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Ghjuvan-Carlu
5 critiques
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3,0
Publiée le 11 mai 2025
Quelle déception, notamment dans le jeu des acteurs. Quitte à proposer une plongée dans le grand banditisme, j’aurais aimé davantage toucher du doigt le ressenti, la psychologie, la souffrance, la peur, la colère…
Tout dans la retenue. dans la pudeur. le ton est juste, pas de patos inutile. Ça donne tout le poids a l'enchaînement des évènements. vécu dans le manque, l'amour d'un père pour sa fille. l'amour d'une fille pour son père. dans leur histoire, l'inévitable ne se dit jamais. il se vit. on le vit. Avec eux...
Très bien.... La corse très bien décrite avec ce mélange de banditisme , indépendantisme et politique. De grands sentiments opposés à de grosses trahisons. Les jeux d'acteurs frôlent peut-être parfois l'amateurisme mais avec tant de grâce que c'est pour mieux sonner vrai. Bien vu !
Coécrit par Julien Colonna et Jeanne Herry (à qui l'on doit "pupille" et "je verrai toujours vos visages") et interprété par des acteurs non professionnels très justes, "Le royaume" est vraiment fort convaincant. L'histoire mêle avec succès l'intime avec la magnifique relation d'un père et de sa fille, et la vendetta corse entre différents gangs mafieux dans les années 1990. A ne pas manquer.
"Borgo", "A son image" et maintenant "Le Royaume" : la Corse était décidément à la mode au cinéma français en 2024 ! D'autant que chacun de ces trois films évoquent la criminalité corse et les règlements de compte... De là à dire qu'il s'agit d'un sujet incontournable quand on évoque l'île de beauté ? Dans "Le Royaume", Julien Colonna raconte l'histoire fictive de Lesia, adolescente de 15 ans fille d'un chef de clan. Après une tentative d'assassinat contre un associé de son père, elle se retrouve en cavale avec ce dernier. L'occasion de passer du temps avec ce père qu'elle voit peu... et d'essayer de comprendre l'origine de toute cette violence... Julien Colonna connait son sujet. Non content d'être corse, il est le fils d'un parrain notoire. Il a ainsi probablement injecté beaucoup de vécu dans cette histoire, qui sent le vrai. Le réalisateur et scénariste utilise le point de vue d'une adolescente certes pour évoquer des choses qu'il a pu connaître, mais surtout pour éviter de trop en dire, en épousant son degré de compréhension limité à cet âge. Cela n'empêche pas de filmer quelques règlements de compte choc, et de comprendre l'atmosphère et les règles de ce milieu. Pour porter son film, Colonna choisit des comédiens peu connus. Ghjuvanna Benedetti et Saveriu Santucci forment en tout cas un beau tandem. Elle, certes plus vieille que son personnage, incarne bien l'adolescente juvénile, au comportement pas toujours réfléchi, mais qui cherche sincèrement à aider son père. Lui est à la fois un gangster implacable, et un papa doux et attentionné, conscient qu'avoir une telle fille est un cadeau dans sa vie criminelle. Beaucoup d'émotions et d'échanges touchants de dégageront de leurs interactions... ainsi que quelques moments de tension bien sentie. Avec en prime de jolis décors naturels, "Le Royaume" est ainsi un beau petit film, et une approche sincère sur un sujet très délicat.
Julien Colonna filme avec autant de brio les scènes d’action, peu nombreuses mais taillées à l’os, qu’une certaine idée de la Corse, tantôt sèche et nerveuse, tantôt alanguie sous ses moiteurs. Jusqu’à égrener au cœur d’un récit très tendu, très épuré dans son intention, un je-ne-sais-quoi de langoureux. Probablement un des films français les plus saisissants de l’année 2024.
Julian Colonna signe un premier long métrage âpre, rude et sans concession. Le cœur de ce film réside dans le point de vue de la fille du chef d' un clan Corse dans les années 1995. Le casting comporte deux comédiens amateurs ( la fille nommée Lesia et son père plus particulièrement) qui bonifient la densité de cette œuvre cinématographique qui pose une quantité de questions fondamentales sur le climat clanique corse....... Évidemment, Julien Colonna puise dans ses souvenirs de gamin puis d' adolescent....... Merci pour la lecture. Gérard Michel
Présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2024, Le Royaume impose d’emblée Colonna comme un cinéaste à suivre. Le Royaume n’est pas un simple drame criminel, ni même un récit d’apprentissage classique : c’est un film sur la dépossession, sur un territoire qui se dérobe à ceux qui le revendiquent, sur un héritage paternel légué comme une condamnation.
L’intrigue nous ramène en 1995, au cœur d’un été qui s’annonce comme un basculement. Lesia, 15 ans, voit son insouciance brutalement fauchée lorsqu’elle est contrainte de suivre son père, Pierre-Paul, un homme en fuite, mêlé aux conflits souterrains qui gangrènent l’île. L’exil, la cavale, l’errance : la trajectoire du duo épouse les motifs du western, mais dans un espace où l’horizon est toujours barré par la montagne ou la mer. La Corse, ici, n’est ni carte postale ni simple décor, mais un personnage à part entière, menaçant et magnétique.
La mise en scène épouse cet enfermement paradoxal : larges plans contemplatifs qui rappellent la peinture romantique d’un paysage aussi magnifique qu’inquiétant, contrastant avec des cadres plus serrés où l’intimité se charge d’une tension sourde. Une scène nocturne, où père et fille échangent quelques mots au bord d’une route déserte, résume à elle seule l’ambiguïté du film : l’amour y est là, indéniable, mais il est gangrené par la peur et l’incertitude.
Ce qui donne sa chair à Le Royaume, c’est d’abord son duo principal. Ghjuvanna Benedetti, révélation du film, compose une Lesia d’une rare justesse, oscillant entre enfance et brutal passage à l’âge adulte. Face à elle, Saveriu Santucci incarne un Pierre-Paul complexe, loin du simple gangster en fuite : il est un homme aux abois, à la fois bourreau et protecteur, enfermé dans la logique de clan.
Entre eux, Colonna n’offre ni grand discours ni explosion émotionnelle, mais laisse s’installer une relation où les gestes, les silences, les regards échangés en disent bien plus que les mots. La violence du père est aussi une tendresse maladroite, un amour incapable de s’exprimer autrement qu’à travers l’urgence et la fuite.
Si Le Royaume impressionne par son atmosphère et la force de son duo central, il n’échappe pas à certaines limites. Le film souffre par moments de longueurs qui diluent son intensité dramatique, ralentissant une tension pourtant soigneusement construite. De même, les personnages secondaires – pourtant nombreux – peinent à exister au-delà de leur fonction dans le récit. Les hommes de main, les figures de l’ombre, les alliés de circonstance restent esquissés, sans jamais atteindre la même profondeur que Pierre-Paul et Lesia.
Avec ce premier long-métrage, Julien Colonna signe une œuvre âpre, habitée, qui capte avec les tensions d’une île en proie à ses démons. Le Royaume n’est pas un film sur la Corse, mais un film qui respire la Corse, qui en épouse les fractures et les non-dits, et qui, au détour d’un silence ou d’un regard, laisse affleurer toute la douleur d’une transmission impossible.
Une belle histoire dans un environnement chaleureux et un contexte peu commun. Cependant, quelques longueurs éternisent ce film qui a du mal à conclure.
Un bon polar qui captive le spectateur du début a la fin, parvenant au bon compromis entre les affaires mafieuses (le clan du père est menacé, avec des scènes de dialogue tendus entre membres du clan et des scènes de violence crédibles et efficaces) et les affaires intimes (la relation de la fille avec son père avec des scènes touchantes). Une réussite.
Un très beau film sur la Corse, surtout qu’il est interprété par des acteurs amateurs. Cela le rend très naturel et fluide. En ajoutant à cela les décors et le scénario, cela rend un tout vraiment réussi.
Je suis une nouvelle fois embarquée dans un film corse et celui-ci a été ma révélation : mais quel film !!
L'engrenage de la violence... Une vie pour une vie... Le cercle vicieux plutôt que vertueux : on est tenus en haleine tout du long.
Quand on sait que les deux acteurs principaux ne sont en réalité pas du tout des professionnels, cela relève encore davantage la qualité du film tant leur jeu est précis et crédible. Ils sont vrais et justes. Leur relation apporte une strate supplémentaire de complexité et m'a fait verser ma p'tite larme.
D'ailleurs, le monologue du père en fin du film est poignant : on le sait pudique et un peu "ours" et le voilà se dévoiler devant sa fille sans calcul et d'une justesse folle.
J'ai vécu un grand moment de cinéma : je n'ai pas détaché mes yeux de l'écran tant j'ai été prise dans l'histoire.
D'autant plus quand on voit que le réalisateur est Julien Colonna, à savoir le fils de Jean Jérôme Colonna, figure emblématique du grand banditisme corse, cela rend l'histoire d'autant plus intéressante car vécue. Il a eu l'intelligence de mettre une héroïne à sa place, peut-être pour se détacher et prendre le recul nécessaire pour être le plus objectif possible.
Vous l'aurez compris, j'ai eu un réel coup de coeur pour ce film qui est intelligent et brillant !!
Le lien mère-fils dans un contexte d'affrontements mafieux, c'est le choix du réalisateur pour raconter l'emprise de l'île par ces tueurs. C'est bien foutu quoique désespérant. Un thriller qui nous rappelle que cette île française est au coeur de batailles et que des familles s'y perdent. La parole du Père qui raconte comment tout cela a commencé pour lui est un des moments forts du film.
Premier long-métrage de Julien Colonna, lui-même fils de l’un des derniers grands parrains de la mafia corse, Le royaume est un film à l’inspiration largement autobiographique. Cet impressionnant film d’atmosphère nous embarque sur les chemins de cavale d’un père et de sa fille, superbement incarnés par des acteurs non professionnels (Ghjuvanna Benedetti et Saveriu Santucci). Tout en humanisant la figue de son personnage principal, le film dresse le portrait de la Corse des grandes vengeances intergénérationnelles, où les enfants poursuivent les assassins de leurs parents, avant d’être eux-mêmes victimes et vengés par leurs enfants, dans un désespérant cercle vicieux de violence. Remarquable.
Le Royaume , un excellent film qui vient conclure ce beau cru cinématographique corse 2024.
Nous allons suivre l'histoire de Lesia, jeune adolescente, qui vit au rythme d'un été bouillant en plein dans les années 90. Un jour, on la conduit revoir son père Pierre-Paul, chef d'un clan, qui lui vit en cavale et dans la menace quotidienne. Une guerre de clans fait rage sur l'île.
Ce qui est très fort dans le film c'est que ce n'est pas un film sur le banditisme cliché qu'on peut voir habituellement sur nos écrans, c'est au-delà de ça. C'est un film sur la famille, sur l'honneur, sur la confiance. La relation entre Lesia et son père est émouvante grâce notamment aux jeux des deux acteurs qui est bluffant surtout pour des non-acteurs, cela permet de rajouter un brin de naturel qui est nécessaire pour que l'émotion nous touche en plein dans le coeur. La force de cette relation tient aussi sur de simples nombreux champ contre champ, on peut retenir celui sur le bateau pendant la partie de pêche ou encore au camping avec un magnifique monologue du père.
Le film nous tient en haleine pendant près de 2 heures grâce à cette sous-intrigue de chasse à l'homme. Je trouve aussi que c'est un film qui représente merveilleusement bien la topographie de la Corse. On navigue entre plage, maquis et montagne avec parfois des plans larges à couper le souffle, c'est peut-être l'oeuvre qui filme mieux la Corse. Autre point cinématographique, ce petit grain à l'image comme si on était sur pellicule pour refléter au mieux cette époque.
Bref, un film qui retranscrit à merveille l'ambiance, la culture, l'authenticité de chez nous, il y a même un passage qui m'a fait beaucoup rire avec cette annonce à la radio des commerçants qui se plaignent d'une baisse de fréquentation, c'est tellement vrai encore aujourd'hui, on est nombreux à se reconnaître là-bas mdr. Allez voir “le Royaume“.