Die My Love
Note moyenne
2,3
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121 critiques spectateurs

5
2 critiques
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21 critiques
3
35 critiques
2
36 critiques
1
22 critiques
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Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 417 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 mai 2026
 DIE MY LOVE - Lynn Ramsay

Il aura fallu près d’un an après sa présentation à Cannes pour voir enfin le dernier film de la compétition 2025. Et l'on peut dire que la déception est à la hauteur de l'attente.

Dès les premières minutes, le film annonce la couleur : l’excès sera le maître mot. Le film prétend nous plonger dans les troubles psychologiques d’une femme, mais choisit la manière la plus lourde et la plus démonstrative possible. Musiques saturées, guitares agressives, cris de bébé, objets brisés, aboiements incessants,… le film ne suggère jamais, il assène. Et à force d’insister, il finit surtout par fatiguer.

Car derrière ce déluge d'effets tape-à-l'oeil, il n’y a pas grand-chose. Pas de construction, pas de progression, pas même le début d’un scénario qui permettrait de comprendre comment ce personnage en arrive là.

Même Jennifer Lawrence, pourtant capable de bien mieux, semble livrée à elle-même. Elle surjoue, force chaque émotion, comme si elle cherchait désespérément une direction que le film ne lui donne jamais. Sa performance est épuisante, presque embarrassante par moments. Quant à Robert Pattinson, il est éteint, transparent, comme aspiré par le néant du projet.

Le plus irritant reste sans doute cette impression constante d’un film persuadé de son intelligence et de sa propre puissance. Die My Love se veut dérangeant, viscéral, radical. Il n’est au final que bruyant, désagréable, creux et prétentieux.

Le film empile les effets pour provoquer un malaise. Mais ce malaise ne vient jamais vraiment de ce qui est raconté. Il naît plutôt du décalage entre l’intention et le résultat. Et l’ennui s’installe, malgré le vacarme.

Pour couronner le tout, certaines scènes finissent par véhiculer un propos assez problématique sur des questions sensibles telles que le rapport de la femme à la maternité, la santé mentale, et le consentement.

Et la seule vraie question qui reste est celle-ci : comment le film a-t-il pu se retrouver en compétition à Cannes ?

MA NOTE : 望 2/10

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Paul B
Paul B

91 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 mai 2026
D'un ennui répulsif, un scénario aux fraises, rien ne se passe et la problématique de la santé mentale n'est finalement pas bien traitée.

Dommage.
Corinne76100
Corinne76100

87 abonnés 652 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 mai 2026
Film très confus: la multitude de sujets négatifs (dépression post-natale, ennui, frustration, mutilation) ne vont pas du tout avec le fond du film (musique extrêmement forte, couleurs criardes et passages oniriques). Les personnages errent sans but comme l'actrice principale. Décevant
Diabloxrt
Diabloxrt

84 abonnés 1 917 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 mai 2026
"Die My Love" est peut-être l'un des cas les plus compliqués à aborder en cette année 2026. Sorti depuis longtemps aux États-Unis et ayant reçu des critiques très peu élogieuses à sa diffusion à Cannes, il est peu de dire que ce projet ne se présentait pas avec une superbe réputation en vue de sa sortie française. Pourtant, à la vision d'un casting alléchant et d'une idée prometteuse, j'ai quand même décidé de sauter le pas et de tenter l'expérience proposée ici. Sur le papier, cette idée du film qui souhaite nous faire ressentir la sensation d'une dépression post-partum était intéressante. En nous plongeant au plus profond des sentiments de Grace grâce à un cadre resserré, un rythme lent et des décors peu remplis, on sent clairement que Lynne Ramsay avait tout pour réussir son coup. Mais alors, au vu de ma note, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Déjà, car sa direction d'acteur laisse vraiment à désirer. Clairement, on connaît la qualité de ces deux interprètes, mais aucune séquence de ce film ne m'a laissé penser le fait qu'ils savaient quoi faire. Le plus gros souci dans leurs interprétations étant l'exagération trop prononcée de chaque émotion, au point où tout en devient ridicule. Chaque chose est toujours décuplée, on a parfois la sensation que tout part dans tous les sens, notamment dans les séquences où ceux-ci doivent exprimer leur colère. C'est beaucoup trop exagéré, et cela n'aide clairement pas le scénario à s'offrir une crédibilité. Ce dernier a d'ailleurs également raté beaucoup de choses, la principale étant l'approche de ce couple. Certes, c'est intéressant de nous montrer la situation partir en vrille entre eux, mais encore faudrait-il que nous ayons un point d'accroche pour réellement le comprendre. À aucun moment, le film ne nous montre réellement ce qui les lie, ou alors il le fait très rapidement. Par conséquent, il est difficile de se sentir impliqué dans l'évolution de ce couple, si nous ne sommes ni attachés à eux, ni conscients de leur histoire. Et à ce niveau, le problème étant que tous ces choix offrent un tout très déséquilibré et particulièrement ennuyeux à regarder. L'histoire prend vraiment son temps et on passe bien la moitié du film à se demander ce que l'on regarde. Encore une fois, je comprends l'envie de la réalisatrice de nous faire ressentir le sentiment de routine que ressent notre héroïne, mais, comme les choix faits autour sont mal exécutés, l'idée ne peut pas prendre. Tout cela ira également jusqu'à un final honnêtement ridicule, qui conclut un tout qui m'a franchement laissé sur le côté. En étant honnête, je dois reconnaître quelques qualités à ce long-métrage, mais même celles-ci me semblent bien minimes en comparaison de tous les problèmes que porte l'ensemble. J'ai vraiment passé un mauvais moment devant ce film, et je ne vous recommande pas spécialement de tenter votre chance avec ce dernier. Pour conclure, une bonne idée, mais qui ne réussit jamais à être crédible.
Lil Sprite
Lil Sprite

67 abonnés 771 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2026
Dans Die My Love, la réalisatrice Lynne Ramsay rend la maladie mentale post-partum aussi sensuelle que dérangeante, avec comme porte-étendard Jennifer Lawrence, qui montre toute la folie de son jeu, malheureusement dans un métrage parfois vain et trop long.
Mélany T
Mélany T

46 abonnés 834 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mai 2026
La mise en scène est très jolie et l'ensemble se regarde sans déplaisir mais il y a un problème de scenario. On ne comprend pas les tenants et les aboutissants de l'ensemble ainsi que l'interiorité du personnage, c'est dommage.
The CritizMan
The CritizMan

62 abonnés 307 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 9 mai 2026
DIE MY LOVE de Lynne Ramsay est une épreuve de patience. Jennifer Lawrence et Robert Pattinson cabotinent du début à la fin dans un sur-jeu permanent. Les personnages enchaînent les décisions absurdes, ce qui rend toute implication émotionnelle impossible. Quant au scénario, il s’étire lourdement avec des sous-intrigues inutiles qui ne font qu’alourdir un ensemble déjà profondément ennuyeux.
Pierre842
Pierre842

42 abonnés 492 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2026
C’est un film où on peut être un peu dérangé des comportements du couple. Ce qui est sûrement voulu. Ça nous montre comment est la dépression post-partum. Cela peut être violent pour certaines.
Jennifer Lawrence était excellente en mère qui était en dépression post-partum. J’ai beaucoup aimé son interprétation. Où sa vie elle bouleversée par l'arrivée de son enfant. Robert Pattison en mari et père impuissant de la dépression de sa femme. Le duo Jennifer Lawrence était Robert Pattison fonctionne à la perfection.
Theo
Theo

39 abonnés 1 084 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 mai 2026
Je voulais vraiment aimer ce film plus que je ne l’ai aimé, parce que tout, sur le papier, promettait une œuvre fiévreuse, dangereuse, presque nécessaire : le retour de Lynne Ramsay, l’adaptation du roman d’Ariana Harwicz, Jennifer Lawrence et Robert Pattinson enfermés dans une histoire de couple, de maternité, de désir et d’effondrement mental, après une présentation en compétition à Cannes et une sortie française le 29 avril 2026. Et pendant un bon moment, Die My Love donne effectivement l’impression d’être un film qui va mordre, qui va lacérer quelque chose de rarement filmé avec autant de frontalité : cette zone où l’amour conjugal, le corps maternel, la solitude domestique et la maladie psychique cessent d’être des thèmes séparés pour devenir un même brouillard toxique. Grace et Jackson s’installent dans une maison isolée, un enfant arrive, l’espace se referme, le quotidien se dérègle, et Ramsay filme ce foyer non comme un décor mais comme une cage organique, pleine de bruits, d’angles morts, de murs qui semblent déjà avoir absorbé trop de cris. Le synopsis officiel de MUBI résume bien ce point de départ : Grace tente d’écrire, Jackson est souvent absent, la pression domestique pèse sur elle, et quelque chose commence à se désagréger.

Le grand mérite du film, et peut-être sa vraie raison d’exister, c’est Jennifer Lawrence. Elle ne “joue” pas seulement Grace : elle la traverse comme une brûlure. Il y a chez elle une manière de passer d’un rire presque enfantin à une dureté animale, d’une sensualité ouverte à une hostilité opaque, qui donne au film ses seules vraies secousses humaines. On sent une actrice qui accepte de se rendre antipathique, imprévisible, excessive, pas simplement pour chercher la performance choc, mais parce que le personnage n’a plus accès à une version présentable de lui-même. Plusieurs critiques ont souligné cette domination absolue de Lawrence sur le film, au point que Rotten Tomatoes résume le consensus autour d’une œuvre stylistiquement peut-être trop maniérée mais offrant à l’actrice l’un de ses rôles les plus vifs. C’est exactement ce que j’ai ressenti : quand elle est seule à l’image, quelque chose arrive ; quand elle se tait, le film respire enfin ; quand son regard flotte entre désir, colère, honte et sidération, Die My Love atteint fugitivement ce qu’il cherche pendant presque deux heures.

Le problème, c’est que Lynne Ramsay semble avoir tellement peur de ne pas être assez intense qu’elle finit par étouffer sa propre matière. Tout est chargé, souligné, amplifié : les sons, les animaux, les flammes, les brusques ruptures musicales, les visions, les sautes de rythme, les signes de décomposition du couple, les images de nature comme miroir de la psyché. À petites doses, cette méthode peut être foudroyante ; ici, elle devient souvent une mécanique de saturation. Critikat parle très justement d’un cinéma qui confond parfois intensité et tintamarre, avec une accumulation de ruptures sonores, de distorsions et d’hystérisation des situations. Je ne dirais pas que le film est vide, ce serait injuste, mais je trouve qu’il est trop sûr de la puissance de ses effets. Il ne nous laisse presque jamais découvrir l’angoisse de Grace : il nous l’assène. Il ne nous laisse pas toujours habiter son désarroi : il nous enferme dans une démonstration sensorielle.

C’est d’autant plus frustrant que le sujet appelait une précision presque chirurgicale. Le post-partum, le désir qui se dérègle, l’isolement rural, la difficulté d’être mère sans cesser d’être femme, amante, autrice, corps désirant, corps fatigué : tout cela est là, mais souvent réduit à une série d’explosions. Le film ne manque pas de courage, il manque de respiration. Il veut montrer une conscience qui se fissure, mais il avance par blocs de crise, par motifs récurrents, par états paroxystiques, comme si la complexité de Grace devait toujours passer par le spectaculaire. C’est là que Die My Love m’a perdu : non pas parce qu’il est inconfortable, mais parce que son inconfort devient prévisible. Au bout d’un moment, on comprend le programme esthétique, on voit venir la prochaine déflagration sonore, le prochain symbole brûlant, le prochain geste d’épuisement. Et quand un film sur la perte de contrôle devient aussi lisible dans sa manière de perdre le contrôle, quelque chose se fige.

Robert Pattinson, lui, est intéressant mais prisonnier d’un rôle plus ingrat. Jackson est écrit comme une présence fuyante, molle, dépassée, parfois tendre, parfois lâche, mais rarement assez creusée pour devenir autre chose que le mur contre lequel Grace se cogne. Pattinson a cette capacité précieuse à paraître à la fois beau, absent, coupable et désemparé, et il donne au personnage une forme de faiblesse crédible. Mais le film ne lui offre pas toujours la densité nécessaire pour que le couple existe à égalité. On comprend le déséquilibre voulu, évidemment, mais ce déséquilibre finit par appauvrir le drame : Grace brûle, Jackson regarde le feu, et le film semble parfois se satisfaire de cette opposition. Sissy Spacek, en revanche, apporte immédiatement une autre température. Sa présence déplace le film vers quelque chose de plus mélancolique, presque plus humain. À chaque apparition, on entrevoit une version plus subtile de Die My Love, moins obsédée par la performance de la crise et plus attentive aux dégâts silencieux du temps, du deuil, du couple, des maisons où les générations s’abîment les unes après les autres.

Visuellement, il y a pourtant de très belles choses. Ramsay sait cadrer un intérieur comme une menace, faire d’une pièce banale un lieu mental, transformer un champ ou une forêt en prolongement nerveux du personnage. Le travail de Seamus McGarvey sur l’image, relevé dans plusieurs fiches techniques et critiques, donne au film une texture sensuelle, sale, moite, parfois magnifique. Mais là encore, cette beauté est souvent trop consciente d’elle-même. Certaines images semblent moins surgir d’une nécessité émotionnelle que d’un désir de fabriquer immédiatement de l’iconique. Le film est plein de plans qui voudraient rester gravés, mais moins de scènes qui s’installent durablement dans le cœur. C’est un cinéma d’éclats plus que de progression, de sensations plus que de construction. On peut admirer la maîtrise, mais l’admiration reste froide.

Ce qui sauve Die My Love de la vraie déception, c’est qu’il n’est jamais anonyme. Même quand il agace, même quand il force, même quand il répète, il porte la signature d’une cinéaste qui croit encore que la mise en scène doit avoir une violence propre. À une époque où tant de films se contentent d’illustrer proprement leur sujet, Ramsay tente au moins de le faire déborder. Elle prend le risque de l’excès, du malaise, du ridicule même. Et il faut reconnaître que certaines séquences, surtout lorsqu’elles reposent moins sur le vacarme que sur la présence nue de Lawrence, possèdent une vraie puissance. Le film peut être boursouflé, mais il n’est pas paresseux ; il peut être maladroit, mais il n’est pas indifférent ; il peut échouer à toucher profondément, mais il cherche un cinéma physique, fiévreux, frontal, qui ne se contente pas de “parler de” la souffrance.

Reste qu’en sortant, j’avais davantage l’impression d’avoir assisté à un grand numéro d’actrice enfermé dans un dispositif trop appuyé qu’à une œuvre réellement bouleversante sur la maternité, le couple et la folie. Die My Love impressionne par moments, fatigue souvent, fascine brièvement, irrite régulièrement. Il y a là une actrice immense, quelques visions fortes, une vraie ambition formelle, mais aussi un scénario qui tourne en boucle, une symbolique insistante, des personnages secondaires trop périphériques et une tendance à prendre l’épuisement du spectateur pour une preuve de profondeur. C’est un film que je ne regrette pas d’avoir vu, parce qu’il contient assez de cinéma, de risque et de chair pour mériter la discussion. Mais c’est aussi un film que je ne peux pas défendre entièrement, parce qu’il transforme trop souvent une douleur intime en démonstration auteuriste, et parce qu’à force de hurler son vertige, il oublie parfois de nous laisser l’entendre vraiment.

Spoilers:

spoiler: Je comprends très bien pourquoi Die My Love peut provoquer des réactions passionnées : sur le papier, c’est presque le film idéal pour qui aime le cinéma sensoriel, nerveux, malade de lui-même. Lynne Ramsay revient avec un drame psychologique adapté d’Ariana Harwicz, coécrit avec Enda Walsh et Alice Birch, porté par Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, LaKeith Stanfield, Sissy Spacek et Nick Nolte, présenté en compétition à Cannes, puis sorti en France le 29 avril 2026. Le Festival de Cannes résumait le film par quatre mots simples, presque programmatiques : “Love / Madness / Madness / Love”. C’est exactement son horizon, et aussi son piège : Die My Love veut tellement faire entrer l’amour et la folie dans le même brasier qu’il finit par réduire presque tout à une seule température, celle de l’incandescence forcée. Le début est pourtant fort. Grace et Jackson arrivent dans cette vieille maison de campagne avec l’idée encore naïve qu’un lieu peut recommencer une vie. Elle veut écrire, ils vont avoir un enfant, la maison doit devenir un refuge, peut-être même un roman avant le roman. Mais tout, dès les premiers plans, semble déjà contaminé : les murs ne protègent pas, ils observent ; la forêt ne respire pas, elle attend ; le couple ne s’installe pas, il s’enferme. Le synopsis officiel de MUBI pose cette trajectoire très clairement : Grace emménage avec Jackson, tente de poursuivre son rêve d’écriture, accueille un bébé, puis commence à se désagréger sous le poids de l’absence de Jackson et de la vie domestique. C’est une excellente base de cinéma, parce que Ramsay sait filmer les espaces comme des états mentaux. Une cuisine devient une cellule. Une vitre devient une peau. Une chambre devient une scène de guerre intime. On sent immédiatement la cinéaste de We Need to Talk About Kevin et A Beautiful Day, cette manière de transformer une maison en corps malade, de faire du montage une pulsation, du son une agression, du hors-champ une menace. Mais c’est aussi là que le film révèle son problème central : il installe trop vite son régime d’intensité maximale. Dès que Grace commence à s’éloigner de la norme attendue — épouse disponible, mère stable, femme désirable mais raisonnable, artiste contenue — Die My Love appuie sur tous les boutons à la fois. Le sexe est animal, la maternité est suffocante, le silence est impossible, les chiens aboient, les chansons reviennent comme des obsessions, les objets deviennent hostiles, les gestes se dérèglent, les corps s’abîment. Ramsay ne filme pas une lente fissure : elle filme une maison déjà en flammes, même quand elle ne brûle pas encore. Ce choix donne au film une puissance immédiate, mais lui retire une part de progression. Au bout d’un moment, l’expérience devient moins une plongée dans la psyché de Grace qu’un catalogue de symptômes esthétiques : saturation sonore, images fiévreuses, montage heurté, visions de nature, accès de violence, errance, désir, répulsion, retour au même vertige. Jennifer Lawrence, elle, est incontestablement la grande raison de tenir jusqu’au bout. Sa performance est physique, impudique, risquée, parfois magnifique. Elle a ce mélange rare de star hollywoodienne et de créature à vif : elle peut être drôle dans un battement de cil, inquiétante dans la seconde suivante, puis bouleversante sans chercher à être aimée. Grace n’est jamais rendue confortable. Elle peut être cruelle, absente, obscène, épuisée, presque monstrueuse, puis redevenir soudain terriblement humaine dans une expression de honte ou de solitude. Ce n’est pas une interprétation “propre” de la souffrance ; c’est un corps qui gratte les murs, qui cherche de l’air, qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer. Même quand le film devient démonstratif, Lawrence reste instinctive. Elle comprend que Grace n’est pas seulement une mère en crise : c’est une femme qui ne supporte plus la fiction sociale dans laquelle elle s’est retrouvée enfermée. Et pourtant, aussi impressionnante soit-elle, cette performance finit parfois par être utilisée comme un argument de force plutôt que comme une porte vers une vraie complexité. Die My Love semble croire que plus Grace est excessive, plus elle devient vraie. Or ce n’est pas toujours le cas. Certaines scènes touchent juste parce qu’elles laissent voir le vide derrière l’agitation : un regard perdu, une fatigue qui tombe d’un coup, un corps qui ne sait plus quoi faire de lui-même. D’autres donnent l’impression d’un film qui exhibe sa radicalité comme une preuve de profondeur. Quand Grace se jette contre une vitre, quand elle détruit, quand elle provoque, quand elle se sexualise dans une sorte de rage contre l’assignation maternelle, il y a parfois quelque chose de trop calculé dans le chaos. La crise paraît chorégraphiée. La folie devient une esthétique. Et le film, au lieu de nous rapprocher de l’incompréhensible, semble nous dire sans cesse : regardez comme c’est intense. Robert Pattinson, de son côté, joue très bien l’homme qui ne sait pas aimer au bon endroit. Jackson n’est pas présenté comme un monstre, et c’est l’une des bonnes idées du film. Il est absent, maladroit, dépassé, parfois lâche, parfois tendre, mais pas assez lucide pour comprendre que son foyer s’effondre pendant qu’il continue à croire qu’il suffit de revenir, de réparer une pièce, d’organiser quelque chose, de parler normalement. La découverte des préservatifs dans sa voiture, élément important du soupçon de Grace, agit moins comme un simple ressort d’infidélité que comme un symbole de ce qui manque déjà entre eux : la confiance, la transparence, l’accord profond sur ce qu’ils sont devenus. Le film ajoute aussi la présence de Karl, joué par LaKeith Stanfield, comme tentation, échappée, miroir d’un désir qui cherche à survivre hors de la maison. Mais là encore, le matériau reste curieusement sous-développé. Jackson, Karl, même parfois Pam, existent surtout comme des satellites autour de la combustion de Grace. Le résultat est frustrant : le couple devrait être le cœur du film, mais il devient souvent un décor pour la performance de l’effondrement. Sissy Spacek apporte pourtant quelque chose que le film aurait gagné à écouter davantage : une douleur plus lente, plus vieille, plus silencieuse. Pam, avec son propre deuil, ses propres absences, sa manière d’apparaître comme quelqu’un qui reconnaît chez Grace une bête qu’on ne peut plus tenir attachée, ouvre une autre voie. Dans les scènes où elle est là, Die My Love cesse un peu de marteler son sujet et laisse passer une transmission plus trouble entre femmes, entre générations, entre blessures non guéries. On voit alors ce que le film aurait pu être s’il avait davantage accepté les zones grises : non pas seulement l’histoire d’une femme qui explose, mais celle d’un monde familial incapable de prendre soin autrement qu’en surveillant, décorant, médicalisant, ou en attendant que ça passe. La partie la plus révélatrice, c’est le retour de Grace après son internement. Le film organise ce “homecoming” comme une tentative grotesque de normalisation : Jackson a retapé la maison, une fête est prévue, Grace prépare elle-même un gâteau avec une inscription de bienvenue, comme si elle pouvait réintégrer sa propre vie par un geste domestique parfaitement lisible. C’est probablement l’une des idées les plus fortes du scénario : Grace revient dans un lieu qui a été amélioré en son absence, donc dans un lieu qui la remplace. La maison est plus présentable, mais elle lui appartient moins. Elle est censée être accueillie, mais tout lui confirme qu’elle est devenue l’élément perturbateur de son propre foyer. Là, le film touche quelque chose de cruel et de juste : la guérison sociale qu’on propose à Grace ressemble à une expulsion polie. La fin, avec Grace qui met le feu à son manuscrit, puis à la forêt, est à la fois puissante et symptomatique des limites du film. Sur le plan symbolique, tout est clair, presque trop clair : elle brûle son œuvre invisible, son rôle, son foyer mental, le roman d’elle-même qu’elle n’a jamais pu écrire autrement qu’en destruction. Jackson tente de la rejoindre, puis finit par la laisser partir, dans un geste qui peut se lire comme de l’amour, de l’impuissance ou un soulagement terrible. Ramsay a expliqué que cette fin devait avoir une dimension métaphorique, que Grace brûle son monde, et que le bébé ainsi que les invités sont assez loin pour ne pas être en danger ; le film laisse alors supposer que Grace meurt dans ce feu, ou du moins qu’elle disparaît dans une image de libération impossible. C’est beau en théorie. À l’écran, c’est plus discutable. L’image frappe, évidemment. Une femme nue ou presque, la nature incendiée, le mari qui renonce, l’amour qui devient abandon : on comprend l’ambition tragique. Mais cette conclusion paraît aussi trop consciente de sa propre force iconique. Elle veut être inoubliable, donc elle insiste sur son statut de grande image finale. Elle veut être ambiguë, mais son symbolisme est massif. Elle veut libérer Grace, mais elle l’enferme une dernière fois dans une figure presque mythologique de femme folle consumée par le feu. C’est ce qui m’a le plus gêné : Die My Love parle d’un sujet encore trop rarement filmé avec cette frontalité — l’aliénation du post-partum, la solitude d’une mère, la destruction du désir dans le couple, l’impossibilité de faire coïncider l’identité intime et le rôle familial — mais il le fait souvent avec des outils déjà attendus du cinéma d’auteur de crise. La femme qui rampe, qui hurle, qui casse, qui se salit, qui s’offre, qui se retire, qui brûle : tout cela produit des moments forts, mais pas toujours une pensée forte. Le film est courageux dans ce qu’il ose montrer, moins dans ce qu’il ose comprendre. Il préfère l’état limite à l’analyse, l’incendie au détail, la transe à l’observation. Or la souffrance de Grace aurait peut-être été plus dérangeante encore si Ramsay avait moins cherché à la rendre spectaculaire. La réception assez partagée du film me paraît donc logique. Rotten Tomatoes résume bien ce paradoxe : un portrait frénétique d’une expérience souvent ignorée, peut-être trop maniéré stylistiquement pour toucher pleinement, mais offrant à Jennifer Lawrence l’un de ses rôles les plus vifs ; Metacritic indique aussi un accueil critique globalement favorable mais loin de l’unanimité, avec des retours publics plus mitigés. C’est exactement le type de film qu’on peut admirer sans vraiment l’aimer, défendre sans le sauver, trouver nécessaire dans son sujet et insuffisant dans son incarnation. Il a de la chair, de la rage, du cinéma, mais aussi une lourdeur de dispositif qui empêche l’émotion de circuler librement. Je ne suis pas sorti indifférent, et ce n’est pas rien. Certaines images restent. Jennifer Lawrence reste. Le malaise de cette maison reste. La chanson qui revient, les regards de Grace, le gâteau de retour, la forêt finale, le visage de Jackson qui comprend trop tard ou renonce trop tôt : tout cela existe. Mais le film m’a moins bouleversé qu’épuisé, moins hanté qu’assommé. J’aurais voulu sentir une blessure qui s’ouvre ; j’ai trop souvent vu une mise en scène qui me montrait comment elle l’ouvrait. J’aurais voulu que Grace soit un mystère douloureux ; elle devient par moments une somme de gestes extrêmes. J’aurais voulu que le couple se décompose devant moi ; j’ai surtout vu un film déjà convaincu de sa décomposition. Die My Love est une œuvre habitée, ambitieuse, traversée par une grande actrice, mais aussi répétitive, appuyée, parfois prisonnière de son propre prestige sensoriel. Il y a là un vrai brasier, oui, mais trop souvent le film confond la fumée avec la profondeur, le vacarme avec la vérité, et la destruction avec le bouleversement.
Pôpô passion ciné
Pôpô passion ciné

38 abonnés 364 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mai 2026
C'est un film viscéral, brut et sans concession.

Il monte crescendo dans l'horreur de la folie, entre extrême solitude et hallucination.

Oui c'est un film sur le post partum mais je pense que c'est plutôt un film sur une femme qui s'est construite seule, qui a déjà un mal-être en elle et que le post partum a réveillé.

C'est un film tranchant, entre rêve et réalité on se sait plus ce qui est vrai de ce qui est fantasmé.
Le récit décrit bien le basculement vers la folie, celle qui tapisse dans l'ombre et qui attend le bon moment pour se révéler.

On ressent tout le chaos intérieur de cette femme, livrée à elle-même dans cette grande maison isolée, sans famille et sans lien auquel se rattacher.

C'est un film ouvert, qui laisse libre court à l'interprétation des spectateurs.

Par contre je ne peux pas le conseiller à tout le monde car c'est un film particulier, qui laisse une marque indélébile.

Jennifer Lawrence porte le film à bout de bras elle est de tous les plans et capte l'attention comme jamais !
Robert Pattinson est toujours aussi vrai et juste !

C'est un film qui divise : on adore ou en on déteste !
Pour ma part, c'est un grand OUI : ça faisait longtemps qu'un film ne m'avait pas autant scotché à mon siège !

C'est ce que j'attends du cinéma : que l'histoire me prenne aux tripes, me fasse me questionner, que les plans soient travaillés pour que l'émotion rester ancrée en moi un moment après la séance.

J'ai beaucoup aimé !
Rémy LE BIHAN
Rémy LE BIHAN

23 abonnés 101 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 avril 2026
L’ennui total ! Les américains manquent de scénario intéressant en ce moment ! Sinon n’oubliez pas l’oreiller
caramel2017
caramel2017

20 abonnés 152 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 mai 2026
Portrait de femme, précisément portrait d’u e femme depressive… mais la surenchère s’invite helas et l’actrice principale en fait vraiment des tonnes. Malheureusement l’interprétation de Jennifer lawrence nous sort littéralement du film, le scenario de n prend un coup et nous perd dans des performances qui ont plus leur places sur les olanche pour du théâtres expérimental à la rigueur. Le partenaire a beau avoir jne belle presence mais n’arrive pas à sauver le film pour autant
ed_loisel
ed_loisel

20 abonnés 110 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 avril 2026
Le jeu très juste et puissant de Jennifer Lawrence ne suffit à faire décoller ce drame qui se perd dans ses métaphores. Le sujet du post-partum aurait pu être plus touchant s'il avait été traité de manière plus concrète.
Julie D.
Julie D.

14 abonnés 158 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mai 2026
Une création cinématographique qui nous fait ressentir. Ressentir l’enfermement, le huit clos, la perte identitaire, la violence des normes… Le malaise est grandissant. La fin reste quelque peu ouverte mais attendue.
Martial Bonkoungou
Martial Bonkoungou

13 abonnés 225 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juin 2026
Un couple. Une maison. Un rêve d'écrivaine. Un enfant. L'enfermement dans un quotidien domestique phagocyte. Jennifer Lawrence en fait beaucoup, un peu trop. Pattinson n'est là que pour la forme. Et au fil des minutes on se demande où veut en venir la réalisatrice tant son propos plus que son montage, entre réalité et onirisme, est abscons. Une entaille dans ce schéma classique du bonheur familial. Sûrement! Mais c'est tellement boursoufflé
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