Vingt Dieux (2024) peut parfois donner l’impression d’un téléfilm français, mais il porte quelque chose en plus, une sincérité et une émotion discrète qui finissent par toucher. Pour moi, ce film a réveillé des choses très personnelles. Je ne viens pas du Jura, mais je viens de cette campagne où mes aïeux ont vécu, construit, travaillé, combattu et parfois laissé leur vie. Même si j’ai grandi dans une campagne plus “huppée�, sans vraiment travailler la terre, j’ai souvent pensé que j’aurais pu – et peut-être dû – aider davantage chez mes grands-parents, apprendre leurs gestes, leurs valeurs, leur façon de vivre. Parce que c’est aussi cela : un héritage, une racine.
Mais ce film ne parle pas seulement du travail ou de la terre, il renvoie aussi à tout un art de vivre populaire qui tend à disparaître : les fêtes de village, les repas de fin d’année, les rires, les danses, les chants, la bonne nourriture, le vin et les chansons de Patrick Sébastien qui résonnaient comme un ciment social. C’était simple, peut-être imparfait, mais c’était vrai. Aujourd’hui, trop de moralistes veulent nous faire honte de cette culture, nous collant des étiquettes de “racistes�, “incultes� ou “pouilleux�. Pourtant, c’est notre France, celle de nos familles, celle de nos ancêtres. Et ce film, d’une certaine manière, redonne la parole à cette France qu’on oublie ou qu’on méprise.