Stopmotion
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RedArrow

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3,5
Publiée le 22 mars 2024
Dans une boîte de nuit, la fureur des projecteurs s'abat sur la silhouette d'Ella, figée seule au milieu des lieux. Les clignotements des lumières colorées ont beau nous laisser entrevoir son visage, il ne semble pourtant jamais être le même, un panel d'expressions contradictoires s'y dessine sans interruption jusqu'à parfois emmener les traits de la jeune femme vers quelque chose qui n'a plus rien d'humain.

Ella est un être indéfini, dont les contours restent à sculpter, et la séquence d'ouverture de "Stopmotion" nous le dévoile magistralement en quelques secondes par cette superbe idée de mise en scène. Ella est une femme sans âge, coincée quelque part entre une figure maternelle vieillissante et austère, spécialiste renommée de l'animation en stop motion pour qui elle joue les assistantes serviles, et les échos de plus en plus lointains de ses aspirations de jeunesse que son moi adulte ne paraît plus savoir comment embrasser ou même quitter (cette notion d'entre-deux étouffant, on peut parler d'étau, se retrouve d'ailleurs au sein de quelques éléments des décors). Comme elle le dira elle-même, elle n'a pas trouvé sa voix (et non sa voie), sa singularité qui pourrait donner un véritable fil conducteur au marionnettiste derrière ceux de sa propre existence.

Touché par un drame qui coupe justement un de ces fils/piliers fondamentaux de façon abrupte, Ella y voit une possible opportunité de se réaliser enfin par elle-même grâce à ses créations artistiques. Mais la perte de repères induite par ce bouleversement sera en réalité trop grande, insurmontable et, au lieu de guérir ou de se définir par l'art, la jeune femme va complètement y perdre pied, dévorée par une descente aux enfers où chaque point d'appui vers un possible échappatoire paraît s'effriter pour l'enfermer un peu plus dans ses ténèbres faites de créatures pas si inanimées...

Tout cela va permettre au premier film de Robert Morgan (ayant évolué depuis une trentaine années dans le monde de la stop motion à travers des courts-métrages renommés) de faire rimer "Stopmotion" avec un univers psychanalytique peuplée de "puppets" morbides et vampirisant l'esprit de son héroïne de manière obsessionnelle jusqu'au point de non-retour. Et, bon sang, si le fond du parcours n'est pas le plus original qu'il soit dans ses grandes largeurs (l'artiste torturée se perdant dans les méandres de ses oeuvres reflets), les outils utilisés pour le matérialiser à l'écran font brillamment leur job afin de nous faire ressentir au plus près l'atmosphère glauque de la cage mentale de folie dans laquelle s'est enfermée Ella. Ses "élans" créatifs vont en effet induire de multiples séquences en stop motion malsaines pour ensuite les mêler à une réalité où la lumière littérale de l'environnement, ainsi que les maigres lueurs d'espoir apportés par ses rares proches, ne font que s'amenuiser au profit de la prolifération des abîmes de ses tourments intérieurs.
Tout autant à l'aise esthétiquement sur les représentations anxiogènes du monde imaginaire de son héroïne que sur les éclats de chair du réel devenant de plus en plus nécessaires à sa création (l'ombre d'un certain Cronenberg plane sur cet aspect), Robert Morgan peut également compter sur le soutien sans faille de son excellente comédienne principale Aisling Franciosi (révélée dans "The Nightingale" et depuis vue dans "Le Dernier Voyage du Demeter"), un atout ô combien précieux pour nous faire partager viscéralement le désespoir aveugle d'une héroïne engloutie par sa quête d'identité.

On espère que Robert Morgan va définitivement choisir de s'installer dans le long format car "Stopmotion" nous fait découvrir un cinéaste qui sait avec talent faire ressortir les déchirures humaines à travers sa propre grammaire artistique, où le bon goût du bizarre se dispute à celui de l'émotion la plus intime et dévastatrice, à l'image de cette "simple" séquence sur les mains dans une chambre d'hôpital, synonyme à elle seule du hurlement de détresse permanent d'Ella.
On sera là pour le deuxième film, à ne pas en douter.
Frédéric M.
Frédéric M.

239 abonnés 2 154 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2024
Un très bon film d'horreur, bel hommage au stopmotion. Alternant scene d'animation en stopmotion et intrigue à l'atmosphère lourde avec une actrice convaincante. Un final très grand guignolesque qui marque les esprits.
Gab
Gab

11 abonnés 128 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 avril 2024
Que dire de Stopmotion ?
Bonne surprise.
L'animé en est grandement responsable mais pas que.
Les effets spéciaux hors animés sont bons, le scénario tient la route, bonne réalisation, acting sympa.
Bref, je pense que tout est réuni pour passer un agréable moment devant ce film à caractère horrifique.
Pas mal du tout !
CannetteBranagh
CannetteBranagh

40 abonnés 10 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 août 2024
Sympa, sans plus. En fait le film expose un peu trop vite ses cartes, ne joue pas plus que ça avec son concept, et ça n’aide pas que l’histoire de la fille émasculée par sa mère et qui pète un câble ait déjà été vue mille fois. Sinon, c’est pas déconnant, c’est bien filmé, mais c’est pas la dinguerie du siècle, c’est très prévisible voire programmatique comme film.
MFede
MFede

1 abonné 43 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2025
Vu sur Blu-ray. C’est un film d’horreur psychologique visuellement très beau, qui mise toutefois sur un gore poussé dans certaines scènes. Très originale aussi, l’alternance entre stop-motion et caméra traditionnelle. Approuvé.
FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mars 2024
Robert Morgan, qui est connu pour ses nombreux courts-métrages en stop-motion, réalise son premier long-métrage dans l'univers qu'il connaît bien. On suit Ella Blake, animatrice en stop-motion, qui a du mal à déployer ses ailes après avoir vécu dans l'ombre de sa mère, une référence dans le milieu. En manque d'idées pour lancer sa propre carrière, elle va trouver son inspiration de façon inattendue... Robert Morgan, qui dit s'être inspiré de sa propre expérience lorsqu'il travaillait sur un court-métrage, dresse le portrait typique d'une artiste torturée et socialement inadaptée qui spoiler: sombre peu à peu dans la folie avec une frontière de plus en plus mince entre fiction et réalité.
Le fait que ça se déroule dans cet univers-là est vraiment intéressant notamment pour voir l'envers du décor d'un tournage ou encore le processus de création minutieux, mais c'est quelque chose de finalement peu exploité. Si l'amalgame entre les deux univers est bien intégré avec l'un qui prend progressivement le pas sur l'autre, j'ai trouvé cette descente aux enfers décevante. Il y a un problème de rythme et les scènes en parallèle avec le petit ami et sa sœur n'apportent pas grand-chose. On a juste envie de voir Ella plonger toujours plus dans son univers sombre et glauque pour voir jusqu'où elle va aller. Il y a de bonnes idées notamment sur le plan visuel, mais l'ensemble m'a laissé sur ma faim.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 867 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juin 2024
Sur la forme comme sur le fond, voilà un premier long-métrage audacieux et étrange dans tous les sens du terme. La technique d’animation qui donne son nom au titre du long-métrage consiste à animer image par image des personnages dans de faux décors pour donner l’impression de mouvement. Elle a été utilisée dans de nombreux films d’animation tels que « Chicken Run » avec des figurines en pâte à modeler ou encore avec l’illustre « L’étrange Noël de Mister Jack ». Complexe et fastidieuse, elle occasionne un rendu original et authentique qui change des images de synthèse. Il est important de le préciser car cette pratique d’animation est à la fois au centre du film, qui en fait son sujet en plus du personnage principal dont c’est le métier, mais également car « Stop Motion » en contient quelques séquences. En effet, puisque le projet que réalise Ella, l’héroïne, devient petit à petit la réalité pour elle et qu’on en voit donc des extraits s’immiscer dans le réel. Dit comme cela, ça peut effectivement sembler bizarre. Et ça l’est, et souvent dans le mauvais sens du terme.

Le personnage principal est ici l’assistante de sa mère, grande figure de la stop motion, qu’elle aide à finir son film car elle souffre d’arthrite qui limite ses mouvements. Lorsque celle-ci - qu’on devine castratrice et impitoyable - a un malaise, sa fille se met en tête de le finir puis bivouaque sur un autre projet inspiré par une gamine vivant dans l’immeuble où elle a son atelier. À partir de là, la réalité va se mélanger à la psyché dérangée d’Ella qui voit ses créations peu à peu prendre vie, la hanter et lui vouloir du mal. Le trouble dissociatif mis en branle ici est plutôt bien rendu mais ses raisons demeurent bien trop peu expliquées et développées. Tout juste on peut supposer que ce sont les rapports avec sa mère qui ont permis cela. Comme si Robert Morgan, pour son premier essai, souhaitait vite évacuer les raisons pour passer aux conséquences et à la partie horrifique. Mais c’est préjudiciable aux fondations du film qui perd en profondeur.

Les séquences horrifiques en stop motion mettent mal à l’aise, comme beaucoup de séquences de ce « Stop motion » fait film, mais l’univers dans lequel évoluent les personnages est bien trop limité (deux appartements et un bout de forêt) rendant le tout très cheap. Et la mise en scène de Morgan est extrêmement pauvre et fade, rendant le long-métrage pas très agréable à regarder esthétiquement. Certaines scènes sont trop étranges et répétitives et ce côté bizarre est davantage repoussant que plaisant. On peut se rattraper sur ce climat putride qui culmine dans un épilogue assez extrême et intense que les amateurs de gore vont adorer. Versant vers le body horror aussi bien dans des séquences en prises de vues réelles que lors de celles où est utilisée la technique du titre, il vaut son pesant de cacahuètes à ce niveau. Hormis cela, cette drôle d’idée n’est pas vraiment maîtrisée ici et accouche d’un film visuellement pauvre et au scénario boiteux.

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hénéris
hénéris

4 abonnés 16 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 septembre 2025
Film vu en VOD. Sortant un peu des sentiers battus, Stopmotion intrigue au premiers abords mais devient de plus en plus nébuleux au fil de son déroulement. Quelques questions sans réponses qui amènent sur une fin qui nous laisse sur sa faim.
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