Fear Street: Prom Queen – Une couronne en toc pour un film qui trahit sa saga
Quatrième volet de la saga Fear Street, ou devrais-je dire : la parodie involontaire de ce qu’elle aurait dû être. Le début est d’une immaturité affligeante. « Elle, c’est Tiffany », « elle, c’est machin »… On croirait entendre la voix-off d’une fanfic Wattpad écrite par une ado en pleine crise hormonale. Ça frôle le ridicule.
Lori, censée être au cœur du film avec ses ambitions de reine du bal, est un personnage creux, fade, sans consistance. Ses motivations sont à peine esquissées, son charisme est inexistant. Elle traverse le film comme une ombre sans saveur. Heureusement que Megan est là. Elle, au moins, porte le récit sur ses épaules : elle observe, elle comprend, elle agit. Un personnage bien plus nuancé que la protagoniste elle-même.
Son attirance pour sa meilleure amie est suggérée avec une telle subtilité qu’aucun mot n’est nécessaire : tout passe par les regards, les silences, les gestes. C’est sobre, fin, et redoutablement efficace.
Melissa, quant à elle, est un immense gâchis. Un personnage prometteur, qui commençait à s’étoffer… pour finalement être évacuée trop tôt. Elle méritait mieux. Christy aussi aurait mérité plus de temps à l'écran, mais non : expédiée. Le film préfère s’attarder sur des clichés lycéens sans âme.
Le début est d’un ennui mortel. Il faut attendre le premier vrai massacre
– celui dans la salle de classe –
pour que le film se réveille enfin. À partir de là, ça devient regardable. Le twist dans les vestiaires est bien amené, j’ai eu la même réaction que Melissa : un vrai moment de tension inattendu. Et franchement, je n’avais pas deviné qui étaient
les tueurs
, donc point positif.
Le Shérif Good ? Dommage. Il y avait matière à creuser avec l’histoire de cette famille, mais c’est même pas évoqué. Et la scène finale… pathétique.
Lori sort de la maison comme si elle avait sauvé le monde, alors qu'elle est passive tout le long du film.
Elle subit plus qu'elle n'agit, ce qui rend le climax final incohérent.
C’est Megan qu’on devrait applaudir pour ses agissements.
La scène post-générique tente un clin d’œil à l’esprit de Fear Street, mais ça sonne faux.
Je pense qu’un film centré sur Ruby Lane aurait eu bien plus d’intérêt. Son histoire, son aura, l’ambiance des années 60 : tout y était pour proposer quelque chose de vraiment singulier. À la place, on nous ressert – encore – les sempiternelles années 80, cette décennie surexploitée jusqu’à l’écœurement dans le cinéma de genre. Et pour quoi faire ? Même pas pour en tirer quelque chose de convaincant. L’esthétique est bancale : les costumes sonnent faux, les coupes de cheveux n’évoquent rien de l’époque. Seule la bande-son tente de sauver les apparences. Un recyclage paresseux là où l’originalité était à portée de main.
En résumé : Prom Queen est une honte pour la saga Fear Street. Sans Megan, le (trop bref) développement de Melissa et quelques scènes bien sanglantes plutôt jouissives (malgré des effets spéciaux parfois douteux), le film serait une catastrophe totale.
Je mets presque toujours 4 ou 5 étoiles à mes films. Mais là ? Non. Vraiment pas.
Note : 2/5. Et c’est Megan qui sauve les meubles.