L'Innocence
Note moyenne
4,1
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252 critiques spectateurs

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Bruno Jaguin
Bruno Jaguin

5 abonnés 108 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 juin 2024
Personnellement j’ai pas trop accroché ,j’ai trouvé le film assez long mais pas dénué d’intérêt mais c’est pas trop mon style
Nico78b
Nico78b

46 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juin 2024
Je pensais pas faire une review aussi longue pour ce film mdrr, mais il a des choses à dire l'ancien il débite. Vous trouverez dans cette review (de 1200 mots) des commentaires pertinents, et des passages divertissants. Peut-être je vous arracherai un soufflement de nez couplé d'une esquisse labiale, ou peut-être récolterai-je un tas de "WAA il fait tiep lui il raconte quoi mdrr". Dites-moi en comm dans quel camp vous vous situez ;).

Ok je vais commencer par le positif pour montrer que je ne suis pas qu'une brute sans coeur insensible à la délicatesse et à ce qui est Kawai-nee ^^.

Une des grandes réussites de ce film, c'est d'interroger sur la famille et la figure du père absent - ou, dans le cas de Hoshikawa, défaillant. Il le fait avec une touchante délicatesse, mais aussi - comme c'était déjà le cas dans "Une affaire de famille" - en égratignant les faux-semblants de la société japonaise, son formalisme excessif, son illusion à vouloir résoudre le moindre différend par la présentation théâtralisée d'excuses outrées. Que ce soit au travers des enfants et leur méchanceté puérile, ou bien des adultes et leur jugement tranchant, ce film aborde aussi parfaitement le thème si cher au Japon du regard extérieur, de la fausse perception et des répercussions que peuvent avoir des rumeurs.

Ok il faut savoir que lorsque j'écris ma review, j'écris ce qu'il me passe par la tête, je regarde d'autres critiques puis je structure. Je commence toujours par le négatif parce que je suis un rageux, puis je me concentre sur le développement du positif. Et il faut dire qu'à froid, je reconnais que ce film présente quand même beaucoup + de qualité que ce que ma première impression ne me laissait penser. Donc le dernier point positif de ce film, est la manière dont est emmenée la marginalisation. Dans une société où les apparences font tout, où il faut se fondre dans la masse en étant un "homme fort qui aime les femmes", le tabou de l'homosexualité, surtout infantile, vient emmener une nouvelle couche de sens à l'histoire. Alors qu'on imagine d'abord Mugino comme étant un malade mental, on évolue ensuite vers une perception de l'enfant comme étant un bully, puis finalement on a son POV et comprend qu'il est un être sensible et ne trouve juste pas sa place dans la société. On peut prendre ca comme une leçon de vie, ne pas juger avant d'avoir tous les éléments d'une question. Ceci est aussi valable pour le professeur qu'on imagine d'abord comme étant une enflure solitaire et pervers, puis notre perception évolue (même si je le pressentais qu'il était pas si méchant :P )).

Voila pour le positif. Je pourrais aussi y ajouter la musique, je suis d'humeur généreuse aujourd'hui.

Maintenant, passons à ce qui intéresse mon audience (= extrêmement peu de monde): le négatif.

Déja, ce film n'aura pas de place dans mon coeur car s'il se passait à Cergy Pointoise où Sucy-en-Brie (=pas au Japon), i prefer not to speak. If I speak I am in big trouble.

Ils veulent faire un film effet Rashomon? Bah on va comparer avec Rashomon hihi :P
Encore dans Rashomon , on avait des personnages intenses défendant délibérément leur propre honneur, le tout avec des plans très significatifs et une histoire aux évènements marquants. Ici, les persos ne sont pas proactifs, ils se laissent aller par les évènements, manquent un peu de présence et les évènements "plaque tournante" du récit ne sont que peu profonds (un coup dans le nez --> est-ce fait exprès ou pas ? pas assez dramatique imo...)

(le paragraphe suivant a été écrit dans un élan d'ennui au travail, mais il est passionnant).

Comme beaucoup devant ce film, j'ai croisé la route de mon ennemi d'antan, je dirai même que j'ai croisé le fer avec celui qui rode et contre lequel les réalisateurs mènent une guerre totale. De tous temps, les hommes ont essayé de le dompter, de le tromper où simplement de lui échapper. Encore une fois, malgré un bel effort de ma part, je me retrouva face à lui, désemparé. Vous le connaissez tous, cet ennemi naturel de l'homme, cette plaie pour l'humanité, cet tourment éternel, cet adversaire avec lequel je lutte à l'heure ou je vous parle, j'ai nommé: l'ennui. (J'aurai juste pu dire: je me suis fait chier. Mais tu connais storytelling tout ca, faut faire rêver autrui). Et ce notamment vers le milieu et début de la fin, où j'ai été fortement tenté par ce malicieux et espiègle téléphone (que j'avais pourtant écarté). Dans la pénombre de la salle, la seule source de lumière provenait d'en face de moi: le film. A ma gauche, légèrement derrière, posé sur un siège, je ressentais sa présence, il m'appelait, il me suppliait de le prendre en main et jouir de ses plaisirs. Je n'ai néanmoins pas succombé à la tentation. Comment ai-je fait me demanderiez-vous. C'est simple, je me suis attelé à une série de calculs mentaux complexes et aboutis pour arriver au résultat suivant. J'ai estimé la probabilité d'avoir une notification aux alentours de 3.25%. Entre 2.23% et 3.47% pour être précis. J'ai donc décidé d'augmenter ces chances (pour booster mon ego) en laissant passer le temps et en laissant le soin à tous mes amis, à toutes les filles qui me courent après (0) de quémander mon attention par l'intermédiaire d'un message. Pour ceux que ca intéressent, à la fin du film j'avais aucune notification. A part FlashScore qui m'annonce le retour d'Antoine Kombouare au poste d'entraineur du FC Nantes. Bref. J'avais juste mal calculé.

Bon je vais pas m'étendre sur le sujet, je sais que ma vie sociale vous intéresse énormément mais je vais revenir sur notre pièce de boeuf. Je pense que ce film aurait gagné à avoir une vingtaine de minute en moins, ne serait-ce que pour garder l'audience captivée.

spoiler: Finalement, et par suite logique, le fait d'avoir un peu décroché a rendu la finalité du film très mièvre. Le moment de "libération" à la fin n'a pas tellement eu l'effet escompté, je trouvais pas ca touchant dans le sens ou tous leur problèmes ne sont pas réglés. La dernière scène est censée provoquer un sentiment de soulagement, les problèmes sont derrière eux, ils ont passé la tempête (figurativement et littéralement). Mais le fait est que le petit Hoshikawa va retrouver son daron violent alcoolique et homophobe, et que Mugino va retourner à l'école ou il va se faire bully quoi.. Donc voila leur cri final de libération ne m'a pas attrapé au vol, et je suis sorti du film avec comme un sentiment d'inaccompli.


Néanmoins, je reconnais que ce film présente des qualités. J'hésite entre 3 et demi et 4, et je ne vais pour cette fois pas suivre le noble adage "when in doubt, go for the lower rating", puisque le principal obstacle que j'ai rencontré sur le chemin de l'appréciation de ce film n'est qu'un ennui partiel.

Pour ceux qui ont lu jusque la je sais pas ce que vous avez à faire de vos vies, force à vous trouvez un taff ptn
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 avril 2026
Monster, sorti en France sous le titre L’Innocence, s’ouvre sur l’inquiétude d’une mère face au comportement de son fils Minato. Elle soupçonne un enseignant d'être responsable de ses maux. L’école invoque son protocole. Les versions s’écartent. Le film ne construit pas un suspense orienté vers la désignation d’un coupable. Il examine le mouvement de l’accusation en déplaçant la question des faits vers celle de notre rapport aux faits.

Sa structure en triptyque rejoue les mêmes événements selon des points de vue successifs. Contrairement à Rashōmon, les faits ne se contredisent pas radicalement. Ce qui varie, c’est l’angle moral. Une parole isolée change de poids, un geste se charge d’une autre signification. Kore-eda montre combien une vérité partielle devient dangereuse lorsqu’elle se croit totale.

Dans le premier mouvement, la caméra se tient au plus près de la mère et de ses angoisses. Les cadres sont souvent serrés, les échanges avec l’institution scolaire, avec leurs excuses standardisées et leurs formules polies, deviennent des scènes closes et théâtrales, où le langage fonctionne comme un rempart. L’école est défensive, préoccupée par sa cohérence. Le spectateur, lui, partage l’indignation de la mère, participe à la simplification.

Lorsque le film se déplace vers le point de vue de l’enseignant, les mêmes scènes acquièrent une autre tonalité. Ce que l’on avait perçu comme froideur peut apparaître comme maladresse, ce que l’on croyait violence peut relever d’un malentendu. Il révèle notre empressement à conclure. Nous avons jugé avec la mère. Nous avons interprété des signes.

Le troisième segment, centré sur les enfants, ouvre l’espace. Les adultes s’effacent, la mise en scène s’aère. Les espaces s’ouvrent vers d'autres lieux : la friche, les tunnels, les rails abandonnés. La caméra retrouve une mobilité, attentive aux gestes, aux regards. La relation entre Minato et Yori quitte le terrain de l’accusation pour explorer l’indécision de l’enfance, ce moment où le désir n’a pas encore trouvé ses mots.

Le thème du harcèlement est ainsi déplacé. Les adultes interprètent des fragments, transforment des signes isolés en preuves. Le malentendu devient le véritable drame. Le « monstre » du titre circule alors d’un regard à l’autre. Il prend le visage de l’enseignant, celui de l’enfant marginalisé, celui d’un collectif prompt à figer et condamner.

Dans la course finale vers un horizon incertain, la perception du réel se trouble légèrement. Kore-eda maintient l’ouverture du récit. Une conclusion tranchée contredirait le geste du film. Si juger apporte un sentiment d’ordre, regarder implique de déplacer sa position, encore et encore.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2024
Récompensé au festival de Cannes, le scénario est, en effet, très impressionnant dans la précision de son écriture. Il reprend le principe du triple point de vue de "Rashomon", mais plus que le même récit perçu différemment, on a affaire à trois histoires avec leur propre thématique qui s’entremêlent. La première parle des difficultés d’une mère célibataire, la deuxième de la violence et la lâcheté des institutions et la troisième des émois préadolescents. Kore-Eda confirme qu’il est un fin observateur de son époque et un brillant directeur d’acteurs.
David B.
David B.

54 abonnés 592 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 mai 2024
Après une première partie prometteuse et intrigante, je me suis fait gravement hièche à partir de la moitié du film. C'est à ce moment qu'il ne se passe pas grand chose, si ce n'est des scènes d'enfance étirées en longueur. Dommage car c'est filmé avec poésie, avec différents points de vue.
Anaël Le Boëdec (Ana)
Anaël Le Boëdec (Ana)

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 mai 2024
Je respecte ceux qui ont mis une bonne note mais ce n'est vraiment pas mon univers.
C'est franchement pas terrible, on reste sur notre fin. Il y a tellement de choses qui auraient pu être corrigées.
Les fleurs des cerisiers qui tombent c'est tellement beau 
Une vraie perte de temps !
FaRem

10 571 abonnés 11 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2026
« Ce qui s'est réellement passé n'a aucune importance. » Au moment où cette phrase est prononcée, cette parole fait l'effet d'une bombe. Un signe d'abandon comme si l'image donnée était plus importante que les faits. Cependant, Hirokazu Kore-eda ne s'arrête pas là et nous raconte cette histoire à travers différents points de vue, ce qui va tout changer... C'est le véritable coup de force du réalisateur japonais puisque chaque point de vue apporte une lecture différente que ce soit sur l'éducation, la scolarité, le harcèlement scolaire, la solitude, la monoparentalité, l'éveil émotionnel et tout ce qui est abordé dans ce film très riche en thèmes et en perspectives qui met en garde contre les interprétations subjectives et les préjugés. On passe d'un film révoltant sur les failles d'un système scolaire à un magnifique conte sur l'innocence et la vulnérabilité de l'enfance. Bref, un très bon film à la fois remarquablement bien écrit et incarné.
Paul O.
Paul O.

31 abonnés 41 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 avril 2024
Le film le plus émouvant de 2023 ! Un modèle de pudeur qui impose le respect et qui questionne notre rapport à la vérité
Chinch
Chinch

29 abonnés 44 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2024
bien mais un peu long et confus. Les personnages sont pour la plupart assez gênants, ils réagissent étrangement à ce qui leur arrive et j'ai eu du mal à comprendre certaines histoires à l'intérieur du film genre celle de la principale par exemple. Et la morale finale ??? spoiler: Le seul moyen de trouver le bonheur au Japon pour un homosexuel est dans la mort ???
Bibi
Bibi

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 avril 2024
Film très touchant, j'ai adoré cette histoire qui révèle les problématiques de la jeunesse, les acteurs sont très forts
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2024
Étonnant dans sa construction en trois parties – chacune d’entre elles racontant la même histoire d’un point de vue différent – L’innocence vaut surtout pour son dernier segment, particulièrement émouvant. Avant d’en arriver là, Hirokazu Kore-eda et son scénariste Yūji Sakamoto nous offrent des angles toujours intéressants, mais un brin alambiqués et dont on peine parfois à comprendre la pleine utilité. Il n’empêche que ce tendre portrait des exclus de la société japonaise vaut le détour. Avec deux jeunes acteurs superbes : Soya Kurokawa et Hinata Hiiragi et l’une des dernières partitions de Ryūichi Sakamoto, décédé en 2023.
elriad

518 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2024
En trois parties symbolisées par un incendie d'immeuble, le réalisateur adoré de la croisette Hirokazu Kore-eda ( 8 fois en compétition à Cannes, plusieurs fois fois récompensé dont une palme d'or pour " Une affaire de famille") livre un film plutôt aussi abscons qu'énigmatique, au risque de perdre le spectateur en route. Les scénarios les plus simples sont parfois les meilleurs et le choix du réalisateur japonais de ne livrer qu'en toute fin de métrage quelques clés nuisent à l'émotion et m'ont laissé sur le bord du trottoir.
Christiansatine
Christiansatine

10 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2024
Encore un grand film de Hirokazu Kore-Heda. La narration est sublime. Film poétique. A voir absolument !
christophe gomes
christophe gomes

10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mars 2024
J’ai été touché par cette histoire. Le scénario est bien maîtrisé pour nous faire comprendre l’histoire rapidement sans nous dire vraiment le fond du propos. J’ai deviné sans être sûr au bout d’une vingtaine de minutes, et la fin du film confirme le propos. Les acteurs sont justes, l’histoire est belle et déchirante à la fois. Les différents points de vues nous montre des choses différentes et non des répétitions. Bravo
Kiki Etu
Kiki Etu

4 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 décembre 2024
Après le Tokyo de Perfect Days, retour au Japon dans une petite ville au bord d’un lac, proche de la côte Est, pour un film bien différent et tout aussi réussi, avec des dimensions que le film de Wenders, très beau au demeurant, ne possède pas : un suspens, une tension, des enjeux.

L’Innocence, c’est d’abord un petit bijou scénaristique (Yūji Sakamoto) qui prend la forme d’une narration complexe, plusieurs récits parallèles sans chronologie apparente, dans la première partie du film. Récits de micro-évènements vécus ou fantasmés par des témoins périphériques (parents, enseignants, communauté éducative). Micro-événements qui constituent, ils ne le savent pas encore, autant de stratagèmes visant à les détourner d’une vérité qu’ils jugeraient, a priori, inacceptable.

Narration qui va dévoiler peu à peu son sens, le secret de ses deux principaux héros instigateurs. Deux jeunes garçons, aux comportements étranges, qui s’obligent à cacher, d’abord à eux-mêmes, leur affection, leur amitié-amour, pour ne pas affronter le jugement de leur environnement. Leurs grands et petits mensonges vont provoquer des situations conflictuelles et dangereuses dont on cachera le dénouement.

L’Innocence, c’est aussi une interprétation parfaite de tous les acteurs-personnages, enfants comme adultes. Et une mise en scène équilibrée, sans emphase, signée Hirokazu Kore-eda, maîtrisant les scènes intimistes aussi justement que la violence du tsunami qui déferlera sur la petite ville.

J’ai passionnément suivi ce double récit de faux-semblants, leurs retentissements sur les enfants et sur leurs proches. Jusqu’à ce que ces derniers, et nous spectateurs, comprenions enfin la vérité qu’ils masquaient, découvrions les territoires cachés de leur belle histoire (le tunnel enfoui, le wagon abandonné…). C’est parfois un chemin long et éprouvant, l’acceptation de soi…

Mention spéciale pour la magnifique partition de Ryuchi Sakamoto, délicate composition au piano-synthé, entre néo-classicisme et minimalisme, qui se fait l’écho des sentiments et des émotions. Le film lui est d’ailleurs dédié.

Ryuchi est décédé en mars 2023, avant la projection du film au festival de Cannes. A quand une Palme de la meilleure musique originale ? Qu’il aurait bien mérité pour ce film et pour quelques autres (Furyo,Le dernier Empereur, The Revenant…)
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