Pour bien entamer la rentrée? rien ne vaut un bon vieux film d'épouvante, bien sanguinolent et plein de mystères. Le film de Zach Cregger n'est pas trop sanguinolent, mais on est bien en plein mystère.
En pleine nuit, à 2 h 17, 17 enfants d'un paisible et charmant petit village quittent précipitamment leur domicile, courant droit devant eux avec une drôle d'allure, un peu penchés, comme des automates.. Ils appartenaient tous à la même classe, tous, elle est vide désormais, à l'exception d'un petit garçon -gentil, bien élevé- mais qui a l'air un peu perdu, - on le serait à moins! Interrogé il n'a rien à dire. Il n'a rien vu, rien entendu de suspect.
La police fait choux blancs. A vrai dire, dans le film, les flics de Maybrook n'ont vraiment pas l'air du lumières.....
La suite est un puzzle, l'évènement vu par plusieurs personnes de la communauté. A commencer par Justine (Julia Garner), l'institutrice. Elle doit savoir quelque chose, elle doit y être pour quelque chose, c'est le bouc émissaire idéal. Elle est jeune, elle est jolie, elle flirte avec l'alcoolisme (et un flic marié), elle est insolente, elle est mêle tout (et se mêle surtout de choses qui sont du domaine réservé de la police). Sur sa voiture on tague donc avec une grosse bombe rouge : Sorcière!
Et puis il a Archer, et là on est trop heureux de retrouver Josh Brolin chez qui le passage des ans, ma foi, n'a pas fait de dommages irréversibles! C'est un père déchiré. Il n'accepte pas la disparition de son fils. Il n'accepte pas de voir la police baisser les bras. Il reprend l'enquête à son compte. Il étudie les trajectoires des enfants et constate qu'elles convergent en un point précis. Tiens, la police n'y avait pas pensé.... quand on vous dit qu'ils ne sont pas fufutes...
Il y a encore Paul (Alden Ehrenreich), flic (c'est l'amant occasionnel de Justine) plus énervé qu'efficace, il y a surtout un petit voleur drogué et clochard.... et d'autres. Et d'autres. Saluons la performance d'Amy Madigan, la tante du petit survivant venue tenir la maison pendant la maladie de ses parents.
Le spectateur est donc pris au piège dans ce réseau d'incompréhensions, d'animosités, de non-dits; la composition du film est extrêmement prenante; mais il faut bien en finir un jour, et là, on ne peut qu'être déçu car on va nécessairement retomber dans le schéma bateau de sorcière, rites magiques, objets maléfiques et possessions... Qu'espérer d'autre? Si un film d'épouvante se terminait dans le rationnel, ce ne serait plus un films d'épouvante. Amateurs, courez -y!!