spoiler: Venue apporter l’éducation républicaine dans un hameau reculé, elle y découvre les puissances telluriques et sa propre animalité . Qui éduque qui? Qui influence qui?
Un autre monde que Louise Hémon nous invite à découvrir
L’Engloutie est de ces films rares qui avancent à voix basse et laissent pourtant une empreinte durable. Rien n’y est démonstratif, tout est pensé, pesé, profondément intelligent. Le propos se déploie avec une clarté troublante, sans jamais souligner, faisant confiance au spectateur et à sa capacité de sentir autant que de comprendre. Le cadre, d’une finesse remarquable, ne se contente pas d’illustrer : il pense le monde, il organise les silences, il donne une densité physique aux absences.
Et puis il y a ce travail titanesque sur les lumières, véritable colonne vertébrale du film : une lumière qui sculpte les corps, révèle les failles, fait affleurer l’invisible. Chaque plan intérieur semble patiemment arraché à l’obscurité. À l'extérieur, le manteau neigeux illumine magnifiquement les peaux des personnages, tous remarquablement interprétés (Mathieu Lucci m'a particulièrement éblouie).
La dernière scène est superbe : elle ne conclut pas, elle ouvre, et déplace le film hors de l’écran. Le récit s’achève, mais l’expérience, elle, se prolonge longtemps dans nos pensées.
L’image est belle surtout en intérieur. Mais pour un film il faut un scénario , une c’est réduit à sa plus simple expression. En court métrage de 30 min peut être . Quand à ceux qui s’extasient sur les images de montagnes …ils n’ont surement jamais été se promener l’hiver dans ces coins des hautes alpes ou cela a été filmé. La réalité est bien supérieure aux images redondantes du film .
Impec, d'autant plus impressionnant que c'est un premier long. À voir en salle impérativement pour se régaler des images et vibrer au son de la musique remarquable. Go go go.
Ce film est expérience puissante pleine de mystères et de poésie. Premier film de fiction de Louise Hemon qui en fait UNE des réalisatrices françaises à suivre.
Film ennuyeux, la noirceur (de l'image et de l'histoire) ne permet pas de rentrer dans le film. L'histoire n'avance pas. Le format du film ne permet même pas d'apprécier les magnifiques paysages hivernaux.
E-POU-STOU-FLANT! ça fait bien longtemps - peut être même est-ce la première fois - que je vois un film pareil! nous avançons dans le récit avec notre corps tout entier, guidés par lui dans cette immensité blanche inquiétante et gelée où la puissance brulante du personnage principal, Aimée, nous fait vivre l’expérience de l’exil géographique, affectif et politique. On en sort sens dessus dessous. Wouahou!
Coté positif : de magnifiques images de paysages et une maitrise des jeux de lumière pour les scènes d'intérieur. Une bonne recherche historique sur la vie au début du XXème.
Coté négatif : Malheureusement tout est gâché par une histoire banale orientée sexe dont on explique rien avec un scénario incomplet. C'est malheureusement un défaut courant dan les films français. Beaucoup de longueur film très ennuyeux.
Voilà un film qui semble placé sous le signe de l'obscurité : obscurité des prises de vue et du décor, les scènes se déroulant parfois dans une totale pénombre, ce qui ne manque pas de provoquer quelques épisodes de sommeil ; obscurité des esprits de cette communauté villageoise, perdue dans les Alpes, ensevelie sous la neige durant les mois d'hiver; obscurité de l'intrigue dont on peine à tirer quelque chose. Je sais que pour un public intello, il est de bon ton de ne pas donner de solution, de laisser le spectateur se faire son propre scénario : Haneke a montré tout son talent pour ce genre d'expérience. Mais n'est pas Hanneke qui veut. Là, on reste tout de même fort dubitatif, d'autant plus que les dernières minutes ne font qu'obscurcir encore davantage une intrigue qui n'en avait certes pas besoin. La comédienne est remarquable, mais on s'interroge tout de même sur les intentions de la réalisatrice. S'agit-il de nous confronter à la vie difficile en zone de haute montagne ? En ce cas, le film manque de vraisemblance : je sais que, sous la IIIe République, l'Etat était, beaucoup plus qu'aujourd'hui, soucieux de l'école publique. Mais est-il vraisemblable qu'une institutrice soit envoyée dans un hameau de 10 habitants maximum pour s'occuper de 2 enfants (ensuite, ils sont 4, il est vrai, mais cela est tout de même assez peu vraisemblable)? Ensuite, les matrones du lieu parlant patois, un des jeunes hommes (qui ignore le sort qui lui est destiné), traduit pour Aimée, la jeune institutrice, le récit auquel elle ne comprend rien : ce garçon, qui est né sur les pentes de ces montagnes, qui a toujours entendu parler patois et le parle sans doute lui-même, fait une traduction en français digne de Léon Zitrone, sans aucun accent, dans une langue châtiée qu'un académicien du quai Conti ferait sienne immédiatement. Le souci de la cinéaste, en dépit de ses veillées au coin du feu de bois, du chamois que l'on mange au premier de l'an et des danses locales, n'est pas la vraisemblance.