Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en lançant The Pickup, mais ça s’est transformé en une vraie surprise — ni catastrophique, ni culte, mais franchement divertissant.
Le film démarre fort : deux conducteurs de fourgon blindé que tout oppose — Randall (Eddie Murphy), le sage vétéran, et Travis (Pete Davidson), le rookie maladroit — se font prendre au piège par Zoe (Keke Palmer), une criminelle futée bien décidée à détourner leur chargement. Le contexte, aussi simple qu’efficace, donne rapidement le ton entre danger, quiproquos et répliques qui claquent.
Ce qui sauve vraiment la mise, c’est le trio principal. Murphy, dans un contre-emploi inattendu, parvient à glisser quelques moments de charme discret, surtout dans les rares éclats de révolte. Davidson, fidèle à son style, est à la fois agaçant et un peu touchant, et Keke Palmer crève l’écran à chaque apparition — elle porte le film quand le script flanche.
Car côté scénario, c’est inégal : certaines situations filent bien, entre action fluide et dialogues bien sentis, mais d’autres tombent dans l’absurde ou le cliché lourd. On sent le potentiel d’un véritable buddy-movie décalé, mais l’écriture hésite trop souvent entre sérieux et comédie bancale — résultat : on sourit souvent, on rit parfois… mais on reste aussi en surface.
La mise en scène est solide, sans folie, avec un style visuel propre et un montage dynamique. Quelques scènes d’action (explosions, poursuites, coups de bluff) sont clairement filmées avec envie, même si on regrette que l’ensemble reste trop propre, pas assez cocasse pour vraiment marquer le cerveau. Malgré tout, ça se regarde bien.