3 ans après «Barbare» (un film qui m'avait convaincu dans sa première moitié et bien moins dans sa seconde), le réalisateur-scénariste Zach Cregger nous revient avec ce second film dans la veine horrifique.
Un film qui semble cartonner au box office américain et dont je dois avouer que je ne comprends près très bien le succès, celui-ci se rapprochant plus pour moi d'une forme d'arnaque que d'une œuvre vraiment maîtrisée et réussie.
S'ouvrant à la manière d'un conte obscur et à l'ambiance presque hypnotisante sur fond de balade rock (une intro qui m'a bien plu), le film décide de nous balader durant 2h à travers son récit divisé en chapitres et en points de vue pour lever le voile sur cette disparition d'enfants au sein d'une petite ville.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le ton et la construction de ce film m'ont particulièrement agacé, déroulant une narration faussement labyrinthique et complexe pour dissimuler un "twist" prévisible et finalement plutôt pauvre en terme d'écriture
(la coupable est une vieille ensorceleuse malade qui manipule les êtres autour d'elle comme des marionnettes et les transforment en zombies/armes prêts à se lancer sur leur cible au moindre danger pesant sur elle)
, faisant tourner le film assez vite en rond et se terminant pas un (looong) dernier segment en mode "et là, vous avez compris hein, vous avez compris où je voulais en venir ???", ne faisant que confirmer la fragile illusion sur laquelle veut se reposer ce (soi-disant) bon film.
La galerie de personnages au sein de celui-ci n'aide pas non plus, certains étant pour le moins insupportables (mention spéciale au flic et au drogué, dont je me foutais pas mal) et dont les segments sont bien trop artificiels, juste là pour raccrocher avec la suite.
Alors oui, au niveau formel, la réalisation et la photographie sont propres et maîtrisés, conférant une certaine ambiance et esthétique à l'ensemble, notamment lors des séquences de cauchemar (même s'il faudra m'expliquer comment le personnage de Josh Brolin a pu faire un cauchemar aussi élaboré et divinatoire). Mais si l'écriture ne suit pas (comptant en son sein plusieurs incohérences), ça ne suffit pas pour convaincre, loin de là.
Et pour une œuvre vendue comme un film d'épouvante-horreur, l'épouvante-horreur n'y marche que trop rarement, désamorcée trop souvent par un humour malvenu (et sans doute involontaire).
Bref, vous l'aurez compris, ce «Weapons» («Évanouis» en français...pourquoi ? Aucune idée) ne m'a vraiment pas convaincu et m'a laissé assez indifférent au final : bien trop long, redondant et peu palpitant dans sa construction en puzzle, se mélangeant les pattes au niveau du ton à adopter, et voulant "complexifier" artificiellement une histoire sans grande surprise et pas toujours très crédible
de sorcière et de sortilège
.
Le genre de film prometteur, mais qui manque sa cible, et pas qu'un peu.