immersif , nous avons eu l'impression d'être au coeur de l'action avec ma fille ..; 2 générations de cinéphiles 52/16 ans et nous avons toutes les deux adoré ... la musique , les couleurs , ce film de gangster est dépaysant , percutant , très bien filmé et mis en scène . Ce film nous a donné envie d'en savoir plus sur le tragique conflit et la vie des tamouls... nous avons hâte que le film sorte en DVD pour le revoir et que la bande son sorte en CD ou vynil ( je suis pas trop mp3)
Michael (Lawrence Valin) est d’origine tamoul. Il est arrivé en France à l’âge de quatre ans et y a été élevé par sa grand-mère. Devenu policier, il est chargé par la DGSI d’une mission périlleuse : infiltrer les Killi’z, une bande mafieuse tenue de main de fer par son parrain, Aya, qui prélève « l’impôt révolutionnaire » à Little Jaffna, le quartier tamoul de Paris, et en reverse le fruit à l’Eelam Tamoul, mouvement de guérilla qui se bat pour l’indépendance au nord du Sri Lanka.
"Little Jaffna" est un film original qui cumule deux qualités rares.
Son sujet : il nous plonge dans une communauté méconnue, celle des immigrés tamouls à Paris, forte de plusieurs dizaines de milliers de membres, concentrée dans le quartier de la Chapelle, à la frontière des 10ème et 18ème arrondissements. Je ne crois pas que le cinéma s’y soit déjà intéressé – alors qu’on ne compte plus les films sur les autres communautés émigrées à Paris, maghrébine ("Barbès, Little Algérie"), vietnamienne ("Dans la cuisine des Nguyen"), chinoise ("Les Fleurs amères") subsaharienne ("L’Histoire de Souleymane"), portugaise ("La Cage dorée"), etc. Le héros de "Dheepan", Palme d’or 2016, est certes tamoul et porte le traumatisme de son passé violent ; mais le film de Jacques Audiard évoquait un homme seul, coupé de sa communauté.
Lawrence Valin au contraire adopte un parti quasi documentaire, nous plongeant dans le bruit et les odeurs de ce quartier haut en couleurs. Il filme les fêtes populaires où les Ganesh portés à dos d’hommes paradent dans les rues et les tablées joyeuses où les convives plongent les mains (utiliser une fourchette est une manifestation honnie d’acculturation) dans le plat commun.
L’autre qualité de "Little Jaffna" est sa forme. Lawrence Valin a le culot de réaliser un film de gangsters et de se frotter à des maîtres indépassables. On pense aux "Infiltrés" ou à "Mean Streets" de Martin Scorsese, à "La nuit nous appartient" de James Gray au film hongkongais "Infernal Affairs", au diptyque indien "Les Gangs de Wasseypur"… Mesuré à cette aune, "Little Jaffna" peut sembler bien palot. Ce n’en est pas moins un premier film tendu, audacieux et réussi.
J’ai adoré ce film. L’histoire, la musique, les personnages, le suspense, l’ambiance générale… Tout est parfaitement orchestré pour nous captiver du début à la fin. Une réussite totale que je recommande chaudement.
Un film sur la communauté sri lankaise de Paris, et plus particulièrement celle des Tamouls.
On suit un flic infiltré dans la bande des Tigres, considérée par la police comme des un gang dangereux qui extorquent les commerçants du quartier et blanchissent cet argent.
Il faut savoir que le personnage principal est pleinement intégré en France avec la nationalité française et cette culture ancrée en lui. Ayant des origines sri-lankaises, il est sensé démanteler le réseau en infiltrant le coeur du groupe mafieux au plus près, quitte à se retrouver face au dilemme de sa vie.
Ce qui intéressant dans ce récit, c'est qu'au fur et à mesure qu'il apprend à connaître cette bande, il se rend compte que ses croyances sont sûrement des préjugés.
Il se retrouve en plein coeur d'un choc des cultures. Il est tiraillé entre son sens moral et son coeur : c'est très parlant dans le film et on ressent pleinement son tiraillementsm et ses doutes.
Lawrence Valin, l'acteur principal, est également le réalisateur et ça se ressent. Il est totalement investi dans le rôle et porte à bout de bras le film !
C'est un thriller très efficace qui va à mille à l'heure. La tension ne retombe pas et on est partagé dans cette dualité entre le bien et le mal. Cette bande est à la fois dangereuse et attachante : sentiments contradictoires dont on comprend tout le sens à travers les yeux de Michael. On se retrouve autant déboussolé que lui et c'est très bien écrit.
Le film dénonce une guerre civile sri-lankaise dont on entend pas du tout parler et qui pourtant fait des ravages au sein des populations locales.
Un film français intelligent, percutant, choc et nécessaire !
Un film haletant et prenant On s’attache au personnages et on apprend beaucoup sur cette communauté tamoule en France qui paraît si discrète mais avec sa propre organisation
Lawrence Valin a voulu renforcé l'authenticité jusqu'à tourner vraiment dans Little Jaffna à Paris, profitant aussi de la vraie fête de Ganesh, événement majeur de la communauté, et en intégrant de véritables membres de la diaspora dans les scènes ce qui accentue le réalisme des dialogues et dans les relations humaines accentuant un style semi-documentaire. Mais on est aussi dans le premier film français sur une diaspora peu connue et dont le contexte géo-politico-social est aussi important que méconnue. Par là même, le flic intégré en conflit identitaire personnel est intéressant même si il aurait pu être plus fouillé. Il y a surtout une scène qui manque de crédibilité, et une qui est une erreur technique grossière mais que beaucoup verront (ou pas !) comme un détail... SPOILERS voir site !... Néanmoins, Lawrence Valin assume un polar communautaire solide, efficace, rythmé avec du punch et un véritable propos de fond même si il y a quelques maladresses. Mais ça reste prometteur et donc un film à conseiller. Site :
Très intéressant et réussi premier Long-Métrage de et avec Lawrence Valin qui met en lumière et faire découvrir la méconnue Communauté Tamoule à Paris dans le quartier nommé "Little Jaffna" ! Porté par un sens aigu de l’image , la réalisation est hyper rythmé, sans temps mort , le tout via une immersion Géopolitique sous fond de conflit entre les Tigres et le gouvernement Sri-Lankais !
Superbe! Tout est bon dans ce polar. L’intrigue, les acteurs, la manière de filmer, le rythme, les couleurs et et, cerise sur le gâteau, le thème très fort et qui met en lumière une histoire et une communauté rarement présentée. Franchement, dans son genre c’est un film parfait.
Premier long-métrage co-écrit et réalisé par l'acteur Lawrence Valin (qui adapte ici son propre court-métrage datant de 2018), ce «Little Jaffna» s'avère être l'une des belles surprises de ce mois de mai.
À mi-chemin entre le drame et le polar, le film nous raconte l'histoire de Michael, jeune flic d'origine tamoule chargé d'infiltrer un groupe criminel (selon l'état français) opérant de manière invisible au cœur des quartiers parisiens. Mais plus il s'enfonce au cœur de l'organisation et s'intègre à cette communauté qui lui ouvre les bras tout en restant sur ses gardes, plus il se reconnecte à cette identité qu'il a longtemps voulu garder à distance et à ce passé tragique qui le suit, jusqu'à s'interroger sur le bien-fondé de cette opération. À quel camp restera-t-il loyal en fin de compte ?
Une œuvre qualitative et prenante, dotée d'une stylisation formelle assez présente, mais sans jamais en oublier le cœur de son récit, bien ancré dans la réalité.
Car derrière cette histoire d'infiltration qui s'avère finalement assez secondaire, le film est surtout l'occasion de plonger dans le quotidien d'une communauté tamoul rarement mise en avant dans notre cinéma hexagonal.
Derrière ce film policier m'ayant un peu rappelé «Donnie Brasco», se divulgue le portrait d'une communauté soudée (accueillant notamment de nombreux clandestins tamouls) et assez discrète, prête à tout pour défendre ses valeurs et traditions et assurer la survie de son peuple, et le spectre d'une guerre lointaine (et pourtant omni-présente dans le film), opposant depuis des décennies le gouvernement Sri-Lankais aux séparatistes Tamouls (surnommés les "Tigres"). Une "guerre" souterraine (passant notamment par les trafics en tous genres) pour soutenir une guerre existentielle.
Un premier film urbain débordant d'énergie et de sincérité, où la forme nourrit le fond, et inversement. Une œuvre avec du corps et du cœur, et qui mériterait un peu plus de visibilité en salles. 7,5-8/10.
Superbe film. Très enrichissant pour moi qui ne connaissais rien au peuple tamoul. Musique et images puissantes. Ames sensibles s'abstenir car la violence est omniprésente.
Avec Little Jaffna, Lawrence Valin signe un film atypique, audacieux, ancré dans un Paris peu représenté : celui des diasporas tamoules, et plus précisément de l’ombre des Tigres noirs sri-lankais. Le pari est fort : mêler thriller politique, drame communautaire et codes du western moderne dans un récit de double infiltration, où un policier tente de démanteler une cellule militante.
La mise en scène, souvent immersive, nous plonge littéralement dans les ruelles d’un Paris méconnu. Valin filme parfois au plus près, presque trop, comme s’il voulait capter chaque frémissement de tension – un style qui rappelle les westerns urbains, où les regards valent autant que les dialogues. L’ambiance est tendue, parfois explosive, avec des scènes d’une violence sèche, brutale, qui renforcent le climat d’urgence.
Mais ce style percutant ne suffit pas toujours à compenser certaines faiblesses scénaristiques. On sent une vraie ambition narrative, notamment à travers l’intrigue parallèle façon Roméo et Juliette entre deux familles tamoules opposées, mais ce fil reste sous-développé. De même, les liens avec les événements politiques au Sri Lanka sont esquissés plutôt qu’ancrés, ce qui peut dérouter ceux qui ne maîtrisent pas déjà le contexte historique.
En somme, Little Jaffna est une proposition originale et prenante, portée par une vraie vision de mise en scène, mais qui pêche par un manque de clarté et de liant dans son scénario. Un film intéressant, parfois percutant, mais qui laisse un goût d’inachevé.