Là où ceux qui ont adoré, semblent n'avoir vu que l'amitié forte (homosexualité ?! ) de 2 enfants en CM2..., je n'y ai vu que l'accusation dramatique d'un professeur qui n'y est pour rien. Et même si le montage est intéressant, je n'ai aimé aucun des personnages, au comportement tous aussi étranges les uns que les autres. Franchement, il y a un truc qui cloche et il m'a été impossible de trouver cette amitié sympathique au vu des dommages collatéraux engendrés. Tout ça est très long et se focalise sur une bluette enfantine alors que le drame est ailleurs. Bref, j'ai trouvé ça très mauvais et ennuyeux. À la maison, j'aurais arrêté lors de la première visite de la mère auprès de la directrice et les professeurs. J'aurais évité de perdre 1h45 de plus de ma vie...
Film à la fois social et romantique, l'innocence émeut et fait réfléchir à la fois. Si les thématiques soulevées (enfance, harcèlement, famille monoparentale, etc.) sont lourdes, le film n'est pas déprimant pour autant.
Quand on n'est pas sûr d'avoir tout compris en sortant d'un cinéma, on se dit que le film a des défauts (en général, on n'est pas enclin à reconnaître qu'on peut être soi-même la cause du problème). Le film serait donc mal ficelé, et c'est forcément la faute au réalisateur, qui a compliqué les choses... C'est un fait, c'est un film complexe. Dans sa forme, et dans son contenu, à la fois. Complexe comme l'est d'ailleurs l'être humain et sa psychologie. Encore plus complexe que ça : comme l'est l'enfant. Mais aussi comme peut l'être une enquête policière, ou la justice à rendre, surtout. Et finalement, encore un peu plus quand ça se passe au Japon ! - Le pays de la politesse, des courbettes, de la discrétion... qui parfois nous semble compassé.
L'histoire n'a pas vraiment un début et une fin (elle est pourtant revisitée, diversement, par des flashbacks) ; elle n'a pas non plus de personnages principaux et de personnages secondaires (tous les personnages finissent par devenir principaux). Et pourtant, l'histoire est palpitante, surprenante ; il y a un véritable suspense, il y a beaucoup d'émotions, qui réveillent en nous de la compassion, de la colère, de l'incompréhension (justement) - pas une seconde n'est comique ou relaxante. On est fatigué d'être subjugué, en quelque sorte...
C'est un film philosophique. On ne compte pas les propos dignes d'être encadrés, de figurer au-dessus de la cheminée ou sur un fronton. Même s'il faut du temps pour les digérer. D'ailleurs la difficulté se loge jusque dans le titre ("monstre" au festival de Cannes, "l'innocence" maintenant - quel rapport ? et pourtant il y en a un).
C'est un film militant aussi, qui dénonce le conformisme de tous, l'irrespect envers l'autre, quel que soit l'âge. Avec une petite déclinaison pour la société japonaise (le recours à l'alcool, le "bar à hôtesses", la délicatesse...). Militant et courageux (on n'imagine pas, au cinéma ou dans la vie, un gamin avouer qu'il est amoureux d'un autre).
Un film d’une delicatesse rare, qui vous entraine de suppositions en suppositions et par un jeu d’aller retour déconcertant jusque dans la complexe intimité des jeunes protagonistes. Ce film bouleversant et tellement dense a largement mérité sa palme d’or du scenario à Cannes
Les trois périodes sont tellement caricaturales que le scénario perd toute sa crédibilité. On a du mal à s'attacher aux personnages si bien que l'on peut s'endormir à certains moments, mais le réveil est assuré par la musique.
A vu "L'innocence" le dernier film du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda qui a obtenu le Prix du scénario et la Palme Queer lors du dernier Festival de Cannes en 2023. Le metteur en scène est fidèle une fois de plus à ses thèmes de prédilection principalement la chronique familiale et l'enfance tout en abordant le deuil, le mensonge, l'abandon... Il est très difficile de parler de ce nouvel opus sans en rien dévoiler, sachant que le thème principal du film est révélé à la toute fin du long métrage. Tout en restant indéfectible à ses sujets qui lui tiennent à coeur, Kore-Eda aborde pour la première fois une forme complexe et qui sert totalement le propos de son film. Pour illustrer la population japonaise enfermée dans le non-dit, dans le souci des apparences, écrasée sous le poids d'une société pesante et très présente dans la destinée individuelle, le réalisateur nous donne à voir un film-triptyque sous forme de puzzle à qui il manquerai des pièces, comme cette vue nocturne sur la ville qui contient un trou noir en son centre et que l'on devine être un lac, image centrale du film. Un mère élève seule son fils qui devient de plus en plus étrange, elle en déduit qu'il est maltraité par son instituteur. De là va naitre une spirale infernale. Par toutes petites touches emplies de pudeur, de poésie, d'onirisme mais aussi d'humour décalé, le réalisateur construit une mécanique qui demande au spectateur d'être actif. Le film laisse d'ailleurs une emprunte certaine plusieurs jours après sa projection. Est on sur d'avoir bien vu ce qu'on nous montre ? Est-on certain d'avoir compris ce qu'on nous donne à entendre ? "L'innoncence" est magnifiquement interprété et les enfants sont assurément de très grands acteurs. Film et titre à tiroirs qui demande à être vu à plusieurs pour pouvoir mieux partager ses impressions, et même à être revu.
On comprend pourquoi ce film a obtenu le prix du meilleur scénario à Cannes. Le début ne laisse pas entrevoir l'innocence donnée au titre du film. La seconde partie se déroule comme un révélateur de toutes les scènes initiales. Un traitement livré avec un certain brio par les deux petits acteurs magnifiques. Jeux d'enfants et jeux d'interprétations face à des adultes qui se perdent dans la supposée perception des faits qui se déroulent dans une école. Pour moi, le tour de force eut été plus réussi avec 20 à 30 minutes de moins. A voir !
Le jeu d'acteurs des enfants est bon, les paysages et la façon de filmer aussi mais le choix de montage des scènes est décousu et le scénario peine. On pense avoir à faire à un film à la fois sociétal, un polar puis d'amitié ou sentimental. Les genres sont trop mélangés et mal amenés. La confrontation parent/prof est mal exploitée malgré une première partie intriguante. La dernière demi heure je ne savais même plus où le film voulait en venir et j'ai failli partir avant la fin.
Quelle tristesse d’être déçu par un film de Kore Eda dont j’aime tous les films depuis que j’ai découvert Nobody Knows. Bien sûr on y retrouve son talent pour s’infiltrer dans la cellule familiale et pour en explorer les mystères. Mais cette fois ci le mystère, le secret, est tellement dilué et l’histoire si inutilement tarabiscotée que l’on perd vite pied et que l’on se désintéresse de l’enjeu du récit. Cela semble bien long avant le dénouement final qui n’en est pas un car il n’éclaire que très partiellement les zones d’ombre des personnages et du scénario. Reste la belle musique de Ryuichi Sakamoto, hélas disparu depuis, et la douceur de la camera lorsqu’elles s’attache à ces deux enfants.
L'innocence, c'est celle qui empreint et bouscule à la fois les sentiments des enfants, mais aussi celle d'un adulte accusé à tort ou qui s'accuse des fautes d'un autre par amour. C'est celle des rêves qui ne peuvent pas être engloutis sous des torrents de boue.
Jolie histoire d'amitié masculine mise à l'épreuve par le regard des autres. Un peu alambiqué et décousu, on s'y perd parfais mais la fable est belle. Et les deux jeunes acteurs sont épatants.