The Cord of Life
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "The Cord of Life" et de son tournage !

Récompenses

Prix de la meilleure technique au 4e Festival international du film de Hainan en 2022

Sélection officielle au 35e Festival international du film de Tokyo, section Asian Future en 2022

Dans la cour des grands

Scénariste de plusieurs films (La Distance avec la lune, Le Cavalier des rêves…), Sixue Qiao signe avec The Cord of Life son premier long-métrage en tant que réalisatrice.

Renversement des rôles

Sixue Qiao a eu l’idée de The Cord of Life en rencontrant il y a plusieurs années, dans une rue en France, une femme atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cette rencontre a eu un effet particulier sur la réalisatrice qui, à ce moment, était confrontée à la dépression et aux pensées suicidaires de sa mère, du même âge que cette femme. Prenant conscience que sa mère vieillissait et qu’elle était peu à peu contrainte de s’occuper d’elle, la cinéaste a donc réfléchi à cette idée autour de l’inversion des rapports parents/enfants en raison de la vieillesse. Un sujet qui l’a amené à poser les bases de ce qui allait devenir plus tard son premier film comme réalisatrice.

Un titre évocateur

Le titre original du film, Qi Dai, signifie en mongol "cordon ombilical". Dans cette langue, il n’a pas uniquement une connotation physique mais revêt également des significations plus profondes puisqu’il évoque des notions fondamentales comme la transmission et la connexion.

Dans la tradition mongole, le cordon ombilical de l’enfant est placé dans une petite poupée suspendue au-dessus de son berceau. Cela est à la fois un symbole de vie mais aussi un rite de protection. D’autre part, à l’image de la corde avec laquelle est attachée la mère d’Alus dans The Cord of Life, on attache également une cordelette aux enfants lorsqu’ils commencent à marcher afin d’éviter qu’ils ne se perdent dans la steppe.

Le bleu en majesté

Sixue Qiao a choisi de proposer plusieurs nuances de bleu à l’écran, qui est incontestablement la couleur reine du film. Un choix qui s’explique par la croyance en la philosophie chromatique mongole qui explique que le bleu (khökh, en mongol) est le symbole de l’éternité et du sacré. D’autre part, la cinéaste s’est appuyée sur des recherches scientifiques indiquant que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer conservaient plus longtemps la capacité à distinguer les couleurs froides. De cette manière, le dégradé de bleus du film devient une métaphore visuelle du processus de disparition de la mémoire.

Un passage

À l’origine, le film se terminait autrement. Puis un jour, la réalisatrice a découvert dans une vidéo un "arbre du Yin-yang". Il s’agissait de deux ormes, l’un complètement desséché, l’autre en pleine vie, enlacés l’un à l’autre. Sixue Qiao est allée voir de ses propres yeux cet arbre et s’en est inspirée pour la fin de son film. Ici, l’arbre mort transfère ce qu’il lui reste de vie à l’autre. La mort n’est alors plus la fin de quelque chose mais un passage, une transmission. De manière métaphorique, cela marque un lien avec les ancêtres, mais aussi un lien entre la ville et la nature ou encore celui entre les civilisations anciennes et le monde moderne.

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