"Une bataille après l'autre" s'annonçait comme l'un des gros films de cette année 2025, au vu de son budget et de son casting. Jamais Paul Thomas Anderson n'avait bénéficié d'une telle somme pour réaliser un projet, l'attente était donc énorme. Et honnêtement, même si je pensais encore plus apprécier ce film, je trouve que le résultat est quand même à la hauteur des attentes. Mon seul souci, il vient de la manière avant laquelle l'ensemble tente de nous embarquer. Avant de nous lancer dans l'intrigue principale, le film passe par une phase dans le passé comme introduction. Malheureusement, celle-ci a eu un peu de mal à m'attraper, principalement à cause de son montage. C'est très brusque, trop rythmé et on perd parfois un peu le fil face à autant d'informations. Mais fort heureusement, les choses réussissent à tranquillement rentrer dans l'ordre au bout de cette première partie. À ce moment-là, le film se lance réellement, et je n'ai plus jamais décroché. Déjà, car le tout est porté par un casting 5 étoiles. En tête de liste, je trouve que Leonardo DiCaprio est excellent dans son rôle. Très énergique, mais aussi très juste dans quelques séquences d'émotions, son personnage est vraiment intéressant à suivre. On y suit un père complètement désabusé, qui a perdu goût au combat de sa jeunesse. L'histoire n'est donc qu'une évolution logique de sa vie, son seul combat actuel étant sa fille. Cette dernière est brillamment interprétée par Chase Infiniti, qui forme un superbe duo avec ce dernier. Face à eux, on retrouve un Sean Penn en roue libre et qui s'inscrit à merveille dans le message du film. Par sa carrure, sa démarche et ses dialogues, ce méchant est le cliché parfait du soldat américain. Pour le coup, je dois dire qu'il m'a beaucoup fait rire, car je n'ai jamais réussi à le prendre au sérieux. C'est clairement l'une des caractéristiques du long-métrage, celui-ci cherchant avant tout à exagérer son style pour faire rire. Et autant le dire, je trouve que c'est très efficace, sachant qu'il ne loupe personne ! Certes, on sent que le projet a un parti-pris politique et il s'attaque un peu plus frontalement à une certaine Amérique conservatrice. Pourtant, il réussit également à déployer certaines blagues plutôt bien senties en ce qui concerne l'autre camp, qui est parfois montré comme violent et pas vraiment dans la demi-mesure. Personnellement, j'ai donc aimé cet entre-deux, le film explorant clairement un scénario où deux camps diamétralement opposés s'affrontent. Même si le projet n'a pas la volonté d'être un support politique très fort et qu'il se laisse donc bien plus porté par son rythme et son ton, il faut reconnaître que le sous-texte est plutôt audacieux. Certains ne seront pas aptes à apprécier cela, mais, en ce qui me concerne, l'idée ne m'a jamais choquée. Encore une fois, le film assume d'aller dans la caricature de ce qu'il propose, comme le témoigne cette conclusion très drôle, mais aussi vraiment dérangeante pour le personnage de Lockjaw. Dans ses grandes lignes, le film est donc un projet ambitieux, traitant de plein de sujets, porté par un casting vraiment en forme. Si tout n'est pas parfait, je pense qu'il est impossible de ressortir du visionnage sans être un minimum secoué. L'exercice était intéressant, et je le recommande donc. Pour conclure, un film étonnant, mais qui a le mérite d'exister.