De Berlin à Cuba. Le rêve d'une illusion. Comment une idéologie a priori généreuse n'est pas parvenue à concurrencer le capitalisme. Les cubains souffrent d'un emprisonnement insulaire. La musique, la danse offrent de l'espace. Médecine et éducation sont des valeurs solides sur lesquelles le régime investit. A la différence de nos contrées, où l'on tente d'en réduire le coût. Et puis, il y a la débrouille, la misère au sens où l'opulence n'est réservée qu'aux touristes. Matthias va reparcourir son enfance et découvrir que la frénésie berlinoise de son quotidien n'est peut-être pas la vraie vie. Ce road-movie sera l'occasion d'une quête initiatique, d'un passé révolu, mais dont l'exploration va lui permettre de goûter à l'instant présent et de mettre en question ce que sera son avenir, sinon son devenir. Le film nous donne accès à l'âme cubaine, des relents du Buena Vista Social Club sont perceptibles. Le rapport à la temporalité est aussi magnifiquement abordé.
La trame est intéressante et autant je savais que nombre d’Allemands avaient emigré en Argentine et autant Chili, autant je ne connaissais absolument pas ce pan de l’histoire entre Allemagne et Cuba, alors que tout s’explique. Ce récit d’un Allemand en quête de souvenirs intimes, d’images fugitives confronté à ce Cuba qui est resté figé mais qui est bien vivant en marge du monde nous offre une plongée rare et passionnante, hors du temps. Pas fan du jeu de l’acteur principal, je comprends finalement qu’il n’est que le fil conducteur, lui-même assez perdu et en manque de repères, un personnage auquel il ne faut pas s’attacher, juste se laisser embarquer dans le flow au gré de ses rencontres multiples. Un bon film pour cinéphiles curieux.
Vu le 3 février 2026 à Cienfuegos à Cuba, ce film montre bien et avec douceur la réalité Cubaine que je vis ces jours ci depuis un mois. La situation économique semble avoir bien empiré depuis le tournage. L'impression de la fin d'un monde et d'une utopie montrée dans le film me semble plus importante en réalité. Les propos tenus par les personnages cubains sont réalistes et illustrent bien l'état d'esprit actuel. Un pays et un peuple réellement très attachant.
Film sensible d'une belle nostalgie. Et Cuba libre et pas libre. On suit le voyage-repentir du héros sur cette île oppressée et toujours vivante sous blocus.