Prom Queen est le nouvel épisode de la saga Fear Street qui est en réalité une relecture des classiques du cinéma d’horreur pour ado dans un style encore plus classique et dans une esthétique résolument rétro années 80. J’avais vu les trois premiers épisodes avec un sentiment assez mitigé. Je dirai que ce nouvel épisode s’inscrit dans la même lignée mais en étant un poil plus fun. Il doit cela en particulier à son côté plus violent. Le film propose des meurtres assez sanglants, sans coupure, et ça fait plaisir de ne pas édulcorer. De surcroît, il y a une touche d’humour noir plutôt bienvenue et le film assume parfaitement son ambiance années 80. Ok, c’est parfois poussé à l’extrême jusqu’au cliché, mais j’aime cette ambiance, et ça passe notamment par une super bande son et une image travaillée avec un grain d’époque très plaisant.
Bref, vous l’aurez compris, le film est plutôt fun pour qui aime le genre, et je l’ai trouvé un cran au-dessus des précédents épisodes beaucoup plus teen movie et aussi beaucoup plus « progressistes ». Ici pas de messages sociétaux foireux, le film va à l’essentiel, à savoir des meurtres dans un cadre teenager, bref, un slasher.
Maintenant, et c’est les soucis des slashers qui ne vont pas au-delà de ce qu’est le genre, on a déjà tout vu et souvent en mieux ailleurs. Le genre est totalement cliché de nos jours, et soit faut être excellent, soit faut absolument trouvé un univers différent pour le proposer. Comme Prom Queen joue la carte du « on utilise les clichés du slasher pour proposer un slasher cliché », ben le scénario et les personnages sont fades. Le scénario est pour ainsi dire quasi-inexistant. On pourra d’ailleurs saluer le fait que le film est court, qu’ils aient pas cherché à étendre une histoire qui n’en est pas vraiment une car sincèrement, il n’y a pas vraiment d’histoire ! Quant aux personnages, ils sont globalement très peu construits, n’ont qu’un but très limité et peu d’épaisseur par ailleurs. Néanmoins je dois dire que la copine de l’héroïne a une personnalité plus affirmée et que l’actrice tient plutôt bien son personnage. Pour le coup je ferai une exception avec ce personnage excentrique et différent, mais sinon pour le reste c’est très neutre et le casting n’apporte rien de spécial. On notera la présence de Lily Taylor et Katherine Waterston dans des seconds rôles sympathiques mais eux aussi peu caractérisés.
En somme, un slasher sans aucune surprise pour qui connait le genre. Pour ma part ça remplit le cahier des charges et l’ensemble est plutôt plaisant avec sa bande son punchie, son ambiance eighties, ses meurtres violents. Maintenant, derrière l’hommage au genre, l’habitué aura quand même le sentiment d’une certaine paresse d’écriture et d’originalité. 3