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Jmartine
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3,5
Publiée le 20 novembre 2024
Éric Besnard fait partie de ces réalisateurs populaires qui ont le goût des choses simples. J’avais beaucoup aimé « Délicieux » déjà avec Grégory Gadebois…En l’occurrence, son « Louise Violet » met en scène l’univers bourru et pauvre des paysans de la fin du XIXe siècle, face à ce qui ressemble à l’hégémonisme de la République, censée donner les mêmes droits à tous les citoyens. Les révoltes de 1871 sont passées par là, créant leur lot d’idéalistes qui prêchaient pour la fin de la propriété et une égalité totale entre les citoyens. En 1889, la République vient de rendre l’école obligatoire. Payant un passé que l’on devine trouble, Louise Violet (Alexandra Lamy) est envoyée dans un petit village de Haute Loire, au fin fond de la campagne française pour y devenir l’institutrice d’enfants à convaincre de rallier les bancs de la classe plutôt que les champs. Elle va se heurter à la réticence des paysans locaux, pour qui leur progéniture doit avant tout aider aux tâches du quotidien plutôt qu’aller apprendre « des choses inutiles » qu’eux-mêmes n’ont jamais apprises et qui ne leur manquent pas...et ce même si Joseph, le maire du village( Gregory Gadebois, excellent) tombé en fait sous le charme de Louise, se montre plutôt favorable à son arrivée…Éric Bernard raconte une histoire simple, populaire, portée par l’attachante Alexandra Lamy (formidable au passage). Avec beaucoup de conviction et d’envie, la comédienne y incarne avec brio cette femme à la mélancolie intrigante, qui tente de convaincre enfants et parents que l’école de la République pourrait tout changer pour les générations futures… A travers le destin et le combat de sa Louise Violet (qui sur certains aspects rappelle Louise Michel), Éric Besnard parle de l’importance du savoir, de l’instruction, du système éducatif, de la chance que l’on a de pouvoir choisir sa vie plutôt que de subir une destinée pré-écrite comme ce fut le cas pendant des siècles. Son film rend bien compte de toute la complexité générée par la décision de rendre l’école obligatoire pour les familles françaises du XIXème siècle et tire de cette bascule, quelques enseignements encore pertinents aujourd’hui… Comment expliquer à des familles de paysans sans le sou qu’on va leur retirer des bras utiles dans les champs pour les asseoir dans une salle de classe afin de les rendre plus intelligents qu’eux ? Comment leur expliquer qu’ils vont apprendre à écrire et à lire, des choses qui n’ont aucune importance quand votre destin est de devenir travailleur des champs comme vos parents ? C’est un film très classique certains diront scolaire, qui rappelle dans son esthétisme le « Semeur » de Marine Francen, les couleurs sont superbes, les échappées sur Saint André de Chalancon magnifiques… loin d’être un simple divertissement bucolique, le film s’efforce d’inviter un peu de consistance au travers de l’évocation d’une époque complexe de l’histoire de France (la Commune de Paris) et les débuts de la troisième république…
Mignon… un petit film « historique » sur l’arrivée de l’école dans les campagnes au 19eme siècle, classique et assez bien fait même si la Commune de Paris soit un peu « idéalisée » (les communards seraient les gentils de l’histoire).
J'ai beaucoup aimé cette histoire de cette instutrice incarné parfaitement par Alexandra Lamy qui a beaucoup de talent et que dire de l'acteur Grégory Gadebois qui joue très bien également et qui a aussi beaucoup de talent ça nous permet de découvrir comment ça se passé dans les années 1800 à l'époque concernant l'école je conseille ce film.
On vit avec une intense émotion la difficulté de cette institutrice en 1889. C'est lié à la difficulté de survivre dans ces campagnes, avant celle d'être heureux, ou simplement épanoui ; c'est lié à la difficulté d'être d'une femme, qui plus est, institutrice, et blessée par la vie avant de l'être (bravo Alexandra Lamy) ; c'est lié aussi et enfin à la difficulté de l'enfant pour devenir adulte. Tout cela est intensément représenté et interprété dans ce monde de taiseux. D'où l'émotion.
Louise Violet le film est un western comme on en manque. Les Américains savent faire revivre leur conquête à eux. La France, non. Sauf quand un roman l'a fait avant et qu'un réalisateur le met en scène, genre La Reine Margot, d'Artagnan, Germinal... Et pourtant notre conquête à nous est bien plus méritoire qu'aux États-Unis, car elle se heurtait à des siècles d'histoire, donc de difficulté. - Ce n'est pas non plus propre à la France, c'est le cas de tous les vieux pays.
Ces difficultés, on se les représente mal aujourd'hui. Pas de lumière le soir venu, l'absence de transport, le froid, la faim. Même les paysages, dans leurs beautés, étaient cruels. L'ignorance faisait régner le chaos (c'était le moyen-âge dans les faits et dans les têtes), au point que l'idée même de progrès devait forcément apporter un changement des plus néfastes à l'existence (où les gens avaient déjà du mal à survivre).
L'histoire n'a évidemment rien d'original. Si ce n'est celle du maire (bravo Grégory Gadebois), dont l'amour bonhomme est d'une infinie tristesse (il propose le mariage comme on propose un resto). L'originalité est d'en avoir fait un film. Car sous des apparences d'êtres sous-développés, l'auteur a su faire dire à chacun des personnages des choses intelligentes, sensibles, mais enfouies... sur le choix, sur la liberté, sur l'enfant, sur la femme. "Faire des lois, ça rend pas les choses possibles" dit l'un. "À qui dieu se confesse-t-il ?" demande l'institutrice au curé. Etc.
J'ai beaucoup apprécié ce film d'époque ou les décors et la narration sont bien réussi. C'est un film ou le rythme est au service de l'ambiance, ambiance d'une époque où le stress était basé sur le manque d'argent pour vivre, plus que sur la course effrénée moderne. Les acteurs sont bons... Bref je le reverrai avec plaisir. A ne pas manquer
Que de chemins parcourus par Alexandra Lamy depuis son rôle de Chouchou, dans "1 gars, 1 fille". La fille du petit écran est devenue une femme du grand écran et à ne pas en douter, une chouchou d'un public qui découvre film après film une grande actrice. Son dernier rôle le confirme. Le chemin parcouru par Louise Violet, ex communarde expédiée, loin de Paris, dans un village symbole de la ruralité profonde de la France, à la fin du XIXème, est semé d'embûches. En choisissant ce thème, Éric Besnard aborde un sujet maintes fois porté à l'écran, petit et grand. Le duo Alexandra Lamy / Grégory Gadebois fonctionne fort bien et dépeint avec justesse ce qu'ont du vivre toutes les Louise Violet de cette époque où le role des femmes dans la société était à minima et celui des enfants corvéables à merci pour les activités ménagères et les travaux des champs. Toute cette jeunesse privée de toute instruction avant d'être souvent sacrifiée sur les champs de batailles. Ce film peut apparaître sombre mais il est à l'image de l'époque et quelques notes d'émotion viennent égayer le propos sans oublier l'espoir porté par la quête de Louise Violet.
Jolie fable, menée avec entrain et un jeu de qualité. Les dialogues nous montrent que l'écriture a été réfléchie. indirectement, le film nous projette dans l'histoire de France de la fin de XIXeme, la survie dans nos belles campagnes... où toute notion de confort est absente. C'était hier !
Perso j'ai adoré, elle va essayer d'apprendre à les connaître et c'est un très beau film. Malgré son passé de communiste elle voit le futur et grâce à elle les fils de paysans peuvent avoir de l'instruction
Ce film est un chef d'œuvre. Alexandra Lamy est exceptionnelle et joue un ou son plus grand rôle. Elle est bouleversante en femme blessée, meurtrie, écorchée vive..Elle nous touche par son jeu, sa ténacité, sa survie qui est d’ enseigner. La bêtise, l’ ignorance, l’ obscurantisme amènent à la bêtise et la cruauté humaine..Des conditions de vie déplorables, rejetée de tous , elle persiste.... Grégory Gadebois est magistral en vieil ours. Les enfants sont brillants dénonçant travail, illettrisme, labeur permanent.
Le village et les paysages sont SUPERBES. Les saisons défilant ,accentuant la dureté et la rigueur, les conditions de vie rustiques.
Jusqu'au générique de fin, finement pensé, rien à redire. Un grand moment de cinéma, c’est évident.
Chaque rôle est tenu brillamment, des enfants attachants dénonçant l’ autorité et les conditions de vie d’une France travailleuse.