Quel plaisir de retrouver Camélia Jordana à l'écran !! Son dernier film "Les tempêtes" n'était pas diffusé sur Toulouse à mon grand désarroi... Et je ne pouvais pas passer à côté de celui-ci !! D'ailleurs, ce film n'a plus qu'une seule séance programmée par jour pour sa deuxième semaine de diffusion c'est dommage...
On suit une famille mixte dans les années 90, d'origine Tunisienne par la mère et Algérienne par le père, qui essait de se fondre dans leur vie parisienne. On les voit se confronter au racisme ambiant, la discrimination face au logement ou à l'emploi et aux préjugés.
J'ai beaucoup aimé le parti pris de l'imaginaire de l'enfant qui permet de faire réaliser à ses parents le mal-être qu'elle ressent. Fille née en France de parents étrangers dans une école catholique et rejetée par ses camarades : compliqué pour elle de savoir où est sa place dans la société.
Ces touches de fantastique apportent une pointe d'originalité et d'humour au récit qui est déroutante au début mais plaisante au final !
Damien Bonnard jouant les Charles Martel imaginaire prend un malin plaisir à interpréter ce personnage qui arrive à faire dire tout haut ce que cette petite fille n'ose pas dire en public alors qu'elle serait légitime.
Ce film m'a beaucoup fait pensé à "Par Amour" car ces deux films dont la frontière entre la réalité et le fantastique est fine et amenée subtilement par le scénario. Ce n'est pas fantasque gratuitement, le récit reste ancré dans la vie normale avec cette pointe d'imaginaire bien trouvé.
Je ne me suis pas ennuyée un instant devant ce film qui est porté par des acteurs complices et naturels.
Camélia Jordana est excellente pour incarner cette mère unique au franc parler et se battant pour que ses enfants aient accès au meilleur, quitte à se voiler la face sur la réalité de leur situation.
Un récit doux-amer qui parle d'un contexte sociétal fort de façon intelligente et poétique sans occulter la réalité.
Ce film m'a profondément ennuyé. Mais peut-être n'en n'ai-je pas compris le sens ? Une mention particulière quand même à Damien Bonnard : il est hilarant dans le rôle de Charles Martel.
Avec Reine Mère, Manele Labidi puise dans sa propre enfance pour conter l’histoire de Mouna, une jeune fille immigrée, dont l’ami imaginaire n’est autre que Charles Martel, celui qui aurait “repoussé les Arabes à Poitiers”. Un pitch qui apporte un certain onirisme renforcé par une esthétique aux airs fantasmés.
Cette poésie on la ressent aussi à travers le jeu de Damien Bonnard dans la peau de Charles Martel, fantôme d’un passé mythifié et instrumentalisé par certains au point de peser sur cette enfant d’origine maghrébine. Il symbolise ainsi la peur de l’exclusion, que vivent également les parents de Mouna.
Car Reine Mère s’intéresse bien sûr à la figure maternelle, un personnage fort et solidement incarné par Camélia Jordana, tout en mêlant les questions d’intégration, de déclassement, de déracinement et donc aussi du roman national et ses mythes. Une chronique familiale drôle, intelligente et sensible sur le thème de l’identité.
Après Divan à Tunis , Manele LABIDI poursuit remarquablement son art de traiter des sujets profonds de société avec finesse , humour et originalité Le casting sert à merveille l’histoire de l’intégration d’une famille en France et de tout l’imaginaire qui l’entoure
J’avoue être allé en raison de la présence de Mathieux Bonnard et d’une certaine curiosité. Plutôt surpris, surtout par je trouve l’ excellent, jeu des acteurs, y compris Camelia Jordana Scénario un peu décousu, mais cela dit, j’ai passé un bon moment