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AlphaWolf
91 abonnés
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1,5
Publiée le 10 novembre 2024
Déjà paresseux en temps normal, Kore-eda force un peu plus le trait ici en combinant trois points de vue du même événement pour tenter d'assurer l'intérêt. La démarche est ratée sur toute la ligne: la narration tombe à plat dès le premier volet du triptyque car l'intrigue n'est pas définie et les enjeux n'émergent jamais vraiment. Le film est saupoudré d'artifices qui masquent difficilement l'absence de fond, et l'ensemble apparait comme distendu, sans inspiration, voire interminable dans sa dernière partie.
Encore une belle réussite que ce Kore-eda, qui livre avec Monster un drame à la structure Rashomon qui désarçonne au premier abord, avant de se révéler de plus en plus touchant à mesure que le puzzle se dévoile. Sans trop en dévoiler, Kore-eda explore avant tout la notion de point de vue face à l'adversité (d'abord via une mère, puis un professeur et enfin celui à hauteur d'enfant qui cristallise le cœur du récit).
Il y a quelques pistes narratives là-dedans qui peuvent être un tantinet attendues, mais le réalisateur amène son savoir-faire et sa sensibilité dans un travail formel très travaillé (des scènes de pluie absolument splendides par le chef op' du déjà très bon Une Affaire de Famille). Et outre un casting réussi,il faut saluer la musique de Ryuichi Sakamoto (Furyo, Le Dernier Empereur)qui nous abreuve d'un dernier score de toute beauté (RIP...).
Attention spoiler:Encore un film qui finit sur l'homosexualité alors qu'il s'agit d'enfants du primaire !!!! C'est laborieux, avec des allers retours dans le temps, pas toujours très clairs à identifier. Des scènes pleines de sous entendus, dont certains ne sont jamais élucidés. J'ai l'impression d'avoir perdu mon temps...
Un film en trois parties qui révèle une beauté pure et innocente qui est une part de notre humanité oubliée par le poids des années. Toute une psychologie enfantine impossible à imaginer tant la maturité des hommes écrase avec une certitude assassine les rêves de jeunesse. Très beau
À la fin de « l innocence » on pense forcément à Rashomon avec ce récit à multiples points de vue qui ne se dévoile que petit à petit. Il est d ailleurs intéressant dans notre société des médias immédiats de nous montrer que chaque histoire contient de multiples couches et que la vérité première apparente est parfois bien éloignée de la réalité des faits. L innocence est aussi un film sensible qui ne perd cependant jamais son objectif: montrer la rigidité de la société japonaise qui peut détruire les individus et leur volonté. Un film qui contient quelques fulgurances esthétiques mais dont le déroulé narratif peut parfois dérouter.
Un film tiroir hyper subtil et délicat qui en partant d’une histoire de harcèlement scolaire et en superposant les points de vue, dépeint la cruauté de l’enfance et dresse un constat amer sur les tabous d’une société japonaise rigide.
Une œuvre délicate et touchante servie par d'excellents comédiens et une intrigue qui se dévoile petit à petit en passant d'un point de vue à un autre. Malin.
Une œuvre sur l'enfance, la marginalité et les solitudes, par le réalisateur de «Une Affaire de Famille» et «Les Bonnes Étoiles».
Raconté de plusieurs points de vue, l'histoire d'un secret dont j'ai deviné assez rapidement la raison, mais traitée avec justesse et sensibilité, et ce malgré quelques longueurs au cours du récit.
Encore une déception, une de plus. Même si tout n'est pas à jeter, on pouvait clairement faire mieux selon moi. La première partie du film est intéressante, j'ai adore l'actrice qui joue la mère ainsi que son personnage. De plus, il y a ce côté mystérieux qui ressort et ça ne nous laisse pas insensible, surtout qu'on ne comprend encore pas trop ce qu'il se passe. C'est ensuite que ça se gâte car tout est trop répétitif. Certes, on voit la même histoires sous différents angles mais c'est trop long. Les acteurs sont plutôt bons dans l'ensemble mais j'ai fini par lâché en cours de route pour au final, trop rester sur ma faim. Un gros potentiel inexploité pour résumer, ce n'est que mon avis. 11/20.
spoiler: C'est l'histoire d'un tremblement de terre trop pourri y'a pas d'effet spéciaux. Rendez-moi San Andreas, les biceps de The Rock et Mickael Bay !!!
- Cette critique contient des spoilers -
Je ne connaissais au film que sa palme, ses excellentes notes (96% RT & 4,0 sur Allocine) et son réalisateur dont je n'avais pas noté qu'il avait dirigé le déjà habile, nuancé et émouvant "Une affaire de famille". "l'Innoncence" porte ces mêmes qualités.
Une Palme d'or du scénario japonaise de 2H10... autant vous dire que je ne m'attendais pas à un rythme aussi soutenu et à une telle richesse d'actions. L'innocence est en fait un véritable thriller lors duquel on ne voit pas le temps passer. Dommage d'ailleurs que ce type de film qu'on imagine chiant (contemplatif à minima) soit markété / vendu comme "masterpiece" "deeply moving" "heartbreaking" alors qu'il est aussi un film "facile". Vraiment. Il a d'ailleurs quelques défauts de ses qualités grand public : - Il se base sur le très utilisé effet Rashōmon (Gone Girl, The last dual...) - La cabane (ou presque) dans la forêt comme refuge des enfants - La BO est aussi ostentatoire que dans une série Netflix - Le scénario et les quiproquos amenant le drame ne sont possible que grâce à l'invraisemblable incapacité des personnages à se parler - le film débute à nouveau avec une prolo esseulée victime d'injustice qui se heurte à une administration insensible - le cœur de l'intrigue se révèle à nouveau être la honte d'être homosexuel
Personnellement j'ai aussi toujours du mal à rentrer / comprendre les personnages asiatiques habité par le sens de l'honneur ou l'expression d'un respect de façade qui n'est en fait qu'un refus de se livrer. Cela parait tellement anachronique dans nos sociétés occidentales où l'on place le dialogue et l'expression des sentiments (le consentement mais pas que) comme une pierre angulaire des relations sociales. En 2023 son utilisation m'apparait moins comme l'expression d'une culture japonaise qu'un artifice scénaristique bien commode pour faire monter la sauce. J'ai aussi trouvé qu'Hori surjouait, notamment dans le final, avec des courses et gesticulations ridicules. J'ai enfin été très surpris du peu de place donné aux écrans et réseaux sociaux dans le processus de harcèlement.
J'ai adoré tout le reste. J'ai été happé dès les 40 premières secondes et la succession des trois plans qui s'élargissent progressivement : les pas dans l'herbe en plan rapproché, le camion de pompier saisi en surplomb et le panorama lointain sur la ville de nuit. Il existe bien quelques temps mort mais le rythme est très soutenu, le dévoilement progressif de l'intrigue maintient le suspense ininterrompu et à l'exception du père ivrogne, les personnages sont suffisamment nuancés pour qu'on s'y attache.
J'ai aussi aimé l'innocence parce que j'ai l'impression de l'avoir compris, j'ai anticipé certains événements et ai aimé découvrir des détails que j'avais loupé (la photo sur le bureau de la directrice, le ridicule du gay en pub télé...).
Enfin j'ai aimé ce film parce qu'en parallèle de sa sombre enquête policière, il parvient à être un chatoyant film sur l'amitié. Il m'a rappelé le bonheur de l'enfance et la magie d'un wagon abandonné. Mais Kore-eda m'a aussi touché en tant que parent car il nous rappelle à quel point le dialogue avec les enfants nécessite attention et interprétation : "j'ai un cerveau de porc" = "je suis attiré par les garçons".
Chacun décidera de l'issue d'une fin dans laquelle la barrière du chemin de fer a disparu car finalement peu importe, on est ému quelque soit le destin de ces deux enfants qui viennent de comprendre qu'il n'y a pas de réincarnation. Cette vie est la seule que nous avons.
Un de mes cinéastes préférés du moment, Kore Eda, et pourquoi ? Car il construit une œuvre sur la famille, les liens filiaux ; et qu’à chaque film, il apporte une nouvelle pierre à l’édifice. A chaque fois on pense qu’il a fait le tour de la question mais il déniche un nouvel angle, une nouvelle problématique. Ce film, Prix du scénario à Cannes, sur l’enfance et la violence à l’école ; est un film en trompe l’œil et en fausses pistes qui traite en fait d’un sujet tabou au Japon qu’il convient de conserver secret tant il fait le sel de la dernière heure de ce film. Plus le film avance, plus la grâce et l’émotion affleurent ; car il se concentre de plus en plus sur les enfants. En avançant, on comprend que le véritable sujet n’était pas celui que l’on croyait ; on est baladé. Au-delà du thème, c’est aussi un film de dispositif : une même réalité vue différemment que l’on soit la mère, l’enfant ou le professeur ; c’est le seul bémol, cette première partie est quelque fois brouillonne. Aussi Kore Eda en quelques plans parvient si facilement à caractériser un personnage, créer du préjugé et nous montrer qu’en fait on s’est tous biens plantés. Le ouïe dire et non dire tiennent une place prépondérante dans ce film et démontre comment la rumeur peut faire des ravages et détruit tout sur son passage. Et quand on attend de ce suspense que le cinéaste nous livre la vérité sur cette histoire de violence scolaire, il prend scénaristiquement un chemin de traverse pour son dernier tiers ; chemin qu’il traite avec énormément de délicatesse sans en faire un sujet de société ou un film dossier. C’est aussi un film sur le mensonge, comment dès le plus jeune âge on doit apprendre à cacher sa vraie nature pour vivre tranquillement et paisiblement. Quel artiste et quel cinéaste de l’enfance ce Kore Eda !!! Et la fin est d’une poésie incroyable tout en symbolisme nippon autour d’un chemin dans la nature. La fin pourrait être larmoyante et tragique, Kore Eda en fait un espoir, son ouverture est magique. Je suis sorti de la salle en me disant, il faut que je le revois ; c’est un film qui infusera dans votre esprit. C’est un film qui durant 2h10 fait travailler le spectateur ; il vous mettra en perpétuel réflexion, c’est jouissif. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Comme très régulièrement ces dernières années, décembre rime avec sortie en salles d'un nouveau film de Kore-Eda.
Après sa Palme d'Or en 2018, pour son très beau Une Affaire de Famille, il avait pourtant peiné à convaincre avec ses deux réalisations suivantes.
On le retrouve ici en très bonne forme pour ce nouveau film dont le scénario a bien mérité son prix au dernier Festival de Cannes.
L'Innocence est loin d'être le premier film à proposer ce dispositif qui consiste à raconter une même histoire du point de vue de personnages différents venant chacun apporter un nouvel éclairage, mais peu l'ont fait avec la finesse et la sensibilité qui caractérisent le cinéaste japonais.
En adoptant tour à tour les regards de la mère, puis de l'instituteur et enfin de l'enfant, il s'applique, pendant une bonne moitié du film, à brouiller les pistes pour finalement lever petit à petit le voile sur le véritable enjeu : la relation atypique entre deux jeunes enfants, dont la force est la liberté avec laquelle elle s'affranchit de tout modèle.
Le film s'est appelé "Monster" dans un premier temps, lors de sa première projection à Cannes. Le mot est répété à plusieurs reprises et les deux enfants ont un jeu qui s'appelle "Qui est le monstre ?", ce qui semble être la question que le film soulève. En insistant sur les difficultés des personnages à se comprendre, à communiquer et à exprimer leurs émotions, c'est la société japonaise, rigide et pleine de carcans, qui semble être pointée du doigt.
Un peu à la manière de Pulp Fiction, l'histoire en soi n'est pas extraordinaire ; c'est le montage narratif qui donne tout son intérêt à ce film plutôt poignant. Il permet au film de se construire autour d'un jeu de questions-réponses qui nous apporte une certaine surprise. J'ai eu malgré tout un peu de mal à accrocher, à mon grand étonnement. Peut-être est-ce dû à quelques légères longueurs.
Dernière sortie de Hirokazu Kore-Eda, le prolifique réalisateur japonais retranscrit à nouveau des problèmes familiaux en lien avec les enfants. La première moitié du film est très bien menée, le cinéaste réussit à nous faire ressentir un profond malaise. On est très intrigué par la réaction du corps enseignant et le comportement des professeurs qui paraît bien étrange. Malheureusement, la 2ème heure est beaucoup moins intéressante. Le film repose alors sur une narration classique décrivant la psychologie de deux enfants perturbés par leur sexualité. Le sujet est originale et la façon de mener le film en laissant planer un grand mystère la première heure est remarquable mais il est dommage que le soufflé retombe. Deception
Le jeune Minato a un comportement étrange. Sa mère soupçonne rapidement son professeur de se comporter violemment avec lui. Mais chacun a sa version / vision de l’histoire. La mise en scène est intéressante, on suit une même intrigue mais par le regard de plusieurs personnages : la mère, la directrice de l’école, le professeur, l’enfant. Chaque version apporte une part de vérité qu’on découvre au fur et à mesure du film. Le procédé n’est pas très marqué et en première partie de film, on est un peu dans l’incertitude concernant quelques éléments qui manquent de clarté. Malgré tout, l’intrigue est très intéressante, le sujet est fort, on est tenu en haleine.