tripes.
Tous les acteurs sont supers.
Bravo à Samuel Theis. Rendez-vous au prochain film.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 mars 2025
Avec Je le jure, Samuel Theis plonge au cœur du système judiciaire en explorant la question du discernement et de la conscience de ses actes au moment d'un passage à l'acte. À travers le regard de jurés d'assises, le film interroge la capacité d'un citoyen ordinaire à juger de la responsabilité d'un accusé. En alternant entre scènes de procès et moments de vie quotidienne, il met en lumière l'influence des expériences personnelles sur la perception de la justice et la prise de décision. Cette dualité entre l’intime et l’institutionnel donne au film une dimension humaine et accessible, tout en cherchant à sensibiliser le spectateur à la complexité des débats judiciaires.

Le film repose sur une approche quasi documentaire, nourrie par le travail de recherche du réalisateur auprès de professionnels du droit. L'expertise de l'avocate Marie Dosé a contribué à renforcer l'authenticité des scènes de tribunal, tandis que le scénario s’inspire de la propre expérience de Samuel Theis en Moselle. Ce souci de réalisme se traduit également dans le choix de Fabio, personnage ordinaire et imparfait, qui incarne le dilemme moral du juré face à la lourde responsabilité du verdict. Si cette démarche ancre le film dans une certaine vérité, elle impose aussi un rythme parfois haché, alternant entre pédagogie et drame personnel.

Si Je le jure propose une réflexion pertinente sur le discernement et la justice, son équilibre entre didactisme et fiction reste fragile. L’ambition de Samuel Theis de mêler intime, social et judiciaire est indéniable, mais l'alternance entre ces registres peut diluer l’impact émotionnel. Malgré un sujet fort et un casting dense, le film laisse une impression mitigée, oscillant entre profondeur et dispersion.
Gabrielle
Gabrielle

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5,0
Publiée le 25 mars 2025
Voici un film qui relate fidèlement un procès d’assises en France.
On est plongé au cœur de la justice pénale à travers les yeux des jurés, c’est captivant et très réussi.
A voir absolument !
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 août 2025
Fabio a été choisi pour être juré lors d'un procès d'un pyromane. Le plus dur semble avoir été fait puisqu'il a déjà été déclaré coupable, mais ils doivent quand même décider de la longueur de sa peine. Fabio est quelqu'un de très discret qui ne prononce quasiment pas un mot, donc on suit ce procès à travers son regard impartial. C'est aussi parce qu'il craint de ne pas être à la hauteur des autres, du débat ou des enjeux. On découvre sa personnalité lorsqu'il retrouve la vie "civile", mais ces moments-là ne sont pas forcément les plus intéressants. Par contre, le reste l'est avec des discussions nuancées et des points de vue évidemment différents, même si on peut regretter la mise en avant d'une seule partie des jurés. Il est question de la notion de culpabilité, mais surtout de répression et de réinsertion avec Samuel Theis qui essaie de rester le plus neutre possible. Dans l'ensemble, c'est donc un drame judiciaire plutôt pas mal même si les à-côtés du procès n'ont pas vraiment lieu d'être.
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