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Guiciné
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3,5
Publiée le 25 février 2024
Filmé les deux dernières heures de la vie de Molière en plan-séquence de façon créative par un grand artiste, était une gageure, hautement réussie. Ça tournoie, c’est mobile , c’est musicale et interprété remarquablement et pourtant, ce semblant de perfection ne m’a pas rendu d’émotions intenses. Du très grand art assurément.
Quelle Vulgarité ! Pauvre Laurent Laffitte au milieu de ce bordel. Il est pourtant bouleversant de sincérité et crève l'écran. Mais il n'est pas aidé... Par les dialogues: Pompeux qui prennent les spectateurs de haut. Par cet acharnement à montrer l'amant de Molière sous toute cette couture. Le nu ne suffit pas! L'acteur de Roffignac est d'une arrogance qui dessert la relation Baron-Molière. Jamais émouvant. On peine à s'attacher à lui. C'est bien dommage. On aurait voulu moins de nu et plus de profondeur et de sincérité de cet acteur. Stacy Martin est insipide. Une belle scène demeure cependant dans le film celle entre Laffitte et Balibar. La rencontre de deux grands du cinéma. En un plan ils donnent une leçon de ce que c'est le cinéma. ça ne suffit pas d'être de bons acteurs de théâtre, le cinéma c'est une autre façon de jouer. Ils sont tout en Subtilité contrairement au reste du casting bien trop grotesque. A l'image des trois parques dont on ne comprend rien. Néanmoins, on note une belle performance d'Eva Ramy qui est celle qui s'en sort le mieux dans la bande de comédiens de Py. Sinon préparez vous à voir péter, montrer leurs fesses ou seins, à pisser en public de manière gratuite... Ce spectacle ne parle pas du tout de Molière mais bien d'Olivier Py. La moitié des personnes sont parties durant la séance. C'est vraiment dommage quand on voit l'intensité de Laffitte qui n'a jamais été aussi déroutant et excellent. Mais il ne peut rien faire devant cette absence de scénario et de cette immense farce.
Pour son premier long métrage, Olivier PY, met en scène les dernières heures de la vie de Molière en voulant évoquer tant l’homme que l’auteur, l’artificialité du théâtre, les paradoxes et contraintes de la vie de comédien. Il mêle ainsi dans un mouvement perpétuel, la vie de la troupe en coulisses, le jeu des acteurs sur scène, les portraits des spectateurs dans la salle, et ce qui voudrait être de la virtuosité - éclairage à la bougie, plan séquence, cadrages sophistiqués, costumes somptueux,...- se limite à une surenchère éreintante d’effets répondant à la seule envie d’en mettre plein la vue ! Nul besoin d’en faire autant pour comprendre que l’on est au cinéma et non au théâtre ! Alors malgré un casting de premier choix, ce manque cruel de simplicité et d’humilité, encore plombé par des dialogues souvent déconcertants de naïveté - la vie, c’est du théâtre/le théâtre, c’est la vie - nous épuise et nous laisse incrédule devant tant d’agitation.
Tout est dans le titre : à la manière du Britannique Peter Shaffer (1926-2016) qui réécrit une biographie de Wolfgang Amadeus Mozart (adapté au cinéma en 1984 par Miloš Forman), Olivier Py imagine les 2 dernières heures de la vie, le 17 février 1722, à Paris, de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (1622-1673) alors qu’il joue Argan dans « Le malade imaginaire » dont c’est la 4e représentation. Bien sûr, il y mêle son amour du théâtre (ayant été directeur du festival d’Avignon de 2013 à 2022 avant d’être directeur du théâtre du Chatelet en 2023, sans oublier sa longue carrière de comédien, d’auteur et de metteur en scène de pièces et d’opéras) et des hommes [cf. relation entre Molière (Laurent LAFITTE, pensionnaire de la Comédie Française depuis 2012) et le comédien Michel Baron (1653-1729), jouée par Bertrand de ROFFIGNAC, également coscénariste]. Il y introduit une ambiance mortifère, de délabrement et de pourriture, beaucoup moins flamboyante que celle de Miloš Forman dans « Amadeus », lorgnant du côté de Pier Paolo Pasolini (1922-1975), de « Meurtre dans un jardin anglais » (1982) de Peter Greenaway (1942- ) voire de Federico Fellini (1920-1993) pour le public outrageusement maquillé du théâtre et les 3 marquises commères aux langues de vipère [Judith MAGRE (98 ans), Dominique FROT (67 ans) et Catherine LACHENS (78 ans et décédée après le tournage)]. Le réalisateur fait œuvre d’une grande créativité cinématographique en choisissant de tourner le film en un seul plan séquence (aux raccords invisibles), avec une caméra très mobile, explorant l’espace latéralement et verticalement, de la scène du théâtre du Palais-Royal, en passant par les loges et les sous-sols [spoiler: où Molière dialogue avec son père et Madeleine Béjart (1618-1672), morte 1 an avant et sœur ou mère d’Armande Béjart (Stacy MARTIN), son épouse ]. Sans oublier la belle photographie, aux chandelles de Luc PAGÈS et les décors.
Olivier Py s’amuse dans ce film en imaginant les deux dernières heures du génie du théâtre français. Entre bilan sur sa carrière et regrets alors que sa troupe prépare déjà un peu la succession. Si on ne peut nier le parti pris esthétique, un quasi plan-séquence filmé à la bougie, je suis resté de marbre devant cette farce théâtral qui ragote beaucoup et raconte peu.
Il y a des films dont on ressort furieux, furieux d'avoir perdu son temps et, pour celles et ceux qui n'ont pas de carte d'abonnement, furieux d'avoir perdu une grosse poignée d'Euros. Je pense que ce sera le cas pour la plupart des spectatrices et des spectateurs qui auront été attiré(e)s par les noms de Molière et de Laurent Lafitte et qui se montreront atterré(e)s par la prétention imbécile de ce film d'Olivier Py. Dans ce pitoyable spectacle, les comédiennes et les comédiens font ce qu'ils peuvent, celle qui s'en sort le mieux étant Stacy Martin qui interprète le rôle d'Armande. Sinon ? Heureusement qu'il y a la musique de Marc-Antoine Charpentier qui, peu de temps auparavant, avait remplacé Jean-Baptiste Lully comme compositeur des musiques accompagnant le théâtre de Molière.
N'est pas Peter Greenway qui veut et Olivier Py est loin du compte ! Le film, comme toutes les réalisations de nos intellectuels contemporains, se veut sans tabou, déconstruisant les schémas convenus : par souci de satire contre une aristocratie honnie, on verra donc une marquise uriner debout devant ses interlocuteurs (pauvre Dominique Frot, dont on ne comprend plus le moindre mot prononcé), on verra Chapelle roter à la face de deux petits Marquis, supposés être les modèles de Trissotin, dont l'un des deux éteint une chandelle par la puissance de son pet. Je signalerai à Olivier Py que ce motif littéraire de la bougie éteinte par ce moyen se trouve, non dans une quelconque oeuvre du XVIIe siècle, mais dans La Terre, de Zola, roman le plus outrageusement naturaliste qui existe. Quant à l'homosexualité, elle est omniprésente chez Py : il la transporte donc là où elle n'a guère lieu d'être, chez Molière. Si Monsieur, frère du roi, était en effet gay, il serait fort surprenant que Condé le fût, surtout en 1673, où il est devenu un dévot de premier ordre qui ne fréquente plus le théâtre. Quant à Baron et Molière, on n'a rien de tangible sur la question. Cela ne serait rien si encore on s'amusait. Mais les dialogues, d'une prétention horripilante, enfilent des lieux communs vertigineux, les séquences se suivent et, pour faire baroque, on glisse de la scène à la salle, de la scène aux loges, afin de bien montrer que le théâtre et le monde, c'est pareil ! Quelle invention ! Une scène est réussie, celle où Molière, au seuil de son heure dernière, feint d'être mort devant sa femme pour la confondre. Mais là, ce n'est plus Olivier Py qui s'exprime, c'est le texte, la scénographie de Molière et le talent des acteurs. Encore un authentique navet.
Catastrophique absolue ! Quelle tristesse de voir un scénario faible ! Sans saveur et trop facile : cliché. Je me demande si Olivier Py ne parle pas plus de lui que de Molière . Dommage pour l’excellent travail de Lafitte ..
J’ai adoré bien que le film puisse être un peu dérangeant peut-être pour certains, bisexualité de Molière, mélange réel et imagination, caricatural e une pièce de Molière. J’ai beaucoup apprécié aussi l’esthétisme.
C'est entendu, il ne s'agit pas d'un bon film sur Molière, mais d'un bon film sur l'imaginaire de Molière chez Olivier Py. Le réalisateur nous invite à une sorte de rêverie, très homosexuelle il faut bien le dire, autour de Molière dans son théâtre au jour de sa mort. Tout l'intérêt vient du fait qu'Olivier Py est un homme de théâtre qui vient au cinéma pour nous parler de théâtre. La longue promenade ininterrompue à travers les salles et les étages vaut le déplacement. L'interprétation met en valeur Molière et Armande Béjart, et les dialogues sont meilleurs que ce que certains critiques en disent. J'ai pensé à Fellini, ce n'est pas si fréquent. Un film à voir.
Un film drôle, beau, poétique ! Je ne me remets toujours pas de ces trois spectatrices affreusement mesquines à l'égard de Molière, les haters avant l'heure. Elles sont si drôles !! Merci Mesdames et bravo !