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miketbrijou
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3,5
Publiée le 12 mars 2020
Un film de 1973, des images magnifiques, une ambiance singulière, esthétique, pour accompagner deux gamines dans un univers éthéré situé entre la guerre civile espagnole et la seconde guerre mondiale... un rythme très lent, très lent. Le monde de l'enfance, à part.
Un ennui mortel. J'aime un peu tous les genres de films, y compris les films "intellos" mais là ça dépasse les bornes. J'ai dû vérifier que le film ne passait pas au ralenti, mais non. A part de très nombreuses longueurs infinies, il n'y a rien dans ce film, si ce n'est les fantasmes que le spectateur a envie d'y mettre (cf les critiques presse qui s'écoutent écrire). A fuir !!
Amas de saynètes quotidiennes dans un village Castillan en 1940, qui se veulent pour beaucoup d’une extrême profondeur, mais qui m’a laissé dans une vacuité décevante, un sentiment insipide de pseudo-poésie et de perte de temps. Aucune inénarrable extase ne m’a touché devant les plans qui s’éternisent, que ce soit un cours de primaire, une cueillette de champignons, une nana qui fait du vélo, une fillette qui lace ses chaussures, un homme qui se rase en se regardant profondément dans les yeux, ou un train qui passe. Cet alibi à la platitude m’a quand même fait espérer pendant 1H35 qu’il se passerait enfin quelque chose, en vain. Régulièrement sensible à la poésie et à la sentimentalité, le petit psychodrame de cette fillette ne m’a pas échappé, mais le voir ainsi hypertrophié en une mélasse longue, lente, silencieuse me suscite plutôt une notion d’arnaque masturbatoire.
Deux avant "Cria Cuervos", la jeune Ana Torrent est l'héroïne de ce film mystérieux de Victor Erice, dont l'action est située dans les années 40, où l'on peut voir une parabole sur le franquisme et ses exactions. Tournée dans des paysages désolés, en proie à des fantômes terrifiants dont la créature de Frankenstein n'est pas la moindre, cette oeuvre lancinante laisse une empreinte durable grâce, aussi, à une belle photographie.
L’esprit de la ruche est un sublime et profond récit existentialiste construit sur de multiples dualités. Réalisé en 1973, ce film qui emprunte à un fantastique teinté d'onirisme reste atypique, mystérieux et intemporel. Sujet à de multiples interprétations et niveaux de lecture, cette œuvre majeure de Victor Erice est un vibrant hommage au film culte Frankenstein de James Whale doublé d'une critique sous-jacente de la dictature franquiste. Plus de détails sur notre blog ciné :
Au vue de la réputation impressionnante de « L'Esprit de la ruche », j'avouais m'attendre à mieux. Victor Erice a un sens très personnel du rythme, si bien que nous ne parvenons jamais à être totalement sous l'emprise de l'œuvre. Cela dit, ces 93 minutes n'ont rien d'une torture, bien au contraire. Même si le monde de l'enfance confronté à une réalité difficile à accepter sera sublimement traité trois ans plus tard dans « Cria Cuervos », celui-ci a le grand mérite de montrer la voie, d'autant que le traitement est toujours subtil, mettant aussi bien en évidence l'univers intime dans lequel sont plongés les deux sœurs que la tristesse entourant un village quasiment désert, à peine en vie. La mort est d'ailleurs omniprésente en contrechamp, donnant à l'œuvre un aspect inquiétant mais pas trop non plus, le ton presque poétique, voire fantastique entourant nos héroïnes restant majoritaire, le tout pourtant accompagné d'une solide description de la vie quotidienne du village. Et comme l'intégration du « Frankenstein » de James Whale est faite toutes en nuances, apportant un réel plus à ce regard tourmenté sur l'enfance, on ne peut qu'adhérer un minimum, offrant probablement au film sa plus belle scène, la fabuleuse Ana Torrent restant quant à elle le plus bel effet spécial qui soit. Bref, à défaut d'être enthousiaste, il serait particulièrement malhonnête de ne pas reconnaître les grandes qualités de cette œuvre pas comme les autres, très personnel et parfois envoûtante : à (re)découvrir.
Un film mystérieux, voire déroutant. Une évocation quotidienne et poétique, comme un temps suspendu, entre les souvenirs de la guerre civile, le présent de la Seconde Guerre mondiale et les débuts du franquisme. La réalité, avec ses tristesses, ses frustrations, ses cruautés, se teinte peu à peu d'onirisme, sous le regard de la petite fille. D'où l'impression d'une ballade étrange, à la fois berçante, inquiétante et mélancolique. Le fantastique y est léger, hanté par la mort et la figure du monstre. La beauté esthétique (cadrages très graphiques, contrastes de lumières entre les intérieurs jaunes et chauds, et les extérieurs blancs et froids), la lenteur du rythme, l'intensité du jeu d'Ana Torrent (que l'on retrouvera deux ans plus tard dans Cría Cuervos...), tout cela exerce un certain charme. Quant au sens du film, il est à l'image du titre, un peu hermétique, ouvert à de multiples interprétations (sur la famille, la société, le pays...). Concha de oro au festival de San Sebastián 1973.
« Il était une fois en Castille, vers 1940 ».. Le film du cinéaste espagnol Victor Erice commence ainsi, tel un conte de fée. Il va nous proposer l'histoire d'une jeune fille fascinée par Frankenstein dans un village isolé du monde extérieur, mais hanté par le spectre du franquisme. Un récit fort, un récit initiatique, comme un apprentissage de la mort, comme un passage de l'enfance vers l'age adulte. Laissée sans repères par une famille fuyant la réalité, la petite Ana (extraordinaire prestation d'Ana Torrent), va alors utiliser l'imaginaire pour survivre à sa réalité. Le cinéaste parvient à traduire ce point de vue de l'enfant, à la fois dans la dureté du réel, et dans la puissance de l'imaginaire qui vient s'y superposer. L'imaginaire, qui est ici symbolisé par le cinéma, avec la projection du film Frankenstein, et sa perception par un enfant, qui ne comprend pas que tout est « faux ». De cette mort fictive, Ana va partir pour aller rencontrer une mort « réelle ». Au final, la frontière entre vrai et faux, réalité et imagination, est brouillée, comme si les deux coexistaient. Victor Erice soigne chaque séquence d'un travail visuel remarquable. Le rythme est lent, mais jamais soporifique : on sent vivre chaque plan, chaque mouvement. La photographie est sublime, jouant avec les nuances de lumière et de couleurs, atteignant souvent une qualité picturale, dans un style clair-obscur. Le cinéaste utilise peu de dialogues, et fait surtout parler les images. La musique, composée par Luis de Pablo, participe à la dualité du film, entre chanson enfantine et air plus grave. Enfin, Victor Erice utilise des symboles très forts : Frankenstein et le cinéma, on l'a vu, mais aussi la ruche et les abeilles, métaphore qui ouvre plusieurs niveaux de lecture (indifférence à la mort? Monde des adultes réduit à un travail sans âme? Franquisme totalitaire?). «El espirito de la colemna » est un film somptueux, voyage fantasmagorique d'une enfant qui apprend à ouvrir les yeux sur le monde. Et cette Ana, c'est peut être chacun de nous, spectateurs de cinéma cherchant à apprivoiser nos propres monstres.
Un récit initiatique sombre et fascinant (malgré un rythme un peu languissant) qui explore les mystères et les angoisses de l’enfance dans un petit village espagnol sous Franco, à travers les yeux noirs envoûtants d’Ana Torrent.
Un film à replacer dans son contexte historique si on veut essayer d'en comprendre les subtilités. On est toutefois happé par l'atmosphère à la fois oppressante et onirique qui nous laisse les yeux aussi grands ouverts que la petite Ana.
Un film qui montre beaucoup mais qui n'explique rien, niveau scénario il ne se passe pratiquement rien ; normalement c'est le genre devant lequel on fait semblant de s'extasier mais devant lequel en fait on s'emmerde. Mais comme il faut partir du principe que "L'Esprit de la ruche" n'est en rien un film normal, eh ben on ne fait pas semblant de s'extasier, on s'extasie tout simplement et on se laisse tout simplement happer par l’atmosphère avec juste en poche le symbolisme de la ruche, celui du merveilleux "Frankenstein" de James Whale, des plans superbes de paysages castillans rugueux et surtout le regard sombre d'une Ana Torrent remarquable et absolument adorable, déjà à croquer deux ans avant le magnifique "Cría cuervos". Une oeuvre superbement étrange et poétique sur l'enfance ou plutôt sur le regard de l'enfance.
Victor Erice nous livre avec l'Esprit de la Ruche un film certes intellectuel (ce qui lui permit en partie d'échapper à la censure franquiste!), mais qui n'en est pas moins touchant. Le public doit être averti: l'action est absente, les dialogues rares, la lenteur et le silence omniprésents. Mais on a rarement vu un silence aussi éloquent. En effet, c'est ainsi que le réalisateur retanscrit l'immobilité (l'immobilisme?) de l'Espagne rurale au sortir de la guerre civile, d'un pays qui s'enferme dans la résignation. Les seuls capables de s'interroger, de tenter de faire vivre ce monde moribond, sont alors les enfants. A travers le regard inoubliable d'Ana Torrent, qui vagabonde à la recherche des "esprits", la "tierra seca" castillane devient magique. La lenteur sert ici la perfection des plans: les paysages sont magnifiques, la mise en scène très étudiée. Le jeu de la jeune actrice est étonnant de sincérité: il n'est pas anodin que le nom des personnages soit aussi le vrai nom des acteurs. C'est enfin un bel hommage au cinéma, quand l'arrivée en camion de la bande du Frankenstein de Jales Whale redonne vie au village endormi... En définitive, c'est un film qui concilie engagement politique et poésie; c'est en mettant en scène un univers anti-révolutionnaire que le film d'Erice se fait, justement, révolutionnaire.
Que dire ... un drame aux aspects symboliques et dramatiques réussi. Moi qui n'aime pas, le soit disant plus grand réalisateur espagnol de tous les temps, avec Bunuel, Pedro Almodovar, je dois bien avouer que mon amour pour le cinéma ibérique n'a pas toujours été au rendez-vous. Seulement "L'Esprit de la Ruche" s'est mit en travers de ma route et m'a fait changer ma vision des choses et je ne pense pas être le premier à me retrouver dans cette situation. Ana Torrent respire le naturel, même si je pensais qu'elle était en réalité plus jeune, cependant, ça n'enlève en rien à son jeu plus que précoce. Quel regard perçant, c'est beau. La mise en scène est des plus réussies et la relation étrange entre les deux sœurs démontre bien que la vie n'est pas facile tous les jours, même dans une famille aisée. Le régime totalitaire n'est pas forcément mis en avant mais quelques signes viennent s'immiscer et on comprend très vite le mode de fonctionnement de l'époque, qui part ailleurs est superbement retransfiguré. La bande son est des plus intéressantes et surtout douce et envoutante. Le personnage qu'incarne la protagoniste est super attachant, ça fait évidement penché la balance. Cependant, j'ai trouvé quelques moments un peu longs mais c'est le seul bémol que j'ai trouvé car il en faut bien un. Le titre du film est assez équivoque et je pense qu'il peut avoir plusieurs significations, je me suis fait ma petite idée et je le trouve bien en adéquation avec se qui se passe pendant 1h30. En bref, un drame pseudo-familial de haut vol, surtout pour l'époque (dur ne pas se démoder). Je dois avouer que ça m'a fait bizarre de voir cette jeune actrice alors que j'avais vu Tésis (qui est sorti plus de 30 ans après) il n'y pas très longtemps. Un beau voyage lyrique à découvrir. 16/20.
Je connaîs très peu le cinéma espagnol, pour ainsi dire seul Almodovar me revient en tête. C'est une très bonne surprise. Le film nous transporte doucement mais j'ai peur qu'il m'ait tout de même laissée en route car certains détails sont restés flous pour moi. Le rythme est en tout cas parfait et la musique qui n'est pas omniprésente et lourde contribue étrangement à cette berceuse douce et agréable.