Deux Procureurs
Note moyenne
3,8
685 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

98 critiques spectateurs

5
12 critiques
4
39 critiques
3
26 critiques
2
15 critiques
1
6 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Corinne76100
Corinne76100

85 abonnés 630 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2025
Film édifiant sur le régime totalitaire de l'URSS où deux niveaux de justice se côtoient, le régime légal et celui de la NKVD. Une véritable descente aux enfers de ce jeune procureur. Le film est assez lent mais cette lenteur est oppressante et les scènes sont filmées de façon rigoureuse et froide. .
Yves G.

1 840 abonnés 4 004 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Dans l’URSS stalinienne, à l’acmé de la Grande Terreur stalinienne qui fit plusieurs millions de victimes, les plaintes des détenus n’étaient pas transmises. L’une d’elles parvient toutefois au jeune procureur Kornev (Aleksandr Kuznetsov), fraîchement émoulu de la faculté de droit, qui se présente à la prison où est détenu son auteur. Il parvient de haute lutte, malgré les obstacles dressés par la direction, à s’entretenir avec lui. Kornev décide immédiatement d’aller à Moscou pour rendre compte au Procureur général, Andreï Vychinski, de ce témoignage déchirant.

Né en 1964 en Biélorussie soviétique, installé à Berlin depuis 2011, Sergei Loznitsa s’est fait connaître en 2013 en Occident par un premier film dont l’action se déroulait durant la Seconde Guerre mondiale. La facture de "Dans la brume" annonçait celle de ses œuvres suivantes : des plans-séquences interminables, une quasi absence de dialogues, une virtuosité intimidante… Les mêmes recettes étaient utilisées l’année suivante dans "Maidan", un documentaire sur la chute du président Ianoukovitch durant l’hiver 2014, dans "Une femme douce" le portrait d’une héroïne dostoïevskienne dans la Russie post-soviétique et dans "Donbass", une évocation en treize plans-séquences de cette région ukrainienne annexée par la Russie, qui y bafoue les droits de l’homme et humilie ses citoyens.

"Deux procureurs" est l’adaptation très fidèle d’une courte nouvelle de Gueorgui Demidov (1908-1979), emprisonné à la Kolyma en Sibérie en septembre 1938. Le film de Loznitsa n’en a pas la concision – il tangente les deux heures – mais il en a l’âpreté. Il a été tourné l’automne dernier en Lettonie dans une ancienne prison désaffectée. Loznitsa aurait pu filmer des montagnes de cadavres ou des cellules grouillantes de vermine ; il préfère montrer de longs couloirs sinistres, des guichets cadenassés et des gardiens patibulaires.

Son héros est un Juste qui se rebelle contre une Justice dévoyée lorsqu’il découvre qu’elle emprisonne et condamne des innocents et leur arrache des aveux. Mais c’est aussi un naïf qui s’imagine que ces excès de pouvoir sont le fait des chefs locaux et que si Moscou en était informé, ces exactions prendraient fin. Quand il se rend au siège de la Prokuratur, il déambule dans les mêmes escaliers interminables et se heurte à la même bureaucratie bornée que celle à laquelle il s’était heurté la veille en province. Son entretien avec Vychinski, un personnage historique tristement célèbre pour ses réquisitoires impitoyables fait froid dans le dos.

En compétition à Cannes, "Deux procureurs" en est reparti bredouille. Il y aurait mérité un prix.
donniedarko1
donniedarko1

72 abonnés 255 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 juillet 2025
Film qui met beaucoup de temps à démarrer. Rythme lent et pesant. Plus le film avance, plus l’intérêt augmente. À réserver aux spectateurs avertis quant au rythme.
traversay1

4 473 abonnés 5 347 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2025
Deux procureurs, c'est Kafka chez Staline, au temps des purges sanglantes de 1937. Pour cette leçon historique, Sergueï Loznitsa, qui ne délaisse le documentaire que pour des fictions fortes et maîtrisées de bout en bout (Dans la brume, Une femme douce) raconte une histoire simple et implacable, celle d'un fonctionnaire idéaliste, zélé et honnête, qui n'a pas compris quel système il est censé servir. Prises les unes après les autres, les scènes peuvent sembler austères, souvent marquées par l'attente dans des bureaux du principal protagoniste, inconscient des mâchoires qui vont le briser, mais le temps, s'il est étiré, ne semble jamais long, car perçu comme une sorte d'engrenage fatal. Loznitsa sait où il va, contrairement à son héros, et rend palpitant chaque moment de confrontation face aux rouages humains d'une machine qui concasse sans états d'âme. On peut évidemment y voir un effet miroir sur la Russie d'aujourd'hui, mais le film se suffit à lui-même dans sa progression féroce et évidente, eu égard au régime dont il décrit le fonctionnement imperturbable. Le procureur candide est comme un fétu de paille emporté par une tempête tranquille, au sein d'une logique arbitraire dénuée de toute humanité. Ce n'est pas la première fois, depuis notamment L'Aveu, qu'un régime totalitaire est ainsi décrit, mais Deux procureurs prend assurément place parmi les réussites les plus glaçantes et brillantes du genre.
Shawn777

800 abonnés 3 919 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2025
Adapté du roman soviétique "Dva prokourora" de Gueorgui Demidov, le réalisateur Sergueï Loznitsa signe ici un film dramatique mais surtout profondément froid et pessimiste. Retour en 1937 dans une Russie dirigée d'une main de fer par Staline qui organise des Grandes Purges. Parmi elles, beaucoup de gens sont bien-sûr enfermés à tort et toutes leurs lettres sont brulées. Mais un procureur va essayer de tout faire changer en prenant la défense d'un prisonnier. Bon bien évidemment, on sait comment tout cela va finir mais c'est surtout le combat que tente de mener ce procureur qui va être intéressant. D'autant plus que, pour être honnête, je ne m'y connait pas bien en histoire, surtout lorsque cela touche à l'URSS, le film nous en apprenant alors beaucoup sur l'ambiance pas ouf qui régnait à l'époque. Nous avons alors sous les yeux un jeune procureur qui rêve de justice mais dont les espoirs vont bien-sûr être petit à petit complètement réduits à néant. Un jeune homme cassé par un système répressif dont il en découvre les rouages lorsqu'il rend visite à ce fameux prisonnier. Toutes ces scènes sont d'ailleurs assez difficiles, d'une profonde affliction dans un contexte sacrément sinistre. Et c'est peut-être également le point faible du film, c'est-à-dire qu'à force de vouloir montrer du sinistre à outrance, le réalisateur finit par presque en perdre son spectateur. Alors cependant, je reconnais que cette représentation est nécessaire, difficile de s'imaginer un tel scénario dans un ambiance moins morose mais les plans fixes sur des portes de prison qui durent dix minutes, c'est vite fatiguant ! Le film donne pourtant tout de suite le ton avec sa scène d'introduction comprenant un plan fixe dans lequel des lettres sont brûlées, plan qui s'éternise mais qui est beau visuellement parlant et puis qui montre également la quantité hallucinantes de lettres et donc de prisonniers accusés à tort. Mais, encore une fois, pendant deux heures, c'est fatiguant et on se retrouve alors devant le cliché du film d'auteur russe super lent (coucou Tarkovski, même si je t'aime bien quand même). Ainsi, malgré un sujet très intéressant et même nécessaire, "Deux Procureurs" ne parvient malheureusement pas à captiver le spectateur sur la durée.
Coric Bernard

455 abonnés 838 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2025
Ce film historique sur la période très sombre de la période stalinienne est dur et glaçant à visionner. Bien que l’on se doute des atrocités de cette sinistre époque, le réalisateur nous les restituent dans ce film avec réalisme. A travers le parcours de ce jeune procureur, on découvre avec lui l’ampleur des exactions de ce régime totalitaire où le coté humain n’a plus vraiment sa place. La réalisation austère avec des plans fixes et des gros plans restitue bien ce monde horrible.

Bernard CORIC

(film visionné en projection de presse au Club 13 à PARIS)
Saltabanque22
Saltabanque22

26 abonnés 118 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2025
Film vu en avant-première au festival de Cannes. Si vous chercher un film d’action passer votre chemin. Sergeï Loznitsz utilise la lenteur à la perfection. Les acteurs sont géniaux. Un vrai film d’auteur qui fait du bien.
FranBru
FranBru

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2025
Vu en avant-première au Méliès. Des couloirs, des grilles, des escaliers, une économie prudente de mots qui prononcés pourraient être retenus contre vous sauf dans le train où les langues se délient. Pas de musique sauf sur le générique de fin mais des bruits de pas, de clés, de portes, ... Choc entre les convictions et le système : Staline ne peut pas être au courant des injustices commises en son nom. Le film n'est pas angoissant, le totalitarisme est banall et se lit sur tous les visages. A voir si on a des doutes sur ce qui fait un système. Mention spéciale au choix des acteurs et des figurants.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2025
Vu au festival de Cannes 2025
Ma note est ici à prendre avec des pincettes. Le film est un des derniers vus pendant le marathon du festival de Cannes 2025 (32 films en 6 jours) et je n'ai pas pu supporter la lenteur de la mise en scène jusqu'au bout.
Dans un très beau 4/3, magnifiquement cadré et éclairé, qui apporte une angoisse voulue par le réalisateur, le jeu très théatral pourra paraître quand même assez caricatural.
Et le temps est étiré dans toute sa splendeur... Le réalisateur n'hésite pas par exemple à placer le personnage principal dans une salle d'attente, et chacun des autres personnages en attente sont appelés un par un dans un plan fixe qui dure, dure...
Donc ma note est ici une note technique, mais pas sur le scénario que je n'ai pas juger sur un visionnage complet.
Christoblog

920 abonnés 1 794 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2025
Voici un film typique du cinéma de Sergei Loznitsa : exigeant, mais générant de grandes satisfactions intellectuelles et esthétiques si on prend la peine d'être patient et attentif.

Le héros Alexander, jeune procureur idéaliste, pense être doté d'une autorité qui lui permettra de surmonter tous les obstacles pour faire prévaloir ce en quoi il croit : la simple application du Droit.

Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et dans cette Union Soviétique de 1937, la machine bureaucratique est plus puissante que tout autre élément. Dans cette farce triste rôde l'ombre de Kafka, et notre jeune diplômé, de couloir en escalier, et de bureau en salle d'attente, va se heurter à plus fort que lui.

La méticulosité implacable avec laquelle Loznitsa dissèque les rouages de la machine est certes glaçante, mais elle est aussi virtuose dans sa mise en scène et sa direction artistique, proche de la perfection.

Une des réussites du film est de donner à la terreur stalinienne de multiples visages fort différents : les personnages bas-de-plafond de la prison, la jovialité inquiétante de l'ex-camarade, l'impassibilité surnaturelle du procureur général. Entre ces séquences, la petite musique burlesque contribue à donner au film son caractère de "théâtre de l'horreur quotidienne".

Bien sûr, les parallèles avec la Russie actuelle ne manquent pas, mais le film tient debout sans ces connexions avec la réalité contemporaine, tant son propos semble universel : il ne fait pas bon être du côté de la justice quand on vit dans une dictature.

La direction d'acteur est exceptionnelle. A voir donc, comme tous les films de Loznitsa.
Naughty Doc

1 040 abonnés 529 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mai 2025
Initialement séduit par Deux Procureurs, récit prenant place dans une Russie bolchévique où un jeune proc' se heurte à l'administration soviétique pour faire valoir les droits d'un prisonnier. De ce simple canevas, Loznitsa déroule à mon sens quelque chose de trop programmatique pour vraiment convaincre, délayant constamment chaque séquence jusqu'à une fin attendue. Pourtant, la mise en scène austère et monolithique est cohérente avec le propos, jusque dans sa composition précise des cadres. Anecdotique quand même !
remyll
remyll

254 abonnés 570 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 novembre 2025
L’enfer et tous les travers d’une invraisemblable cruauté, d’un cynisme élevé au rang d’art, de l’idéologie communiste sont ici présentés avec une maestria remarquable et réjouissante.
Alors oui, le début du film est lent, très lent mais en même temps, je pense que le réalisateur a souhaité insister sur cette lenteur, cette lourdeur, cette pesanteur effroyable de l’administration dans le but de démontrer que c’est par cette manière redoutable que le régime communiste de Staline faisait régner une autorité incroyablement puissante, un ordre implacable, une tyrannie effroyable, gérée par la peur avec un « P » majuscule et gentiment dénommée « la nécessaire dictature du prolétariat ».
Je conseille vraiment de voir ce film alors qu’encore aujourd’hui il demeure toujours dans nos pays d’Europe occidentale, des « partis communistes » auxquels on donne non seulement la parole, mais qui ont tous les droits pour faire valoir leur idéologie nefaste, mortifère et cruelle.
La montée en tension du film est remarquable jusqu’à la fin qui est absolument une apothéose du cynisme qu’il ne faut vraiment pas manquer.
Pascal
Pascal

252 abonnés 2 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Présenté en CO Cannes 2025, mais reparti la corbeille vide ( erreur du jury selon moi ), " Deux procureurs " revient sur la période des grandes purges de Moscou.

Les lecteurs de Chalamov ou de Soljenitsyne n'apprendront rien de nouveau, mais ce portrait du totalitarisme stalinien qui broyait même les communistes les plus fervents, est une vraie réussite.

Climat Kafkaïen qui fait froid dans le dos, la distribution est formidable. C'est ( selon moi ) le meilleur film de Sergei Lonitza.

Par ailleurs, Les connaisseurs se souviendront des opus d'Alexei Guerman " Mon ami Ivan Lapchine " ( malheureusement pas réédité) ou " Kroustaliov ma voiture" auprès duquel ce " Deux procureurs" peut être classé.
koba
koba

10 abonnés 5 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 novembre 2025
Vu en avant-première le 30 octobre.

Les longs, très longs plans fixes sont pesants et fastidieux. Pas de rythme, pas d'action. Pas d'ouverture sur un extérieur oppressant et quasiment pas de décors de cette sinistre époque, hormis les uniformes tchékistes, quelques halls, des cellules de prison, un compartiment de train et des salles d'attente. Quel dommage que la mise en scène soit si dépouillée, tant le thème à la fois terrifiant et kafkaïen se prêtait aux vertiges d'une lente descente aux enfers dans le hachoir humain de l'URSS stalinienne des années 30.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2025
Le film de Sergei Loznitsa, Deux Procureurs, c’est pas un simple film. C’est un affront. Un regard froid — mais pas glacial — porté sur une machine qui broie l’homme parce qu’il croit encore en la justice. La caméra respire l’air âpre des geôles soviétiques, le grain rugueux des murs, l’odeur de poussière et de papier brûlé qui suinte dès la première séquence. Le montage est sec — implacable — et la photographie, dans ses teintes gris muraille et jaune-miel fané, transforme le décor en théâtre de l’absurde. Le plan fixe s’impose, la caméra capte le moindre bruissement du couloir, le chant lointain d’un train, le murmure des détenus.

Loznitsa nous place aux côtés d’Alexander Kornev (Aleksandr Kuznetsov), jeune procureur bolchévique — intègre, volontaire — et donc déjà condamné. Sa quête se fait écoute, capte, sentir le souffle du pouvoir, la moiteur des interrogatoires, le claquement sec des portes métalliques. On pense à Kafka — on pense à Ozu, parfois — mais c’est bien la logique soviétique qui confine ici à l’opéra de l’absurde : un bolchevique face à son propre camp (le système qu’il croyait défendre). L’adjoint, le directeur de la prison, les agents de la NKVD, tous tremblent dans leur costume de bureaucrates — la moindre phrase dit la soumission, le moindre plan, la contrainte.

La lumière est mate, lisse dans les bureaux de Moscou, brillante et métallique dans les cellules — contrastes visuels qui disent sans bruit la différence entre façade et abîme. Le son devient personnage : un souffle, un crissement de serrure, le cliquetis d’une plume sur papier — tout évoque la lente démultiplication de la machine d’État. Pourtant, malgré ce dispositif aseptisé, le film demeure profondément sensoriel. On sent le grain de la roche dans les mines du Goulag, le goût du doute sur les lèvres de Kornev, la chaleur du couloir où s’attendent les présumés coupables.

Le film, oui, pose un dispositif strict. Mais c’est justement là qui tient sa force — c’est dans cette rigueur que surgit la violence sourde. On est face à l’opéra d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom, et pourtant, la peur, la moiteur, la poussière et la suie en parlent. Le montage fonctionne comme un couloir sans fin, la caméra comme un témoin silencieux. Professionnel, mais sans artifice. Le récit avance avec l’évidence du cauchemar bureaucratique.

Certains pourront reprocher un certain formalisme — pourtant, moi j’y ai vu la substance d’un régime qui ne souhaite pas être vu. Une concession? Oui. Mais nécessaire. Car la dureté relève de ce que ce récit exige. A la manière de Zvyagintsev ou Tarkovski, on quitte le visible pour approcher la trame invisible du pouvoir. Le film est beau — mais pas apaisant. Il respire la terreur lente et met à nu le cœur du communisme stalinien. Ma note : 16 / 20.

Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !
Les meilleurs films de tous les temps