Ce serait un film du dimanche soir, confortablement installé dans son canapé, roulé dans la torpeur d'une fin de week-end et un plaid, on pardonnerait sans doute les faiblesses du scénario écrit par Yaël Langmann et Yvan Attal.
Le problème est que l'on est au cinéma et donc aux aguets.
L'intrigue policière, sans divulgâcher, tient sur une histoire de smartphone oublié sur un yacht et la volonté de nous faire accroire que Mathieu, incarné par Yvan Attal est devenu dès lors transparent car non traçable. Là où ça se corse un peu est qu'il utilise une bagnole haut de gamme, dont on peut difficilement croire qu'elle ne dispose pas de GPS. Par ailleurs Delphine (Maïwenn) a éteint son portable et donc n'est pas plus localisable que Mathieu.
Las, il faudrait dire au réalisateur et au scénariste, que depuis que l'on ne peut plus ôter physiquement les batteries, les smartphones sont tout aussi repérables géographiquement allumés qu'éteints.
Du coup, on passe sur le suspens, on s'efforce de croire que la police est composé de buses restées à la préhistoire de la téléphonie et on s'attache au jeu d'acteur, à l'image, au son.
C'est bien léché, propre sans pour autant surprendre. Yvan Attal, sans doute très occupé par la réalisation, nous offre que peu d'expressions : le doute, la culpabilité, la colère, l'amoureux. Le problème est qu'on le voit littéralement se composer une attitude en rapport avec l'état de ses sentiments : on voit la trame.
Guillaume Canet en Vincent joue plus juste, de même qu'Alma Jodorowski, troublante en Elsa, Maïwen et Marie Josée Croze s'en sortent tout juste en mères de familles trompées et déchirées.
Reste que l'on sort du film en se disant que cela fait cher en drame pour une tocade.
Et c'est sans doute ça la morale du film : on ne devrait jamais tromper sa femme.
Ouf, on est rassurés.