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cdo
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4,5
Publiée le 26 novembre 2025
Très bon film qui montre comment un régime totalitaire broie ses propres citoyens, y compris ceux qui font simplement et sincèrement leur travail, fidèles à leur formation dispensée par le système lui-même... Kafkaïen et désespérant...L'homme réduit à un robot.
Un film d'auteur assez intéressant qui nous plonge dans l'enfer Juridico-concentrationnaire de l'URSS de Staline, où la justice et la liberté ont été bradé à la dialectique soviétique armée par la loi du silence, un système de surveillance millimètré et l'omnipotente bureaucratie du régime en cours raffermissement. Le tout, au service de la grandeur d'un peuple qui ne voit aucun bien fait de se système et qui peut en rien de temps faire passer les héros nationaux au rang d'ennemis.
Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination, sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev. Il se démène pour rencontrer le prisonnier, victime d’agents de la police secrète, la NKVD. Bolchévique chevronné et intègre, le jeune procureur croit à un dysfonctionnement. Sa quête de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou. Les 118 minutes signées par l’ukrainien Sergei Loznitsa ne cherchent pas à documenter des révélations fracassantes mais plutôt de la fable universelle sur un cauchemar en explorant les mécanismes aliénants du pouvoir et de la bureaucratie. Somptueusement glaçant jusqu’à un twist final renversant. On ne sort pas de la salle en faisant des claquettes, mais avec le sentiment d’avoir vu un grand film. Quand on voit défiler les noms des pays coproducteurs, France, Allemagne, Pays-Bas, Lettonie, Roumanie, Ukraine, Lituanie… on sent bien que la production de ce drame carcéral n’a pas dû être un chemin pavé de roses. Ce récit s’inspire d’une nouvelle de Georgy Demidov, un physicien ayant subi l’emprisonnement politique au Goulag. Son texte, écrit en 1969, a dû attendre 40 ans avant de pouvoir être publié, après des décennies de censure et de confiscation par le KGB. A l’heure des grandes purges staliniennes, c’est la plongée d’un homme dans un régime totalitaire qui ne dit pas son nom. Permanence des plans fixes, palette des couleurs ternes et prééminence des dialogues… bref un théâtre claustrophobe où s’agitent, souvent en vain, les marionnettes du pouvoir stalinien. La dualité du titre est omniprésente dans la construction même de ce film : deux lieux, deux voyages en train, deux interludes musicaux, deux rôles secondaires interprétés par le même comédien, Les yeux toujours braqués sur le monde contemporain, Loznitsa oublie volontairement tout baroque absurde et cauchemardesque en faveur d’une certaine dose de pragmatisme. À l’heure où les régimes autoritaires font leur grand retour aux quatre coins du globe, le courage et la persistance d’un humaniste s’acharnant contre l’injustice devraient bousculer la léthargie de certains défaitistes. L’intrigue veut rappeler que ces mécanismes de terreur restent universels et trouvent encore des échos aujourd’hui. Le casting est entièrement constitué d’acteurs russophones exilés. Les Aleksandr Kuznetsov, Aleksandr Filippenko, Anatolly Belyy, Vytautas Kaniušonis, Andris Keiss, Valentin Novopolskij,… et bien d’autres sont absolument parfaits. La mise en scène repose sur des plans fixes, jamais de caméra mobile. Le format carré () évoque les images d’archives, tandis que la palette de couleurs bannit toute teinte vive : ne restent que le noir, gris, brun, bleu sombre, blanc et… le rouge sang. Le tournage a eu lieu dans une prison de Riga construite en 1905 et fermée récemment pour insalubrité. L’odeur de souffrance y flotte encore – elle ne disparaîtra sans doute jamais, précise le réalisateur. Dans un pays où des dizaines de millions de personnes ont été déplacées ou sont passées par le Goulag, et où des millions sont mortes de faim ou dans des conditions inhumaines – la mémoire de ces tragédies vit encore dans presque chaque famille et nous hante toujours aujourd’hui. Un grand film qui, curieusement, ne bénéficie d’aucun battage médiatique, et qui mérite d’être vu et revu. Retenez votre souffle, car vous vivrez la dernière demi-heure quasiment en apnée.
Ce film est d'une puissance implacable. Les idées de mise en scène du réalisateur ( le cadrage en 4/3, les plans fixes, la couleur feutrée de l'image ) nourrissent la volonté de proposer une atmosphère pesante pour chaque séquence, afin de dénoncer la rigidité du système politique de l'époque.
Le récit navigue dans une ambiance paranoïaque où chaque personne semble espionner le protagoniste de l'histoire.
En effet, ce dernier est un jeune procureur idéaliste mais conscient du danger qui l'entoure en permanence. Il souhaite coûte que coûte dénoncer les dérives du système soviétique, au risque que le piège se referme sur lui-même.
La première partie en huis clos dans la prison est d'une tension phénoménale. La seconde moitié sera plus classique dans son déroulé mais ne perdra pas de son efficacité grâce aussi à un casting impeccable (le procureur général, le secrétaire ou encore les ingénieurs du train).
C'est donc une proposition de cinéma où la forme est au niveau de la dénonciation du propos. Un film essentiel et glaçant.
En Union Soviétique en 1937, le régime mène une guerre impitoyable à ses opposants emprisonnés. Lorsqu’un jeune procureur s’aventure à enquêter, il doit faire preuve de persévérance. Mais il ne semble pas savoir où il met les pieds. L’histoire est forte, mais noyée dans une réalisation lente.
Fascinant ! On regarde cette plongée dans le système stalinien comme un lapin ébloui, sans bouger, en se demandant sans cesse ce qui va se passer ensuite. Une série de portraits saisissants dans un monde qui semble surréaliste et qui pourtant doit bien ressembler au réel. Parfaitement filmé et joué.
Un film est de qualité. Son histoire est développée à un rythme assez lent, mais cela ne pose aucun problème, car la tension latente est assez palpable pour maintenir notre attention.
film historique sur la justice invraisemblable du temps du stalinisme et la complicité de tous les intervenants. le film semble très proche de la réalité; les acteurs sont bons mais s'agissant d'un témoignage, il ne faut pas s'attendre à quelque chose de divertissant
Une plongée dans le système Stalinien. Une mise en scène et le montage nous fait "vivre en direct" l'inertie, les manipulations et la violence du Stalinisme.
Quand la machine perverse et implacable du totalitarisme est lancée, elle détruit toute velléité de vérité sur son passage et tue en masse. C’était l’URSS de Staline, mais le processus tragique est toujours le même. Un film sans échappatoire, pour le personnage principal comme pour le spectateur. Étouffant comme la vérité sans fard. Oui ce film est parfois long et pesant, et l’on ressent la pesanteur de la chappe de plomb qui arrête le temps, écrase les bonnes volontés, asphyxie systématiquement les espoirs… On n’ose imaginer la réalité mais on la partage un peu, le temps du film. Bravo.
Le respect profond de l'état de droit ,bien qu'indiqué par le jeune procureur n'a aucun écho auprès de ses interlocuteurs ce qui nous fait comprendre qu'il est difficile de s'y référer que ce soit dans le passé ou le présent. La dénonciation n'est nulle part considérée
Un film lent, la musique est absente, le silence se fait. On découvre avec effroi la lenteur du système soviétique, ces nombreuses portes de prison avant d'arriver au détenu, ces nombreuses heures d'attente pour faire craquer les fonctionnaires trop zélés... Cette ambiance est pesante, presque stressante. La fin est un peu attendue mais on est sur un film qui aurait pu être un documentaire. Quand la jeunesse d'un procureur rime avec sa naïveté...