Deux Procureurs
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FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 juin 2026
Alexander Kornev est jeune et inexpérimenté, mais pas trouillard ou incompétent. Il fait partie des très jeunes nommés, non pas pour apporter un vent de fraîcheur dans le milieu, mais parce que les dirigeants espèrent qu'ils se casseront vite les dents et qu'ils prendront peur face au système. C'est d'ailleurs contre un système que Kornev se bat, et non pas contre un seul homme. Une quête de justice, en plein cœur du stalinisme, qui est montrée froidement pour appuyer le sentiment d'impunité du pouvoir en place. Les personnes que Kornev rencontre sont menaçantes, mais jamais de manière frontale. Des avertissements « amicaux » et des menaces déguisées qui font quand même leur effet. Cela montre contre quoi ce jeune homme se bat et le courage que cela demande. Tout cela est parfaitement représenté au cours de la première partie dans ce cadre hostile et oppressant qui mêle autant le fond que la forme. Je ne peux pas en dire autant de la suite, qui transpose la même chose dans un autre environnement. J'ai trouvé le reste fastidieux et répétitif. Bref, il y a des qualités, mais je suis resté sur ma faim.
pirotte o
pirotte o

2 abonnés 78 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juin 2026
Sur une période historique et un régime politique moins mis en lumières que d'autres, ce film est une bonne amorce et un bon aperçu de l'horreur bureaucratique soviétique, de l'espionnage tentaculaire et paranoïaque, des purges et tortures quasi généralisées et consistant à faire "ennemi du peuple" un tout à chacun. Comme dans la scène dans le train où les membres du NKVD grimés en ingénieurs demandent à Kornev si les "sabotages" des usines peuvent être étouffées dans l'oeuf. La candeur et l'honnêteté de Kornev lui font croire que les tortures subies par un des prisonniers dans sa région peuvent être stoppées par son intervention au bureau national, alors que son intervention déclenche la machinerie bolchevik. Un film massif et pénétrant.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mai 2026
Deux procureurs n'est pas seulement un film qui dénonce la dictature comme il y en a beaucoup. Il nous permet de comprendre la psychologie des vieux militants bolcheviks qui ne pouvaient pas admettre que leur révolution ait abouti à un système monstrueux, à l'opposé de leurs idéaux et du discours de ses dirigeants. La scène entre le jeune procureur et Vychinski, le sinistre accusateur des procès de Moscou, est à ce titre extraordinaire. Le caractère angoissant de l'univers carcéral et la sourde hostilité des gardiens envers un intrus, fut-il un magistrat, qui ne sont d'ailleurs pas des spécificités de l'URSS stalinienne, ont rarement été aussi bien rendus. Certes, il ne s'agit pas d'un film ludique. Certains pourront trouver certaines scènes longues. Mais c'est tout un pan de l'histoire et de la psychologie humaine qu'il met en scène avec une rare justesse.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2026
Un film très très lent dans lequel les dialogues sont tellement peu nombreux qu'ils mettent en valeur ce qui est dit par les personnages.
Un film fait d’attentes interminables, de portes qui s’ouvrent sur des pièces cachées ou des couloirs ; le bruit des serrures des grilles en prison, des portes qui grincent ; des militaires sans expression.
Tiré d'une histoire vraie, j'ai aimé croire à un happy end tout au long du film.
J'ai adoré la musique qui en rajoute une couche dans la gaieté ou l'épaisseur.
Et surtout, j'ai aimé le personnage principal à la fois bien naïf mais tenace et croyant à la doctrine de l'Etat soviétique.
christophe D10
christophe D10

33 abonnés 975 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 17 mai 2026
Il faut environ 5 minutes pour se rendre compte que l’on va trouver le temps très long pour ce film pourtant encensé par la critique.
Des plans séquences interminables, une mise en scène d’une austérité monacale, nous plongent très vite dans un ennui profond…
L’histoire semblait intéressante, mais il faudrait que certains metteurs en scène se rendent compte quand même que le spectateur, regarde aussi des films pour se distraire un minimum…
Incompréhensible pour moi qu’un film aussi ennuyeux, puisse obtenir d’aussi bonnes critiques..
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 829 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 mai 2026
Personne ne pourra reprocher à la mise en scène de ne pas savoir retranscrire la lenteur de l'administration soviétique, le désoeuvrement des geôliers hostiles à toute intrusion antagoniste, l'iniquité absolue entre trois catégories de concitoyens (les riches dirigeants, ceux qui les servent en récupérant quelques miettes, la majorité démunie de la population)! Mais ces longs silences, ces plans fixes, ces innombrables ouvertures de portes, ces ors des bâtiments de pouvoir, ces prisonniers éteints sont inutilement redoublés par des dialogues surexplicatifs, des scènes symboliques à rallonge, des rencontres inutiles qui lassent affreusement! Ainsi, ce pamphlet (aux fulgurances sarcastiques bienvenues) contre les exactions du régime stalinien qui manifeste aussi la naïveté suicidaire des honnêtes hommes manque d'une assise narrative solide, aboutissant à une fin des plus prévisibles après de vaines circonvolutions. Monotone!
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2026
"Deux procureurs" est un film âpre retraçant le combat d'un jeune procureur pour faire porter la voix d'un prisonnier politique (et d'autres...), torturé en Union Soviétique sous Staline. Le cinéaste recrée la tension exercée à cette époque par la NKVD. Le jeune homme fraîchement nommé va se heurter au mépris des instances moscovites qui vont profiter quelque peu de sa naïveté malgré sa determination. Ce retour en arrière est nécessaire pour mieux comprendre la situation actuelle, son réalisateur Sergeï Loznitsa étant ukrainien. Un conseil, restez bien jusqu'à la scène finale de ce long métrage historique qui a fait l'ouverture de Cannes 2025 et glace les sangs.
Coltito
Coltito

4 abonnés 214 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2026
Alexander Kornev est un jeune procureur d’une région de l’URSS en plein milieu de la terreur. Une lettre arrive à son bureau d’un condamné enfermé en prison alors qu’il n’avait rien fait. Alexander va alors tout faire pour essayer de le sortir de la allant même jusqu’au bureau du procureu général à Moscou. Mais dans un régime totalitaire, le monde peut se retourner contre toi en un seul instant.
Un très bon film sur l’URSS de Staline.
Un film que je conseille vivement de voir.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mars 2026
Le film nous ramène en 1937, au cœur de la Grande Terreur, à un moment où l’État soviétique semble s’être retourné contre sa propre population, pour montrer comment un régime obsédé par sa survie finit par dévorer ceux-là mêmes qui le soutenaient. Alors que le NKVD orchestre arrestations massives, interrogatoires sous torture, aveux extorqués et exécutions administratives, les Procès de Moscou condamnent par milliers et les purges s’abattent indifféremment sur fonctionnaires, militaires ou simples citoyens. Tout un pays se découvre soudain transformé en vivier de suspects et c’est précisément dans cette atmosphère de suspicion généralisée que le film trouve sa nécessité. Une entrée en matière qui donne déjà la mesure de ce que le récit s’apprête à dévoiler.

Au centre du film, Kornev, procureur provincial persuadé de servir la justice socialiste, découvre peu à peu l’ampleur des abus : détentions illégales, dossiers falsifiés, lettres de prisonniers systématiquement détruites. Convaincu que l’État ignore ces dérives, il décide de se rendre à Moscou pour les dénoncer. Mais dès les premières séquences, le film fait du totalitarisme une expérience spatiale. Couloirs interminables, portes qui s’ouvrent puis se referment, salles d’attente où l’on patiente sans explication : tout compose un monde saturé de seuils, de filtres, d’obstacles. Les plans fixes enferment les corps dans des compositions où les lignes et les couleurs fades dominent les individus. Dans cet univers administratif, les fonctionnaires parlent avec courtoisie, les procédures s’enchaînent avec une fluidité impeccable, et pourtant aucune justice n’advient. Personne ne crie, personne ne menace. C’est précisément ce calme qui révèle que le système tourne à plein régime. Kornev, avec sa foi naïve dans la rectification possible, apparaît alors comme une anomalie.

Certaines scènes traduisent cette logique ironique. Lorsqu’il aide une secrétaire à ramasser des papiers tombés dans un escalier, les employés alentour s’immobilisent, observant la scène comme un geste incongru. Le film glisse alors vers un humour froid, presque burlesque. Cette tonalité culmine dans la séquence du train : dans un wagon-lit feutré, deux hommes affables offrent vin et musique au procureur. L’atmosphère semble chaleureuse. Pourtant un malaise persiste, comme une note dissonante que l’on n’arrive pas à identifier. Le film y expose l’un de ses principes les plus inquiétants : la violence d’un régime ne se manifeste pas toujours par la brutalité mais aussi dans la bienveillance des interactions.

Lorsque la vérité s’impose enfin, il nous reste que la prise de conscience tardive qu’un pouvoir peut perdurer en transformant ses propres serviteurs en rouages dociles. Et c’est peut-être là que le film trouble le plus : en suggérant que ces mécanismes n’appartiennent pas seulement à 1937. Ils renaissent dès qu’un appareil politique parvient à maquiller la violence en procédure, l’arbitraire en nécessité, et l’obéissance en simple bon sens. Une leçon qui, sans jamais quitter l’histoire, semble étrangement familière aujourd'hui.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 342 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2026
Se déroulant en . en 1937, le film est une excellente description de l’univers totalitaire et de ses mécanismes, toujours d’actualité, en se focalisant sur 2 de ses piliers, les systèmes pénitencier et judiciaire. Il est renforcé par les nombreux plans fixes et sa photographie (du Moldave Oleg Mutu dont c’est la 5e collaboration avec le réalisateur) où les couleurs sont exclues et le choix des bâtiments, très staliniens [tournage à Riga (Lettonie), dans une ancienne prison, fermée pour insalubrité]. Le titre fait référence à Alexander Kornev (le Russo-Ukrainien Alexandre Kouznetsov, 33 ans, vivant en Grande-Bretagne depuis 2022), jeune juriste, célibataire, orphelin, nommé récemment procureur à Briansk (à 350 km au sud-ouest de Moscou), communiste convaincu, appliquant le droit strictement ( spoiler: au détriment du NKVD, police politique ancêtre du KGB
), et le procureur général de l’Union Soviétique, Andreï Vyshynsky (qui dirigea les procès de Moscou, entre 1936 et 1938). Il montre bien que le totalitarisme repose aussi sur l’acceptation de nombreux hommes (sans trop d’effort, tout au long de la hiérarchie) au système dont le travail, fragmenté, pour les échelons inférieurs, ne semble pas porter à conséquence, illustrant bien le principe dénoncé par Etienne de la Boétie (1530-1563) dans son « Discours sur la servitude volontaire », écrit à 18 ans. Le film, beaucoup plus efficace que « Le procès » (1962) d’Orson Welles, adapté du livre éponyme de Franz Kafka, décrit Alexander Kornev, semblable à Icare, spoiler: se rapprochant trop du soleil qui faire fondre la cire maintenant en place ses ailes et provoquant sa chute.
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2026
Sergei Loznitsa a réalisé un film sombre et silencieux. Il aborde ici une période terrible de l'histoire russe, celle des grandes purges staliniennes. Une ère d'incroyable violence sous couvert de politique égalitariste. Le ton est juste et les acteurs sont formidables (en particulier Alexandre Kousnetzov) mais le film risque de ne pas atteindre sa cible. Trop lent et trop sombre, il risque d'être boudé par le grand public. C'est clairement un film pour amateurs d'histoire. Mais ceux-ci, souvent exigeants, risquent d'être déçus de découvrir un Vichinsky mesuré, presque rassurant, ce qui - certes - permet de nourrir le doute et l'intrigue jusqu'à la dernière scène, mais ne correspond pas du tout au caractère du véritable Vichinsky qui fut un homme brutal, cynique et un procureur sans états d'âme.
Intéressant tout de même.
Sarah Choueifati
Sarah Choueifati

45 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 janvier 2026
Le synopsis était hyper prometteur, et le script en soi avait énormément de potentiel. Mais passer autant de temps dans une prison soviétique en se concentrant quasi uniquement sur sa lourdeur administrative et son architecture obscure (c'est une prison...) c'est franchement une opportunité raté. De même, arriver au coeur du ministère pour n'y montrer que la 'maison qui rend fou' à la Astérix, c'est dommage. Au final, le film devient réellement intéressant à la toute fin, dans ce train, où se confronte le jeune procureur et la vie soviétique.
miketbrijou
miketbrijou

2 abonnés 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 janvier 2026
Très belle fable sur l’inhumanité de l’arbitraire utilisée comme arme de terreur politique. Les images très belles et la lenteur désespérante de l’action donne toute sa force au film. Par sa naïveté, le jeune procureur idéaliste est le seul à croire que sa démarche pourra aboutir. Glaciale description du système de purge des élites mis en place par Staline en trois actes : l’enfer carcéral, la bureaucratie hallucinante et le cynisme du retour au point de départ.
evariste75
evariste75

210 abonnés 246 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2026
Un excellent film qui me rappelle un film russe "Capitaine Volkogonov" sorti vers 2023 decrivant cette période 1937-38 des grandes purges staliniennes.

J'ai adoré ce film d'atmosphère, la naïveté et l'angélisme, qui lui seront fatals, de ce jeune procureur...

Je veux revoir ce film pour l'étudier, pour m'imprégner de son atmosphère...

J'ai revu pour la 3ème fois ce film à 11h30 au Chaplin Saint Lalbert ce mardi 6 janvier 2026.

Cette troisième fois, je perçois un nouveau détail (Iejov) qui m'avait échappé les deux premières fois...

Entre les 3 projections. je me suis lourdement documenté via YouTube sur les horribles purges staliniennes qui sont, en France, largement sous-evaluees, en raison sans doute de notre héritage communiste stalinien.

Le Capitaine Volkogonov m'a fait prendre conscience de l'énormité de ces purges staliniennes et m'a. en quelque sorte, servi de marchepied vers "Les deux procureurs".

On ne peut qu'être époustouflé par l'idéalisme teinté de naïveté, le courage, la fidélité, l'abnégation du jeune procureur Kornev face à l'épouvantail procureur Vichinsky...

Malheureusement, c'est film n'est pas accessible au commun des mortels. en particulier ceux qui n'ont pas connaissance des grandes purges staliniennes.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2025
Un film magistral sur le système judiciaire russe sous Staline dévoyé par les methodes arbraires de la police politique du NKVD.
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