C'est à une très belle rencontre amoureuse que nous convie Marija Kavtaradze (Lituanienne, avec des origines géorgiennes) dans Slow, celle d'une danseuse et d'un interprète du langage de signes, montrée avec une fantaisie et une élégance qui séduisent. La question de l'asexualité n'a été que peu abordée au cinéma et elle l'est ici accompagnée de beaucoup de finesse, avec sous-jacente cette question : comment le désir, ou son absence, contribue ou empêche un couple de s'inscrire dans la durée ? La réalisatrice n'a pas peur d'installer des silences qui font partie intégrante de l'incertitude d'une histoire d'amour qui commence et dont il est difficile de prévoir la progression. Slow parle de l'intime dans une relation, sans pour autant négliger la vie sociale de ses deux personnages principaux, très impliqués dans leurs métiers respectifs et qui permettent à la cinéaste de filmer de jolis moments déconnectés de son intrigue sentimentale. L'accompagnement musical du long-métrage constitue par ailleurs l'un de ses points forts, lui conférant une légèreté et un charme évidents, qui rejaillissent sur le thème central, en évitant de le dramatiser. A un moment donné, certainement que le film perd un peu de sa douce efficacité, en commençant à tourner en rond, mais sa pertinence et sa subtilité sont assez peu mis en défaut sur la longueur.
Exsudant une intense sensualité, filmant les corps enlacés ou dansant dans une sensorielle catharsis, la réalisation explore les différentes (a)sexualités sans jugement, montrant autant la tendresse, la complicité, la douceur qui pallient le manque de relation charnelle que le désir, l'ivresse, le plaisir qui enflamment. Or, la complexité de la relation entre les héros (superbe duo de comédiens) est symboliquement redoublée par le travail sur les sons, une respiration, un soupir, un pas, s'opposant au silence des élèves sourds et obligeant de s'entendre autrement. Peut-on surmonter une incompatibilité d'attentes ou d'envies, même quand on s'aime sincèrement?... Touchant, jusqu'au dernier plan.
Mitigé. Le debut de film est bien avec une bonne actrice et un sujet un peu original. Par contre , le déroulé devient assez répétitif et meme un peu ennuyeux.
Très beau film sensuel et au rythme assez enlevé. On a envie d'y croire à cette belle histoire d'amour. L'interprétation des deux protagonistes est superbe, on sent la réelle alchimie entre eux. L'histoire d'amour est entrecoupée de moments de danse qui donne le rythme au film. Excellent moment
Beau film avec une très belle bande son sur deux personnes qui se rencontrent, s'aiment et tentent de construire une relation. De beaux passages de danse. Un beau moment hors du temps.
Elena, la trentaine, danseuse contemporaine, rencontre , à l’occasion d’un cours qu’elle donne à un groupe de jeunes malentendants, Dovydas, interprète en langue de signes. Entre lui et elle, le courant passe et la séduction opère. Mais leur romance se heurte à la brutale confession de Dovydas : il est asexuel. Dovydas a beau aimer Elena ; il n’a aucun désir sexuel pour elle. Elena doit avec lui inventer la grammaire d’une relation pour elle inédite, où l’amour et le désir ne se conjuguent pas nécessairement.
"Slow" s’empare d’un sujet à la mode, dont certaines revues grand public ont déjà fait leur une aguicheuse : l’asexualité. Soit, à rebours de la norme hétérosexuelle (encore ?) majoritaire, l’une des formes de sexualité alternatives, le A de LGBTQIA. À ce titre, "Slow" avait parfaitement sa place à la 30ème édition du Festival du film LGBTQIA &+++ de Paris Chéries-Chéris en novembre dernier où il était projeté en avant-première.
À ma connaissance, le sujet n’avait pas encore été traité au cinéma et la jeune réalisatrice lituanienne Marija Kavtaradze a eu un sacré flair en s’en emparant. Elle le fait en inversant les rôles : c’est la femme ici qui est en demande sexuelle et c’est l’homme qui, à l’opposé des schémas patriarcaux, la réfrène.
Tourné à Hollywood, le film aurait raconté le lent apprivoisement de Dovydas par Lena, parsemé de quelques rebondissements, jusqu’à sa finale conversion à la norme hétérosexuelle scellée par un mariage en blanc devant leurs familles et leurs amis aussi soulagés qu’heureux. "Slow" a le bon goût et l’intelligence de nous éviter tous ces poncifs, jusqu’à son dénouement inattendu que je n’ai pas le droit de révéler. Pour un film sur l’asexualité, c’est un film étonnamment sexuel où l’on voit longtemps et souvent les deux amants couchés ensemble sans coucher ensemble. Ces scènes-là – qui, l’air de rien, interrogent les stéréotypes des scènes d’amour au cinéma – sont d’une étonnante sensualité.
"Slow" nous vient de Lituanie, un petit pays mal connu dont la production cinématographique est pourtant riche : Arūnas Žebriūnas, Šarūnas Bartas… La langue qu’on y entend y est délicieusement exotique, comme les prénoms des personnages (Dovydas !). Les deux acteurs sont remarquables : Greta Grineviciute, qui n’a pas les canons de la danseuse classique, explose de sensualité et Kęstutis Cicėnas est d’autant plus désirable qu’il se refuse.
Très intéressant film assez atypique puisque sur un sujet assez peu traité au cinéma , mais plus qu’un film sur l’asexualité, Slow est un film sur la tendresse, sur la manière dont deux êtres peuvent tenter de se rencontrer sans s’annuler ! C’est un récit qui invite à accepter que l’intimité peut prendre mille formes !
Vu en avant-première dans le cadre du festival de films de Poitiers qui consacrait son année au cinéma lithuanien contemporain, Slow reconduit tous les mécanismes d'une romance banale. Le problème tient au fait que nous marchons en terrain balisé. Rien n'est imprévu. Le fond se veut original mais la forme ne l'est pas. On passe un bon moment cependant car les scènes globalement prennent leur temps, comme les personnages, ce qui permet quand même de voir du réel, de bien l'étudier, surtout que les acteurs sont très bon et que les comportements des personnages ainsi que les dialogues sont toujours crédibles. Le film est peu sonore, il sollicite davantage la vue, qui est aidée par une certaine économie de plans, relative mais remarquable face au gloubi-boulga dominant. Malgré ses qualités, la puissance du film ne va pas plus loin. Aucune scène n'est mémorable, si bien que le film s'oublie vite, car toutes ont déjà étés vues. Rien ne sort de l'ordinaire... m'a-t-il semblé.
Comment concilier amour, désir et asexualité ? Le film explore cette question sans jamais céder à des réponses faciles. Elena et Dovydas se désirent, se cherchent, tentent de se saisir l’un de l’autre, sans jamais y parvenir tout à fait. Leur relation avance dans une démarche à la fois tendre et maladroite, parfois moins sincère qu’elle ne le prétend, mais toujours courageusement conflictuelle, comme si l’amour pouvait naître de cette intimité manquée.
Malgré quelques limites – un scénario qui semble parfois se disperser, certaines facilités esthétiques comme l’image granuleuse façon « indé » de Sundance – le résultat reste celui d’un film digne et singulier, qui s’efforce de se soustraire aux logiques libidinales dominantes. Sa bande sonore, d’une intensité rare, prolonge et densifie ce refus.
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3,5
Publiée le 6 avril 2024
La relation entre Elena et Dovydas est mise à l'épreuve lorsque ce dernier confie qu'il est asexuel... Après tous ces films sur la liberté sexuelle pleins de moments de plaisir sans amour, Marija Kavtaradze propose un film où il y a des sentiments, mais pas ou peu de sexe. Un film sur l'asexualité qui est aussi simple que profond tout en étant intéressant avec ces nombreuses discussions pour déterminer ce que cela implique pour les deux au sein de leur relation, mais aussi dans une société qui dicte les codes. Pour Elena, est-ce que les sentiments sont suffisamment forts pour se passer de sexe ? Quant à Dovydas, est-ce que cela affecte sa masculinité ? En réalité, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre une relation. Si le développement peut être frustrant à cause d'une répétition dans le propos, ce regard sur l'intimité, leur intimité, est subtil et plein de tendresse. Cela est principalement dû à l'excellente performance des deux têtes d'affiche qui ont une parfaite alchimie. En somme, un beau moment avec une excellente Greta Grineviciute, une jolie photographie et une bonne bande-son.
Je ne m' pas au sujet que certains trouveraient scabreux mais ce film m'a plombé par le peu de sympathie inspiré par le duo d'acteurs...que l'on nous montre à voir dans chaque plan du film ! (pourtant le générique final déroule au moins 500 noms !). On aurait aimé respirer plus souvent en extérieur. Les décors sont tristes et moches. Idem pour les costumes. Les cadrages pas terribles. Bref je me suis désintéressé de la leçon morale sur l'amour que certains critiques ont saluée ici.
La mise en scène est belle et soignée et le sujet passionnant et singulier mais le récit est quelque peu décousu et le traitement de l'asexualité confus. L'ensemble reste cependant prenant et se regarde sans déplaisir.
Elena est une danseuse moderne qui enchaîne les plans sexe. Elle fait la connaissance d'un interprète de langue des signes Dovydas et tombe amoureuse de lui. Il lui explique qu'il est asexuel, et qu'il ne peut donc pas éprouver de désir pour Elena. Elle va tenter de vivre son amour platonique pour lui sans ressentir le manque de contact charnel avec son homme. En salle le.
spoiler: Slow est un film intéressant qui traite d'un sujet peu connu : l'asexualité. On parvient assez bien à nous faire comprendre et ressentir le point de vue d'Elena par l'enchaînement de scènes d'amour et de scènes de danse montrant le caractère très tactile et animal de la protagoniste. Elle lutte pour ne pas montrer son manque à Dovydas mais telle une vague, elle ne parvient pas à réfréner ses désirs. Malgré tout, l'intrigue tourne un petit peu en rond et on aurait aimé d'autres images que les nombreux plans les yeux dans les yeux des deux amoureux.
Ce film invite à une réflexion profonde sur l'amour et ses paradoxes : l'impossibilité parfois d'être ensemble malgré des sentiments sincères, l'importance d'écouter et de respecter les besoins de chacun, ainsi que la place complexe de la sexualité au sein du couple. Porté par deux acteurs remarquables, sublimé par une photographie magnifique et une bande sonore exceptionnelle, ce film se distingue par sa douceur, sa justesse et sa dimension poétique.