Deux Procureurs
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99 critiques spectateurs

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J31frites
J31frites

15 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 novembre 2025
Deux procureurs du réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa se veut être un film historique pas comme les autres, pas sous la forme d’une longue fresque de faits mais plutôt de la reconstitution minutieuse d’une ambiance psychologique, ici la grande terreur stalinienne, dans un contexte de conflit ukraino-russe qui n’est pas sans rapport. La VO est donc en russe mais dans un accent apparemment inadapté à la période selon une spectatrice ukrainienne. Il s’agit aussi de l’adaptation d’un roman éponyme, il est important de le rappeler, ça signifie qu’on ne peut pas éviter un certain côté fictif et romancé.
Le montage final est une succession de plans fixes, parfois styles théâtres, d’une violente lenteur -beaucoup de jeux de regards et de portes à ouvrir et fermer- qui rapidement crée un malaise et nous plonge dans l’attente d’une chute -qui finira immanquablement par arriver. Certains dialogues font froid dans le dos d’étrangeté et des petits détails comme la blague entre le directeur et le gardien renforcent cette ambiance malsaine. La bande son aussi, tous les bruits de la prison participent à ce climat étouffant, encadré des apparitions du thème musical qui prend la forme d’une marche funèbre historique (sans oublier l’ironie de la chanson à la guitare). Ce qui frappe dans ce climat de terreur c’est qu’effectivement : peu de gens sont au courant de l’ampleur des arrestations et des tortures infligées aux victimes, et encore moins de leur commanditaire, Staline en personne, qui, on le voit dans le film, est considéré comme un héros par le peuple russe, tout comme Lénine avant lui (cf le vieux dans le train).
On peut s’interroger sur le choix de montrer le procureur Andreï Vychinski en procureur général seulement froid mais calme alors qu’il était connu pour sa violence et ses crises de colère.
Totoscope
Totoscope

11 abonnés 113 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 novembre 2025
Deux Procureurs suit la quête administrative kafkaïenne et pleine d’absurde d’un jeune procureur naïf et obstiné - le brillant Alexander Kuznetsov - qui se heurte à la machine totalitaire en pleine terreur stalinienne. Une machine qui broie les hommes et leurs idéaux, dans une société immobile, dévorée par la peur. Et la grande force du film est que cette oppression, on la ressent à chaque instant.

Car sur la forme, c’est un film d’une rigueur impressionnante. Une immense réussite visuelle où chacun des plans est sublime. Un dispositif oppressant qui surligne tout le propos du film, avec une mise en scène épurée qui traduit la rigidité du système. La format 1:33, la composition géométrique des plans (intégralement fixes), la photographie dépourvue de toute couleur vive : tous les choix formels créent un sentiment d’enfermement. Le spectateur, comme le protagoniste, se retrouve écrasé par la mise en scène. On ressent nous aussi cette pression, ce poids de l’incompréhension, du danger, de l’absurde, omniprésent. Malgré tout, à travers l’absurde et le grotesque des situations, il apporte des petites touches d’humour qui allègent cette tension permanente.

En revanche, si ce dispositif formel est l’atout principal du film, c’en est aussi son plus gros défaut car une fois installé, ça devient un peu répétitif. Même si c’est voulu. Reste que derrière cette histoire très simple et démonstrative, le film raconte comment l’autoritarisme s'installe discrètement, en douceur, sous des apparences démocratiques. Son intro et sa conclusion le montrent : il s’agit d’un film carcéral, la Russie totalitaire étant une prison à ciel ouvert. Mais si cette fable politique cauchemardesque prend place à l’époque stalinienne, le parallèle avec la Russie de Poutine est évident. Et au-delà même, c’est une mise en garde universelle, avec des mécanismes transposables à tous les régimes autoritaires, qui naissent de la confusion, de la peur et de la lâcheté collective.
Jm Paris168
Jm Paris168

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 novembre 2025
Glaçant..kafkaien. entre le proces et le château..l univers stalinien est tangible..le paradis communiste est parfaitement représenté..impossible de s échapper de la terreur tout le monde se méfie de tout le monde..les plans fixes sur les regards et le dédale de la prison ne nous laissent aucun échappatoire..le jeune procureur qui veut simplement appliquer la loi se retrouve lui même broyé par le système dont il fait partie..la machine communiste est la plus perfectionnee du totalitarisme...
freegil
freegil

8 abonnés 16 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 novembre 2025
Quelle maestria , ce cinéaste dont le talent est une évidence ou l’image est véritablement la narratrice , combien doivent s’en inspirer !!!!et ce film est d’autant plus passionnant que je le trouve diablement actuel !!!!
Einleiger
Einleiger

8 abonnés 106 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 décembre 2025
Vu sur grand écran le 13/12/2025 VOSTFR
Salut Camarade. Prépare toi à un film dont l’austérité est aussi grande que la paranoïa du camarade Staline. Je n’avais aucune surprise sur la fin de ce film, j’ai pu ainsi me consacrer sur les moyens que le réalisateur a pu utiliser pour caractériser l’atmosphère de cette époque où les éléphants du parti ne disparaissaient pas par vieillesse.

Le film est austère par sa forme. On peut penser au cinéma de Jean-Pierre Melville, mais parfois le film laisse aux acteurs de long passages dialogués. C’est un film constitué uniquement ou presque de plan fixe. Tout est dans la construction des plans. Les plans sont fixes, peut-être trop pour certains spectateurs, mais le but recherché est de provoquer le malaise présent dans le milieu carcéral ou bureaucratique. C’est pour permettre à Sergei Loznitsa, né en URSS, d’imposer les sons de la prison, il nous met à la place des prisonniers.

Le film est austère sur le fond aussi, les personnages sont peu nombreux, ce qui permet de décrire tous les rouages de la mécanique utilisé par Staline. Le film questionne comment il est possible de maintenir une société par ses institutions (il n’interroge pas pourquoi on est arrivé à cette situation).
A noter la performance d’Alexandre Filippenko qui joue entre autres le rôle du fameux prisonnier, magnifié par la photographie d’Oleg Mutu.

Ce film sera certainement difficile d’accès ou trop exigeant pour de nombreux spectateurs. Dès lors que le spectateur accepte la lenteur, voire même la longueur (elle ne m’a pas dérangée), alors ce film sera vu comme une perle.

Ma scène préférée : à Moscou, dans cette escalier bouillonnant d’activité, une secrétaire fait tomber une pile de papier… Tout est dit en un plan.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2025
Le film est certes austère, mais cette austérité s’accorde à la rigueur et à la précision du propos. La lenteur que l’on pourrait lui reprocher devient un outil essentiel pour disséquer, avec une froide lucidité, les rouages du pouvoir et la corruption systémique de l’URSS sous Staline. Derrière l’apparente distance, se déploie une tension sourde, presque clinique, qui rend le récit d’autant plus saisissant.
aGnEs
aGnEs

20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 novembre 2025
Lent, long et calme mais bien ! On est imprégnés, c’est un drame mais d’une portée incroyable, c’est prenant, touchant et dur à la fois. Je recommande. Aucun regret de l’avoir vu! C’était une très bonne idée.
philippephilou
philippephilou

7 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 novembre 2025
Très beau film qui donne une idée assez précise de ce qu’est une dictature et de ce que fut le régime paranoïaque de Staline et le massacre du NKVD… 
D’autre part, les Comédiens et la mise en scène sont très bonnes.
 A voir absolument surtout pour les gens qui pensent qu’on n’est pas heureux dans une démocratie! 
Corinne SEBAN
Corinne SEBAN

4 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2025
Un film incroyable qui, patiemment mais sûrement, rouage après rouage, écrou après écrou, nous enferme dans l'horrible machine soviétique des années Staline. Séquence hallucinante de ces portes et ces grilles ouvertes et refermées aussitôt, et, comme en écho, ces portes du bâtiment officiel s’ouvrant et se refermant sur d'inquiétants personnages. Anatomie d'un régime impitoyable...
BerD
BerD

6 abonnés 61 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 novembre 2025
Quand la machine perverse et implacable du totalitarisme est lancée, elle détruit toute velléité de vérité sur son passage et tue en masse. C’était l’URSS de Staline, mais le processus tragique est toujours le même. Un film sans échappatoire, pour le personnage principal comme pour le spectateur. Étouffant comme la vérité sans fard.
Oui ce film est parfois long et pesant, et l’on ressent la pesanteur de la chappe de plomb qui arrête le temps, écrase les bonnes volontés, asphyxie systématiquement les espoirs… On n’ose imaginer la réalité mais on la partage un peu, le temps du film. Bravo.
sylcler
sylcler

6 abonnés 68 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2025
Le respect profond de l'état de droit ,bien qu'indiqué par le jeune procureur n'a aucun écho auprès de ses interlocuteurs ce qui nous fait comprendre qu'il est difficile de s'y référer que ce soit dans le passé ou le présent. La dénonciation n'est nulle part considérée
Sven E
Sven E

5 abonnés 7 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 novembre 2025
Thème intéressant.
Malheureusement, il ne se passe pas grand chose.
Le film aurait dû montrer le vrai visage du communisme.
Natissy
Natissy

12 abonnés 218 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2025
Drame sombre qui se déroule pendant la période Totalitaire de staline
Action lente principalement dans une prison dans un univers implaquable où tout n'est que mensonge et trahison
anna lambert
anna lambert

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 décembre 2025
Two prosecutors est un film magistralement mis en scène qui nous fait vivre avec le personnage d'Alexandr Kuznetsov (brillant dans ce film) la torture d'un organe administratif rempli de corruption sous le régime Stalinien.
Le rythme et la contemplation est ici magnifiquement mise au service d'un sentiment de solitude déchirant.
Pascale D.
Pascale D.

3 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Alors oui, le film est lent. Lent, lent, lent. Il me semble avoir compté 6 vraies "scènes". Entre temps, il est beaucoup question de couloirs, de portes, de clés, de grilles, de verrous... Une fois que j'ai digéré l'idée de ne pas être dans un film à rebondissement, la force de ce film prend à la gorge : la violence est dans la lenteur, le sentiment d'oppression, la marche vers l'inéluctable. C'est très puissant. Finalement, je le perçois plus comme une allégorie kafkaîenne, en plans fixes, ça ne nous a pas laissé indifférents.
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