Drame horrifique écrit et réalisé par Zach Cregger, Évanouis est une arnaque complète, un foutage de gueule intégral, un crachat au visage du public. L'histoire se déroule à Maybrook, en Pennsylvanie, dans une petite ville paisible qui va connaître un événement la marquant à jamais. Une nuit, à 2h17, dix-sept enfants de la même classe de primaire quittent simultanément leur domicile et disparaissent. En se rendant en classe le lendemain, Justine Gandy, leur enseignante, arrive et ne trouve qu'un seul élève, Alex Lilly. Une enquête policière est ouverte et Alex et Justine sont interrogés, mais l'enquête et les interrogatoires ne révèlent rien. Ce scénario s'avère particulièrement pénible à visionner pendant toute sa durée d'un tout petit peu plus de deux heures. Pourtant, l'intrigue commence de façon prometteuse, à l'instar de son synopsis qui attise la curiosité. Mais elle semble également dévoiler tout de go l'ensemble du récit. On se demande donc bien ce que va raconter la suite. Et c'est là que commence la purge. Car oui, l'histoire qui se déroule pendant plus d'une heure et demie est totalement déconnectée de ce qu'on nous vend. Celle-ci nous fait suivre via des chapitres différents personnages qui se croisent, nous montrant ainsi le point de vue de chacun. Mais tout ceci est totalement vain tant ça n'a rien à voir avec ce qu'on nous présente au début. Et ce découpage en chapitres n'est pas du tout judicieux, pour ne pas dire contre-productif. C'est absurde et s'enfonce dans le grotesque au fil des minutes en tombant dans le genre fantastique qui ne colle pas du tout au réalisme instauré au départ. Il n'y a absolument aucun fond, c'est le néant, le vide intersidéral. Aucun sujet n'est traité, si ce n'est des ébauches restant en l'état. Résultat, ça semble aussi interminable que minable. On se demande quel est le sens de tout ça ? Quelles sont les motivations à cela ? Pourquoi ça n'a aucun rapport ? Tant de questions qui resteront sans réponses. On s'attendait à une enquête policière, à un thriller, à de la tension, à de l'angoisse. Mais non, rien de tout cela, juste le vide. La dernière demi-heure raccroche tout de même un peu les wagons mais c'est beaucoup trop tard et surtout ça devient de plus en plus risible au fil des révélations concernant l'origine de ces disparitions. Rarement un scénario n'aura été aussi médiocre. On dirait vraiment que le métrage a été produit uniquement pour balancer quelques scènes chocs de par leur violence primale et pour tenter de nous faire sursauter à plusieurs reprises. Et en cela il fonctionne car quelques séquences sont marquantes par leur violence. Mais au service d'aucun propos. Le ton se veut lui très étrange. Il mêle en même temps drame et légèreté, ce qui donne un rendu ne s'accordant pas avec son point de départ. On sourit par moment car c'est complètement aberrant. L'ensemble est porté par des personnages manquant cruellement de profondeur et de développement. Des rôles interprétés par une distribution tout de même convaincante comprenant Julia Garner, Josh Brolin, Alden Ehrenreich, Austin Abrams, Cary Christopher, Benedict Wong, Amy Madigan ou encore June Diane Raphael. Tous ces individus entretiennent des rapports insipides soutenus par des dialogues aucunement intéressants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut de bonne facture. Sa mise en scène fait le travail, sans pour autant bénéficier d'une touche esthétique personnelle. Les passages se déroulant dans la pénombre sont pour leur part très mal éclairés, alors que les environnements dans lesquels se déroulent l'action sont eux très quelconques. Ce visuel correct est accompagné par une bande originale de qualité, aux compositions percutantes ayant un impact sur les situations et les images. Reste une fin pathétique, à l'instar de l'ensemble de ce film scénaristiquement cataclysmique. En conclusion, Évanouis est une vaste blague, un ratage sur toute la ligne, un long-métrage navrant et énervant tant il se moque de son public via son scénario mensonger et indigne d'être diffusé sur grand écran et de prétendre faire partie du septième art.