Le Successeur est un film dérangeant dont on ne sort pas indemne. Marc-André Grondin est magistral. Quel choix fait-on quand notre père est un monstre ? Pourquoi ? A t-on d'ailleurs la possibilité de faire des choix ? C'est un film bien fait qui distille son suspens avec brio.
J’avoue avoir été impressionné par la force de jusqu’à la garde. Je l’ai été également par la scène du sous-sol qui fait froid dans le dos mais vraiment déçu par la réaction pas du tout réaliste de l’homme. Cela fait tout tomber par terre même si la faute en est à l’écrivain et non au cinéaste. Force est de constater que le sujet du film est là. Il porte la faute du père involontairement. J’ai détesté deux scènes particulièrement. Le défilé du début et l’enterrement. Je le mets donc en porte-à-faux avec un autre critique qui les mettait en exergue justement et au final la fin m’a déçu car on reste dans un flou qui nous agace.
Auteur de l exceptionnel « Jusqu à la garde » Xavier Legrand signe avec ce successeur un film surprenant. Thriller psychologique brouillant constamment les pistes il explore de fort belle manière les zones grises d un personnage dont les certitudes s effondre petit à petit. Marc André Grondin dans le premier rôle livre une performance hybride multipliant les émotions bien servi par l écriture de son personnage.
Un thriller psychologique intense et perturbant (malgré des incohérences) autour du poids du passé et des secrets familiaux, porté par la presta énorme de Marc-André Grondin.
Sept ans plus tôt, Jusqu’à la garde nous avait scotché au fin fond de notre siège pour sa maîtrise de la tension et à la force d’un cadrage millimétré. Ce premier long-métrage de Xavier Legrand ne pouvait pas mieux lancer le cinéaste dans une carrière qui lui reste à dessiner. Comment enchaîner après tel succès ? Comment gérer une telle pression ? Le successeur semble tout indiqué pour y répondre et avec beaucoup d’audace. Nul besoin d’attendre plus longtemps pour que l’on se jette vers ce nouveau récit, d’une noirceur qui n’a d’égal que sa fureur.
Ouverture en rythme et haut en couleur, nous sommes rapidement plongés dans un défilé de mode, dont le parcours en spirale est significatif. Cette débauche promotionnelle justifie toutefois le sacre à venir d’Ellias Barnès (Marc-André Grondin), dont les créations sont à destination de la gent féminine. En cet instant, Legrand prend la peine de tourner sa caméra sur la superficialité de cette grande exhibition, redondante mais particulièrement envoûtante. Pourtant, la suite du programme est imprévisible pour le couturier. Bien qu’il sente un rapprochement entre sa douleur à la poitrine et le décès inattendu de son père, il va peu à peu découvrir la trajectoire cyclique et tragique dans lequel il se trouve.
Ayant coupé les ponts avec son dernier parent vivant, Ellias est amené à suspendre ses projets professionnels pour remettre de l’ordre dans sa vie privée. Pressé d’en finir avec les paperasses administratives et les obligations cérémoniales, il ausculte la maison familiale pour remballer ses souvenirs indésirables, une fois pour toutes. Mais dans ces longues années d’absence, son père a vécu auprès de personnes qui le considèrent et qui l’aimaient comme un frère. C’est notamment le cas lorsque Dominique (Yves Jacques) débarque sur son palier pour présenter ses condoléances. Mais Ellias ne veut pas les accepter et ne pourra pas digérer plus longtemps ce genre d’affection qui le dépasse car, entre ces murs, il découvre que le paternel ne vivait pas religieusement d’air pur et d’eau fraîche, tel l’oiseau de Michel Fugain. Bien au contraire, les masques tombent et les coutures sautent les unes après les autres. L’attaque cardiaque qu’il a eu quelques jours plus tôt est donc peut-être le signe d’une connexion profonde avec le mal.
Toute l’écriture se joue sur ce mode opératoire, sur le fait qu’il existe une porte fermée en chacun des hommes. Ce qu’elle renferme, c’est évidemment la violence, que l’on peut exprimer par bien des manières et que l’on ne peut pas éternellement refouler ou dissimuler. Et ce qu’il y a derrière cette porte devrait-il également appartenir à Ellias ? Doit-il nécessairement en être le successeur ? Xavier Legrand déroule-là un testament du patriarcat comme on en voit rarement. En prenant soin de nous promener dans cette maison, sorte de labyrinthe mental du protagoniste, il se permet également de jongler avec plusieurs genres et plusieurs nuances de langage, afin de remonter une potentielle piste tragique, dont le héros ne pourra se défaire.
Un film dérangeant, marquant. A la fois hyper réaliste, tragique et absurde.il à de subites ruptures de ton qui nuit a sa crédibilité mais il est profondément dérangeant, il contient en son centre une des scènes les plus incroyable et effrayante jamais vus, du moins pour moi, peu friand du genre horreur. J'ai été cueilli et avais l'impression de voir quelque chose de bien réel. Xavier Legrand a du talent mais on peut s'interroger sur sa vision de l'humanité. Son film est d'un pessimisme sans fonds.
Ce film souffre d'une invraisemblance majeure. On a du mal à croire qu'un homme placé dans sa situation se comporterait comme le fait le héros. Sinon, ce petit film est plutôt bien fait, même si les scènes de cérémonie funèbre sont longues et répétitives. Mis à part cette incohérence sur laquelle repose tout de même le scénario, ça sonne assez juste. Mais les histoires de serial killers et de séquestrateurs de femmes "à l'américaine", on en a beaucoup vues et ça devient lassant...
Les premiers plans sont magnifiques et on se dit qu'il va y avoir un énorme travail sur le visuel tout du long, ce qui n'est pas le cas, pour cause, puisqu'on abandonne rapidement le thème de la mode pour celui du thriller psychologique situé pour l'essentiel dans une maison. Le plus gros reproche qu'on puisse faire au scénario est qu'il repose pour l'essentiel sur des réactions très curieuses et illogiques du personnage principal et qu'il convient d'outrepasser cela. J'ai tiqué à pas mal de reprises mais ça ne m'a quand même pas empêché d'apprécier le film.
Perturbant par son changement générique ainsi que par la réaction malsaine du héros face à l'héritage paternel, ce drame instaure une atmosphère singulière entre humour noir, étude de moeurs cruelle et rapports familiaux distordus que la bande-son faussement légère recouvre de façon surprenante. Saisissant, Marc-André Grondin offre une densité enduite de secrets ou de non-dits à son héros, intriguant lors de la première révélation qui fait basculer le récit dans une autre dynamique et des enjeux inattendus, puis absolument bouleversant lors de la seconde dont le cynisme brutal incarne l'inhumanité absolue d'un mal insidieux par sa proximité insoupçonnable. Une audace déroutante mais marquante!
LA VIE DE MON PERE. Quand tu entames la cave à vin de ton père sans son consentement. Obscur défilé, héritage de culpabilité, de podium, d'enfermement et de conséquences. Une transmission violente et piègeuse. Elisabeth Fritzl n'a pas aimé.
Un thriller glaçant au final terrifiant. L'ensemble manque néanmoins de souflle, les acteurs ne parvenant pas toujours pas soutenir un scénario à l'écriture inconstante. C'est regrettable.
Je n’ai pas aimé, car totalement irréaliste : une homme qui vient de perdre son père découvre dans le sous sol de la maison de celui-ci au Québec une jeune fille emprisonnée, qui s’avère être la fille du voisin déclarée disparue. Que croyez vous qu’il ferait ? Police, hôpital ? Que nenni ! Il veut maintenir cet emprisonnement en faisant sa crise du type qui ne maîtrise pas la situation. Pour moi c’est mauvais, et la réalisation laisse à désirer. Très évitable, le talent de Sir Alfred est vraiment très loin.
Bon autant le dire le film est un peu tarabiscoté et pas facile à suivre ,je ne m'attendais pas à ça du tout ,mais il y a quand même un brin d'originalité et d'inattendu et surtout Marc André Grondin qui porte le film sur ses épaules à lui tout seul
De deux choses l’une : soit je n’accepte pas l’irrationalité du personnage Elias (Marc-André Grondin) soit je l’accepte et je vois le film sous un autre jour.
J’avoue que dans un premier temps, je ne l’ai pas acceptée. A partir du moment où Ellias refuse d’appeler les secours, je commence à m’interroger. spoiler: Puis le voir persister jusqu’à la bourde de l’escalier, j’ai abandonné et attendais le générique de fin avec agacement. Mais arrivent les obsèques et les diapos. Et là l’intérêt que j’avais au début du film est relancé avec ce twist.
Après réflexion, ce twist peut légitimer l’irrationalité. Le risque pris de Xavier Legrand dont j’avais beaucoup apprécié son premier film « Jusqu’à la garde » est de perdre le spectateur qui refuse de croire que son personnage perde à ce point les pédales. Marianne : « Ce film étouffant et anxiogène surprend avec ses audaces, mais déçoit avec ses invraisemblances. » C’est tellement gros qu’on a envie de fustiger le metteur en scène ! Ces invraisemblances selon « Les Cahiers du Cinéma » «… gèlent toute empathie à son égard ».
Etait-ce l’objectif de Xavier Legrand ? Compatir à la panique d’Ellias ? Et pourquoi cette panique ? Peur du scandale qui l’entacherait ? Revêtir l’habit du héros ? spoiler: Cette fille avait besoin de soins urgents, aurait-il sommé les soignants d’un hôpital de se taire ?
Et bien d’autres questions parasitaient mon esprit pendant le film.
Je dois reconnaître que les deux films de Xavier Legrand ont une dimension de thriller horrifique. Cette dimension s’ancre dans une réalité assez banale qui finit par terrifier. Et quelque part, c’est réussi. « Le successeur » Ellias ne se limite pas à la succession d’un grand couturier, il succède à un père qu’il ne portait pas dans son coeur : spoiler: un monstre succède à un monstre !
Moi qui aime être bousculé, je vais être clément aux risques pris de Xavier Legrand qui a réussi sa mission de m’irriter, de me partager.