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Opera R
8 critiques
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4,5
Publiée le 6 novembre 2025
Très bon film, porté par l'excellent Alexander Koutznetsov, touchant dans le rôle de ce garçon intelligent mais naïf, d'une intégrité morale à toute épreuve, idéaliste et ayant foi dans les valeurs du socialisme. Il est d'ailleurs membre du Parti communiste soviétique. Les images sont de toute beauté, et la lenteur des séquences (lenteur de l'ouverture des innombrables portes, longueur du récit du vieil homme dans le train - récit hautement comique et belle mise en abyme de l'indifférence du régime au sort de ceux qu'il prétend défendre, longueur du récit fait par le vieillard torturé, lenteur de l'attente dans l'antichambre du procureur...), la densité des dialogues qui s'éternisent, tout cela donne bien la sensation presque physique de cette chape de plomb qui pèse sur les épaules de tous les citoyens soviétiques et traduit la complexité diabolique que le régime utilise pour traquer ses victimes. Très grand film.
Un chef d'oeuvre à voir absolument et... à méditer. Le film, d'une rare intensité, nous plonge au milieu des purges staliniennes. La mise en scène est saisissante. Chaque plan, chaque mouvement nous confrontent à une réflexion puissante chargée de sens. Les images, magnifiques et glaçantes, sont au diapason. La performance des acteurs est remarquable. Loznitsa nous fait méditer, pas seulement sur ce passé, mais aussi sur le présent et notre avenir.
Un film lent, la musique est absente, le silence se fait. On découvre avec effroi la lenteur du système soviétique, ces nombreuses portes de prison avant d'arriver au détenu, ces nombreuses heures d'attente pour faire craquer les fonctionnaires trop zélés... Cette ambiance est pesante, presque stressante. La fin est un peu attendue mais on est sur un film qui aurait pu être un documentaire. Quand la jeunesse d'un procureur rime avec sa naïveté...
Film plein de bonnes intentions (dénoncer le stalinisme est toujours une bonne chose); mais convenu au possible. Lent, comme d'autres critiques, beaucoup de portes de prison qui s’ouvrent (qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de gardiens payés à ne rien faire ...), l'atmosphère est oppressante, mais on le ressent finalement assez peu, et la fin est archi-prévisible. Sur le même thème "Soleil trompeur" faisait mieux.
Magnifique. Tout a été dit sur l'histoire du film et les qualités du casting (du réalisateur Loznitsa aux acteurs tous plus extraordinaires de justesse et de maitrise les uns que les autres). Véritable virtuose du langage cinématographique, le réalisateur utilise chaque plan pour nous transmettre une intensité émotionnelle et une compréhension directe du drame. Une expérience à ne pas manquer.
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2,5
Publiée le 8 juin 2026
Alexander Kornev est jeune et inexpérimenté, mais pas trouillard ou incompétent. Il fait partie des très jeunes nommés, non pas pour apporter un vent de fraîcheur dans le milieu, mais parce que les dirigeants espèrent qu'ils se casseront vite les dents et qu'ils prendront peur face au système. C'est d'ailleurs contre un système que Kornev se bat, et non pas contre un seul homme. Une quête de justice, en plein cœur du stalinisme, qui est montrée froidement pour appuyer le sentiment d'impunité du pouvoir en place. Les personnes que Kornev rencontre sont menaçantes, mais jamais de manière frontale. Des avertissements « amicaux » et des menaces déguisées qui font quand même leur effet. Cela montre contre quoi ce jeune homme se bat et le courage que cela demande. Tout cela est parfaitement représenté au cours de la première partie dans ce cadre hostile et oppressant qui mêle autant le fond que la forme. Je ne peux pas en dire autant de la suite, qui transpose la même chose dans un autre environnement. J'ai trouvé le reste fastidieux et répétitif. Bref, il y a des qualités, mais je suis resté sur ma faim.
Le récit percutant et glaçant mais manquant un peu de rythme de la prise de conscience d’un jeune magistrat idéaliste, des dérives du régime stalinien.
Deux procureurs n'est pas seulement un film qui dénonce la dictature comme il y en a beaucoup. Il nous permet de comprendre la psychologie des vieux militants bolcheviks qui ne pouvaient pas admettre que leur révolution ait abouti à un système monstrueux, à l'opposé de leurs idéaux et du discours de ses dirigeants. La scène entre le jeune procureur et Vychinski, le sinistre accusateur des procès de Moscou, est à ce titre extraordinaire. Le caractère angoissant de l'univers carcéral et la sourde hostilité des gardiens envers un intrus, fut-il un magistrat, qui ne sont d'ailleurs pas des spécificités de l'URSS stalinienne, ont rarement été aussi bien rendus. Certes, il ne s'agit pas d'un film ludique. Certains pourront trouver certaines scènes longues. Mais c'est tout un pan de l'histoire et de la psychologie humaine qu'il met en scène avec une rare justesse.
Personne ne pourra reprocher à la mise en scène de ne pas savoir retranscrire la lenteur de l'administration soviétique, le désoeuvrement des geôliers hostiles à toute intrusion antagoniste, l'iniquité absolue entre trois catégories de concitoyens (les riches dirigeants, ceux qui les servent en récupérant quelques miettes, la majorité démunie de la population)! Mais ces longs silences, ces plans fixes, ces innombrables ouvertures de portes, ces ors des bâtiments de pouvoir, ces prisonniers éteints sont inutilement redoublés par des dialogues surexplicatifs, des scènes symboliques à rallonge, des rencontres inutiles qui lassent affreusement! Ainsi, ce pamphlet (aux fulgurances sarcastiques bienvenues) contre les exactions du régime stalinien qui manifeste aussi la naïveté suicidaire des honnêtes hommes manque d'une assise narrative solide, aboutissant à une fin des plus prévisibles après de vaines circonvolutions. Monotone!
Un film très très lent dans lequel les dialogues sont tellement peu nombreux qu'ils mettent en valeur ce qui est dit par les personnages. Un film fait d’attentes interminables, de portes qui s’ouvrent sur des pièces cachées ou des couloirs ; le bruit des serrures des grilles en prison, des portes qui grincent ; des militaires sans expression. Tiré d'une histoire vraie, j'ai aimé croire à un happy end tout au long du film. J'ai adoré la musique qui en rajoute une couche dans la gaieté ou l'épaisseur. Et surtout, j'ai aimé le personnage principal à la fois bien naïf mais tenace et croyant à la doctrine de l'Etat soviétique.
Sur une période historique et un régime politique moins mis en lumières que d'autres, ce film est une bonne amorce et un bon aperçu de l'horreur bureaucratique soviétique, de l'espionnage tentaculaire et paranoïaque, des purges et tortures quasi généralisées et consistant à faire "ennemi du peuple" un tout à chacun. Comme dans la scène dans le train où les membres du NKVD grimés en ingénieurs demandent à Kornev si les "sabotages" des usines peuvent être étouffées dans l'oeuf. La candeur et l'honnêteté de Kornev lui font croire que les tortures subies par un des prisonniers dans sa région peuvent être stoppées par son intervention au bureau national, alors que son intervention déclenche la machinerie bolchevik. Un film massif et pénétrant.
Un voyage au bout de l'enfer stalinien, atmosphère oppressante accentuée par une mise scène assez statique, des lenteurs. On monte beaucoup d'escaliers, on enfile de longs couloirs et on attend beaucoup . Mais j'estime que le film mérite d'être vu du fait de son sujet : la terreur stalinienne que certaines élites occidentales ont pourtant couverte.