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guillebotis
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1,0
Publiée le 20 novembre 2024
Rien ne sert de courir après le grand Rohmer, il fallait naître à point. Marivaudage d'une platitude consternante où tout est téléphoné et sur-signifié avec des semelles de plomb. Ni comique, ni dramatique, ni fantastique, ni conte moral, ni vaudeville, juste souvent trivial et d'un ennui à faire bailler durant une heure et demie, lors d'un dimanche après midi pluvieux.
Trois amies. Vincent Macaigne de nouveau en amoureux loose épleuré, mis à part son rôle de médecin dernièrement. Sara Forestier qui au fil des années à l'air d'être plus en paix avec elle-même, son jeu s'en ressent, moins musclé . Pour le reste la mayonnaise ne prend pas. Deux étoiles et demie.
Un film d’une grande délicatesse où l’écriture et la direction des excellents acteurs sont très agréables et harmonieuses. Les histoires d’amour et d’amitié s’entremêlent avec intelligence, les faisant passer de simples anecdotes à de véritables réflexions.
A travers les points de vues de trois amies, Emmanuel Mouret propose une nouvelle variation sur le sentiment amoureux, en se focalisant ici sur la question de son impermanence.
Ce marivaudage faussement léger interroge avec subtilité et profondeur le déséquilibre et la difficile simultanéité du sentiment amoureux au sein du couple. Est-ce que l'un des deux aime forcément moins l'autre ? A quel point faut-il être honnête avec son partenaire sur l'état de ses sentiments ? Vaut-il mieux aimer ou être aimé ? A partir de quel moment doit-on remettre en cause tous les fondements d'une relation ?
Si le réalisateur n'a cessé d'ausculter les relations humaines à travers une filmographie riche et exigeante, il se renouvelle ici en lui apportant notamment une note fantastique.
Alors que beaucoup se délecteront de la finesse des dialogues et d'une mise en scène très élégante, le film en agacera forcément d'autres, tant il dépeint un monde bourgeois et déconnecté d'une certaine réalité. Chez Emmanuel Mouret, on ne vit que dans des appartements avec du parquet point de Hongrie, on finit les restes d'un fond de blanquette pour un déjeuner, on emmène les enfants au cinéma pour voir un film de Chaplin et on n'oublie aucun "ne" dans les phrases négatives.
Le réalisateur a l'intelligence de contrebalancer ce travers avec un casting aux figures en partie plus "populaires" qu'à l'habitude. Si India Hair (qui trouve ici sans doute son plus beau rôle) et Vincent Macaigne correspondent à l'univers d'Emmanuel Mouret, Gregoire Ludig et Camille Cottin, tous deux issus d'univers comiques, ainsi que Sara Forestier, au jeu si décontracté et naturel, presque gouailleur, apportent une vraie fraicheur à l'ensemble.
L'on soulignera enfin la virtuosité de la mise en scène avec une caméra qui semble se prêter à de véritables chorégraphies à travers de beaux plans séquences où les personnages se croisent, se séparent, s'échangent et se retrouvent dans un ballet virevoltant et continu.
D'abord tout se passe à Lyon, et en tant que local de l'étape, on se sent bien dans beaucoup de plans, y compris en reconnaissant l'un de nos cinémas favoris. Mais cela ne suffit pas à rendre le film intéressant. Le scénario de Mouret et Leroi est subtil avant tout, mélange le comique et le tragique, comme dans une vie au long cours pas vraiment tranquille. Pimenté de quelques invraisemblances, spoiler: et d'une réincarnation bienveillante , l'enchainement des quiproquos et des situations embarrassantes nous renvoie à nos propres vies sur lesquelles Mouret nous renvoie un coup de projecteur. Un majorité des spectateurs, y compris ceux en couple depuis longtemps partagerons les états d'âme et les hésitations dans une cohabitation à durée imprévisible. Le marivaudage n'est pas un genre nouveau, mais il reste ici léger, crédible, et plutôt bien incarné pas les trois amies, ou simplement très bonnes copines. Sara Forestier avec un vrai cœur d'artichaut, Camille Cottin la femme déjà mure et blasée, et la jeune romantique India hair. Chacune d'entre elles reste en ligne dans son couloir, et poursuivant les hommes, plutôt en retrait dans ce jeu de fausses chaises musicales, chacune donnant des conseils plutôt que d'écouter ceux des autres. Sur le thème ressassé du choix cornélien entre le confort de la stabilité et l'excitation de la découverte, il y a du Woody Allen à la sauce francophone dans ce Mouret là, et pas des moindres! La bande son très piano classique est apaisante, les cadrages et une mise en scène faussement sobre sont au service de ce bon moment, spoiler: alors "merci" comme disent les couples d'occasion en se quittant!
Avec ce dernier opus, Emmanuel Mouret explore à nouveau les méandres du sentiment amoureux. On pense inévitablement à Woody Allen, à Eric Rohmer, on pense surtout à ces précédents films qui traitaient déjà de ce thème central dans toute son œuvre. Cette fois il s’amuse à entrecroiser les pérégrinations amoureuses de Joan, Alice et Rebecca, les Trois amies du titre du film. On les observe avec le défunt compagnon de Joan (belle voix off de Vincent Macaigne) entre amours et désamours on scrute l’usure du temps sur la force des sentiments au sein des couples, la part de mensonge et de trahison qui va avec, et puis aussi la part du hasard dans des rencontres anodines ou déterminantes…Malgré la douceur de sa mise en scène, le ton est cette fois plus grave et mélancolique, convoquant le deuil et le fantastique, et ne laisse plus de place à l’humour qui ponctuait ses précédents films… Comme toujours avec Emmanuel Mouret, c’est très écrit et bien écrit, très bien interprété aussi (India Hair Camille Cottin et Sara Forestier forment un beau trio complice), alors on se laisse emporter par cette chronique romantique et désenchantée…
Quelle délicatesse ! Ce film aborde l’amour, l’amitié avec une finesse et une douceur quelque soit les moments, les épreuves traversées. Les acteurs nous embarquent dans leurs justesses qui se répondent, eux même enveloppés par une réalisation pleine de delicatesse.
Ce film, qui s’immerge dans l’univers feutré de la bourgeoisie enseignante lyonnaise, réussit à allier la romance à une subtile touche de fantastique. Par une écriture ciselée et des plans étirés, Mouret laisse flotter les mots et leurs résonances, capturant dans chaque geste, chaque silence, l’amour sous toutes ses formes. Chaque couple, chaque duo de personnages, semble incarner une variation unique de cette émotion et la véritable prise que l'humain à sur lui.
Néanmoins, la narration s’égare parfois dans un dédale de longueurs, créant une esthétique de l’errance qui, si elle enrichit l’atmosphère de l’œuvre, tend par moments à diluer l’intensité en me mettant à distance par l’usage d’une voix off distanciée. De plus, le récit use de quelques facilités pour faire progresser sa narration.
En définitive, ce film est une exploration raffinée de l’ambiguïté amoureuse, nous rappelant que, pour chacun, l’amour est un territoire aux règles incertaines, où chacun trace les frontières selon sa propre conception.
Alice, Rebecca et Joan. Trois amies qui partagent ou taisent leurs émois amoureux avec leurs trois sincérités qui les troublent différemment. Le jeu des acteurs est subtil. On suit tous les protagonistes avec empathie dans ces imbroglios de couples licites ou illicites ou encore en devenir. A voir !
Voilà un Woody Allen français, et pour s'en convaincre, le titre du générique en minuscules blanches sur fond noir et l'introduction parlée suffiront ! Ensuite, voilà un chassé-croisé amoureux plutôt agréable à regarder et magnifiquement interprété, et c'est bien là que réside tout l'intérêt, bien que l'ennui ne soit quand même jamais très loin...
Très belle fable sur les amours et amitiés contrariées. Une sublime et solaire India Haïr confirme tout le bien qu’on pense d’elle. Le reste des comédiens s’est mis au diapason. Un bo très douce accompagne cette histoire moderne.