L'Innocence
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Fiers R.
Fiers R.

210 abonnés 928 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2023
Depuis son premier prix à Cannes en 2004 pour le très beau « Nobody knows » (prix d’interprétation masculine et record du plus jeune acteur à recevoir ce prix à ce jour, à quatorze ans), le japonais Hirokazu Kore-Eda est certainement le cinéaste nippon le plus connu et célébré dans nos contrées et les festivals du monde entier. Auteur très prolifique depuis une trentaine d’années, la plupart de ses films sont sortis chez nous et tournent autour du thème de la famille. Et ce fut encore le cas pour sa première Palme d’or pour le tout aussi beau « Une affaire de famille » ainsi que pour le récent « Les bonnes étoiles ». La famille sous toutes ses formes est donc son thème de prédilection et les quelques écarts à ce thème fétiche sont de loin ses moins bons films.

En effet, du raté thriller judiciaire « The third murder » à son incursion très cliché dans le cinéma français d’auteur avec « La Vérité », où il faisait tourner Deneuve, Binoche et Ethan Hawke dans la langue de Molière de manière moyennement convaincante, il avait déçu. Et pourtant, même si son nouveau film se rapproche un peu d’un sujet familial, il parle avant tout de l’enfance et de ses secrets avec, en filigrane, le système scolaire et le harcèlement. Eh bien contre toute attente, en s’éloignant un peu de son pré carré thématique, Kore-Eda signe une nouvelle très belle œuvre, à la fois douce, attachante, pertinente et plein d’acuité. Mais aussi, et c’est plus surprenant, dans sa structure à la « Rashomon » qui permet certaines surprises. En effet, dans « L’Innocence », chaque partie contredit la précédente selon le point de vue adopté, ce qui permet de tout remettre en question deux fois et de bousculer agréablement nos certitudes tout autant que d’accoucher d’un film magnifique sur les mystères de l’enfance.

Le scénario, toujours écrit avec une grande précision et une belle profondeur, nous immisce dans le quotidien d’une famille monoparentale classique. On y voit une mère élevant seule son jeune garçon d’une douzaine d’années qui semble avoir un comportement étrange depuis quelque temps et subir de mauvais traitements à l’école. Elle va donc s’y rendre pour savoir ce qu’il en est. À partir de là, « L’Innocence » va adopter son point de vue et se développer en trois parties distinctes, révélant les évènements différemment tout en en montrant de nouveaux. La première est donc celle de la mère, la seconde celle du professeur que l’on soupçonne de mauvais traitements et la troisième celle du point de vue de l’enfant.
Si on est donc davantage dans une chronique de l’enfance et de ses jardins secrets voire un drame, on est tout de même happé par ce qui se déroule. Il y a une sorte de mystère persistant qui est entretenu par les révélations dus aux changements de points de vue. On traite donc ici de pas mal de sujets ayant trait à cet âge significatif du passage de l’enfance à l’adolescence avec beaucoup de tact et de pudeur que ce soit du harcèlement scolaire, de la difficulté d’enseigner, de l’ère des enfants rois mais aussi de la difficulté d’élever un enfant toute seule. « L’Innocence » comporte donc plusieurs couches, toutes intéressantes voire passionnantes.

Mais, au final, c’est un œuvre qui peut se voir comme l’une des plus belles tentatives de croquer l’enfance en plan large et ses mystères. La dernière partie, entre contemplatif et naturalisme, est sublime. Le final est magnifique et les deux jeunes acteurs qui jouent les enfants/adolescents sont au-delà de toute critique rappelant que le cinéaste est un excellent directeur d’acteurs. Ils brillent autant que ce joli film plein de charme. On nous présente aussi un amour qui dépasse les frontières du genre, celui d’un adolescent qui aime peu importe le sexe de l’autre d’un amour inconditionnel. À un âge où on confond encore l’amour et l’amitié. Ainsi que l’amour d’une mère pour son fils, tout aussi justement retranscrit. Bref, « L’Innocence » est encore une fois pour Kore-Eda un film réussi et plein de véracité doublé d’une tendresse incroyable. Il est décidément très doué pour parler des relations humaines avec une simplicité confondante. Peut-être pas son plus beau film ni son plus mémorable mais toujours un film qui fait du bien et touche en plein cœur.

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christophe D10
christophe D10

35 abonnés 1 029 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 juillet 2024
Encore un film encensé par les critiques qui se révèle être une grosse déception.
Le scénario est tortueux a souhait, mais en étant souvent peu crédible, et le récit se perd en route en mêlant de manière assez peu réaliste plusieurs histoires assez différentes.
La 2eme partie ou on ne voit quasiment plus que les
deux enfants est un véritable supplice tellement on s’ennuye.
Un film de plus complètement surcoté …
frederic T.
frederic T.

30 abonnés 266 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 décembre 2023
Il faut attendre la troisième partie du film (le récit depuis le point de vue des enfants) pour que l’intrigue se révèle dans toute sa complexité, et on pourra peut-être regretter la longueur des 2 premières séquences (la mère, puis le professeur)... Il n’empêche que Hirokazu Kore-Eda raconte les mystères et la cruauté de l'enfance avec une très grande habilité. Tout en distillant les indices et les fausses-pistes comme dans un suspense policier, il dénonce aussi la brutalité de la société japonaise engoncée dans des codes sociaux oppressants et avilissants
Muriel F.
Muriel F.

73 abonnés 335 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 janvier 2024
On comprend pourquoi ce film a obtenu le prix du meilleur scénario à Cannes. Le début ne laisse pas entrevoir l'innocence donnée au titre du film. La seconde partie se déroule comme un révélateur de toutes les scènes initiales. Un traitement livré avec un certain brio par les deux petits acteurs magnifiques. Jeux d'enfants et jeux d'interprétations face à des adultes qui se perdent dans la supposée perception des faits qui se déroulent dans une école. Pour moi, le tour de force eut été plus réussi avec 20 à 30 minutes de moins. A voir !
Ceiner M
Ceiner M

55 abonnés 258 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2024
Ce n'est pas déplaisant, mais très redondant et un peu cousu de fil blanc. Les parties concernant les adultes sont un peu pénibles car un peu too much - de l'amodovar japonais sans la fantaisie - dans les réactions, traits de caractères, ton de voix...la dernière partie celle dévolue aux enfants est beaucoup plus charmante et poétique...Malgré tout, j'ai trouvé le procédé effectivement artificiel et il a été vu et revu. C'est devenu galvaudé. C'est très japonais dans les codes de comportements . J'avoue que dans le style film qui se passe au Japon, j'ai largement préféré le film de Wim Wenders Perfect Days. A la sortie, je me suis dit , bon et alors.....Je n'ai pas été emportée par cette histoire déconstruite en plusieurs parties car les différentes mise en abyme finissent par lasser dans leur systématisme et artificialité. J'ai hésité avec 2,5 car les deux jeunes acteurs sont absolument craquants dans la dernière partie.
Florence E.
Florence E.

10 abonnés 116 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2023
Un film qui entremêle plusieurs vies préoccupées par la culpabilité, la colère, l'innocence et le mensonge... bien aimé les personnages, mais je ne me suis sentie parfois mal à l'aise. Pourtant il y a de l'espoir et de la vie de toute part.
ConFucAmuS

655 abonnés 1 047 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2024
Retour au bercail pour Hirokazu Kore-eda, après l'escapade française (Une vérité) et le crochet par la Corée du sud (Les Bonnes Étoiles). Mais on sent que le réalisateur en profite surtout pour repenser son cinéma. La thématique de la famille n'est pas abandonnée mais en filigrane, le premier plan étant tourné vers un jeu de perceptions. Trois, en réalité. Celle de la maman du jeune Minato dont le comportement inquiète sa mère, puis celle son professeur soupçonné de harcèlement à l'égard du petit garçon, et enfin celui de Minato (fantastique Soya Kurokawa). Une structure empruntée au Rashōmon de Kurosawa, et il faut bien reconnaître que si on en connaît les rudiments, alors les deux premières parties sembleront un peu longue. Mais ne pas négliger les nombreux éléments, indices ou motifs (un allume-gaz, la réincarnation, "monstre") semés çà et là. Arrivés au dernier segment, ils vont d'un coup prendre une tout autre signification et faire de ce récit à plusieurs voix une brillante allégorie sur la dissymétrie entre le monde de l'enfance et celui des adultes. À travers la mère ou le professeur, ce sont nos biais, filtres et préjugés - basés sur l'inattention ou la pression sociale - que le réalisateur révèle et oppose à la pureté de l'âge innocent. Sur ce point, le titre français est moins ambigu que le titre japonnais (Kaibutsu signifiant Monstre). Et si un seul visionnage suffit pour comprendre L'innocence, on aura envie de s'y reprendre à plusieurs fois pour l'aimer encore plus.
Ti Nou

632 abonnés 3 931 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2024
Récompensé au festival de Cannes, le scénario est, en effet, très impressionnant dans la précision de son écriture. Il reprend le principe du triple point de vue de "Rashomon", mais plus que le même récit perçu différemment, on a affaire à trois histoires avec leur propre thématique qui s’entremêlent. La première parle des difficultés d’une mère célibataire, la deuxième de la violence et la lâcheté des institutions et la troisième des émois préadolescents. Kore-Eda confirme qu’il est un fin observateur de son époque et un brillant directeur d’acteurs.
Arthus27
Arthus27

128 abonnés 642 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2024
Composé de 3 parties, L'innocence nous présente la même histoire sous 3 points de vues différents, chacun nous permettant de comprendre un peu mieux les personnages et leur histoire. Prix du scénario à Cannes, le film est effectivement brillant d'intelligence et de justesse. Le tout porté par une mise en scène extrêmement réussie, efficace, dont chaque plan est d'une beauté folle. Un véritable chef d'œuvre.
Blankovitch
Blankovitch

76 abonnés 270 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 janvier 2024
Je pense avoir bien compris où voulait nous amener Kore-Eda: Le monde de l'enfance est complexe et les adultes y sont étrangers; on est différent selon qui nous regarde.
Bien.
Mais je trouve que la deuxième partie du film est totalement ratée et les réactions des différents protagonistes sont totalement incompréhensibles, cet écueil gâche pour moi la totalité du film qui dès lors ne tient plus debout.
elriad

528 abonnés 2 068 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2024
En trois parties symbolisées par un incendie d'immeuble, le réalisateur adoré de la croisette Hirokazu Kore-eda ( 8 fois en compétition à Cannes, plusieurs fois fois récompensé dont une palme d'or pour " Une affaire de famille") livre un film plutôt aussi abscons qu'énigmatique, au risque de perdre le spectateur en route. Les scénarios les plus simples sont parfois les meilleurs et le choix du réalisateur japonais de ne livrer qu'en toute fin de métrage quelques clés nuisent à l'émotion et m'ont laissé sur le bord du trottoir.
David B.
David B.

55 abonnés 595 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mai 2024
Après une première partie prometteuse et intrigante, je me suis fait gravement hièche à partir de la moitié du film. C'est à ce moment qu'il ne se passe pas grand chose, si ce n'est des scènes d'enfance étirées en longueur. Dommage car c'est filmé avec poésie, avec différents points de vue.
Goéland
Goéland

40 abonnés 204 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2023
Hirokazu Kore-eda est l’un des meilleurs cinéastes pour filmer les enfants. Il le confirme avec son dernier opus. Son scénario, à tiroirs, complexe, en a reçu à juste titre le prix au festival de Cannes. L’on est ici, au Japon, dans une grande ville qui entoure un lac. Un enfant d’une dizaine d’années, Minato, élevé par sa mère, veuve, a des comportements bizarres qui l’inquiètent. On soupçonne son instituteur, M. Hori, un jeune homme autour duquel circulent de vilaines rumeurs mais l’histoire se développe en surprenant le spectateur qui a un toujours un coup de retard. Kore-eda filme tout cela avec sa grâce habituelle en nous rappelant combien les enfants sont secrets, sensibles, versatiles, imprévisibles. Il nous immerge dans la société japonaise, son système éducatif, son conformisme mais aussi les failles des individus qu’ils soient enfants ou adultes, souvent confrontés à des drames personnels. Et toujours avec Kore-eda, des plans magnifiques sur les villes, les trains, la nature, les tempêtes. Un beau film, profond.
Americo
Americo

23 abonnés 110 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 janvier 2024
Poussif, long, bizarre, surprenant. La dernière demi heure rattrape l'ensemble mais tout de même.... dialogues et situations bizarres, au service de ce scenario et de ce twist final.

##spoiler## l'homosexualité, le désir , l'amour des enfants est un sujet intéressant et important , à mon avis mal servi. On est loin de la grâce des roseaux sauvages. Peut-être la difficulté de faire jouer des enfants.
Vincent Dalmeyda
Vincent Dalmeyda

1 abonné 1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 décembre 2023
Des aller retour compliqués dans la première partie. La seconde rachète un peu. Si j'avais pu j'aurais quitter la salle
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