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freegil
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4,5
Publiée le 14 novembre 2025
Quelle maestria , ce cinéaste dont le talent est une évidence ou l’image est véritablement la narratrice , combien doivent s’en inspirer !!!!et ce film est d’autant plus passionnant que je le trouve diablement actuel !!!!
Lent, long et calme mais bien ! On est imprégnés, c’est un drame mais d’une portée incroyable, c’est prenant, touchant et dur à la fois. Je recommande. Aucun regret de l’avoir vu! C’était une très bonne idée.
Le film est long comme un jour sans pain, sans grande tension narrative, tant on sait/croit (même en oubliant tout anticommunisme primaire) que les rouages de l'administration stalinienne fonctionnaient parfaitement pour protéger les responsables... Il est très vite clair que la foi et la naïveté du "petit procureur" ne renverserait pas les montagnes. On aurait aimé percevoir le doute qui aurait pu/dû envahir le "petit procureur", une perte progressive de foi, mais le pauvre garçon ne comprend que devant la dernière porte... Devant son supérieur hiérarchique, il dénonce un complot anti-bolchévique selon lequel, le NKVD local chercherait à nuire à l'image du régime ; y croit-il vraiment, un peu, pas du tout ? Serge Loznitsa voudrait nous faire avaler qu'il y croit dur comme fer... Un défaut de scénario vient un peu plomber le film : quel intérêt le NKVD aurait eu à faire luxueusement accompagner le petit procureur dans son retour vers sa province ? Cette séquence, superfétatoire dans le scénario, ne vise qu'à donner un peu de consisctnace au personnage... Loupé !
Allons droit au but : il y a quelque chose de fascinant dans la dichotomie opérée par le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa qui parvient à symboliser le mouvement perpétuel d'un appareil oppressif, verrouillé et corrompu , tout en refusant, durant toute la durée du métrage, d’accorder à sa caméra le moindre mouvement, la juxtaposition de plan fixes devenant ici l'incarnation même du non-mouvement.
À quelques rares occasions, il joue avec l’ouverture pour modifier le focus dans la profondeur de champ, mais c’est en laissant les actions se dérouler devant nous qu’il donne à ressentir, avec une froideur presque nauséeuse, tout un pan de l’histoire de l’URSS.
Aleksandr Kuznetsov, 33 ans, est hypnotique dans le rôle de ce jeune procureur avide de faire bouger les lignes au sein d’un système vérolé, où le danger peut surgir de toutes parts.
Une parenthèse à part, comme souvent dans les propositions venues de l’Est, avec un climax aussi résigné que signifiant.
Les Purges Staliniennes via le regard d'un tout jeune procureur tout juste sorti d'école et qui ne sait rien et qui va apprendre trop vite, beaucoup trop vite, que la machine pour laquelle il travaille n'est pas celle qu'il croyait. Pour les couleurs on est dans un classique du genre pour bien insister sur la tristesse et l'austérité ambiante, le choix d'une caméra la moins mobile que possible impose un climax où on doit ressentir le côté anxiogène et oppressif. Par contre, le scénario est très découpé, en mode chapitrage qui ne dit pas son nom, qui n'est pas spécialement gênant ou inhabituel d'habitude mais qui ici, ajouté à une caméra immobile, accentue l'ennui et la monotonie. On le comprend vis à vis des personnages d'autant plus quand on se met à la place des victimes, mais du point de vue du spectateur il y a a trop de longueurs et de passages étirés pour rien. On constate surtout que le film aurait pu aisément faire 20-25mn de moins, être tout aussi efficace et probant dans son propos et notamment, peut-être, à être plus précis ou direct sur les mécanismes à broyer du régime stalinien. Néanmoins, le film est prenant, comme si Aki Kaurismaki avait perdu sa fantaisie. A conseiller. Site : Selenie
L’enfer et tous les travers d’une invraisemblable cruauté, d’un cynisme élevé au rang d’art, de l’idéologie communiste sont ici présentés avec une maestria remarquable et réjouissante. Alors oui, le début du film est lent, très lent mais en même temps, je pense que le réalisateur a souhaité insister sur cette lenteur, cette lourdeur, cette pesanteur effroyable de l’administration dans le but de démontrer que c’est par cette manière redoutable que le régime communiste de Staline faisait régner une autorité incroyablement puissante, un ordre implacable, une tyrannie effroyable, gérée par la peur avec un « P » majuscule et gentiment dénommée « la nécessaire dictature du prolétariat ». Je conseille vraiment de voir ce film alors qu’encore aujourd’hui il demeure toujours dans nos pays d’Europe occidentale, des « partis communistes » auxquels on donne non seulement la parole, mais qui ont tous les droits pour faire valoir leur idéologie nefaste, mortifère et cruelle. La montée en tension du film est remarquable jusqu’à la fin qui est absolument une apothéose du cynisme qu’il ne faut vraiment pas manquer.
Sergei Loznitsa signe un film minimaliste et particulièrement exigeant. Un long métrage à la fois sec, aride, et lent, éprouvant pour le spectateur, donc. Mais ça fait partie de l'expérience.
Il nous montre la situation tragique de l'URSS dans les années 30, pendant les purges staliniennes, particulièrement sanglantes. Un jeune procureur idéaliste cherche à faire éclater la vérité et la justice... et se heurtera au système tentaculaire de la violence d'état.
Les longues déambulations du héros, tantôt dans une forteresse-prison inviolable, ou dans les couloirs et les escaliers labyrinthiques d'un bâtiment administratif à Moscou, nous font perdre pied... On est comme perdu, et même broyé, par ces espaces imposants et oppressants.
Bien entendu, toute ressemblance avec la Russie d'aujourd'hui... est flagrante. Sergei Loznitsa réussit son pari de réaliser à la fois un film historique très vraisemblable, et un essai politique terriblement actuel. Deux procureurs est un film difficile, qui se mérite. Mais pour qui réussit à rester intéressé par ce qui se trame à l'écran, la fin vient donner un surcroît de sens à l'ensemble, et remet en perspective une œuvre travaillée et angoissée, Sergei Loznitsa étant un lointain héritier de Franz Kafka.
Deux Procureurs suit la quête administrative kafkaïenne et pleine d’absurde d’un jeune procureur naïf et obstiné - le brillant Alexander Kuznetsov - qui se heurte à la machine totalitaire en pleine terreur stalinienne. Une machine qui broie les hommes et leurs idéaux, dans une société immobile, dévorée par la peur. Et la grande force du film est que cette oppression, on la ressent à chaque instant.
Car sur la forme, c’est un film d’une rigueur impressionnante. Une immense réussite visuelle où chacun des plans est sublime. Un dispositif oppressant qui surligne tout le propos du film, avec une mise en scène épurée qui traduit la rigidité du système. La format 1:33, la composition géométrique des plans (intégralement fixes), la photographie dépourvue de toute couleur vive : tous les choix formels créent un sentiment d’enfermement. Le spectateur, comme le protagoniste, se retrouve écrasé par la mise en scène. On ressent nous aussi cette pression, ce poids de l’incompréhension, du danger, de l’absurde, omniprésent. Malgré tout, à travers l’absurde et le grotesque des situations, il apporte des petites touches d’humour qui allègent cette tension permanente.
En revanche, si ce dispositif formel est l’atout principal du film, c’en est aussi son plus gros défaut car une fois installé, ça devient un peu répétitif. Même si c’est voulu. Reste que derrière cette histoire très simple et démonstrative, le film raconte comment l’autoritarisme s'installe discrètement, en douceur, sous des apparences démocratiques. Son intro et sa conclusion le montrent : il s’agit d’un film carcéral, la Russie totalitaire étant une prison à ciel ouvert. Mais si cette fable politique cauchemardesque prend place à l’époque stalinienne, le parallèle avec la Russie de Poutine est évident. Et au-delà même, c’est une mise en garde universelle, avec des mécanismes transposables à tous les régimes autoritaires, qui naissent de la confusion, de la peur et de la lâcheté collective.
Contexte : le régime soviétique oppressant de 1937. Tout ce qui est attendu est dans ce film : souffrance des opposants, mécanique déshumanisée de la prison, lourdeurs d'accès bureaucratiques, petits pouvoirs démonstratifs, regards impassibles, lenteurs dues au fatalisme, terreur par la perte de confiance en autrui. Mais finalement, on n'apprend pas beaucoup. Si vous cherchez une distraction, regardez ailleurs. Vous trouverez ici plutôt un constat appelant à la réflexion.
Une plongée dans les prisons stalinienne. Et toujours d’actualité , pauvre russe. Le film est assez hypnotique avec des scenes très lente et très longue mais c'est aussi un défaut.
Témoignage glaçant sur fond de dérive sécuritaire du régime soviétique susceptible de voir des ennemis de la révolution socialiste partout. Le stalinisme, signature d’un état policier totalitaire centralisé avec l’emploi de la force et de la répression politique comme mode de gouvernement et de tenue des masses. Un système, comme souvent dans les dictatures, reposant sur de nombreux « petits » acteurs finissant peut-être par se convaincre de la justesse de leur cause. Le fil conducteur du scénario repose ici sur l’engagement d’un jeune procureur lui-même acquis à la cause bolchévique mais se sentant garant des bonnes règles judiciaires et répressives dont il découvre très vite qu’elles ne sont pas dans les standards de ce que prétend défendre le régime. Pensant à un dysfonctionnement d’essence contre-révolutionnaire au sein de l’appareil répressif, il va en référer. C’est là que le deuxième procureur du titre entre en scène. Le spectateur devine que le piège va se refermer et ce n’est sans doute pas spoiler que de l’écrire ici.
Voici un film typique du cinéma de Sergei Loznitsa : exigeant, mais générant de grandes satisfactions intellectuelles et esthétiques si on prend la peine d'être patient et attentif.
Le héros Alexander, jeune procureur idéaliste, pense être doté d'une autorité qui lui permettra de surmonter tous les obstacles pour faire prévaloir ce en quoi il croit : la simple application du Droit.
Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et dans cette Union Soviétique de 1937, la machine bureaucratique est plus puissante que tout autre élément. Dans cette farce triste rôde l'ombre de Kafka, et notre jeune diplômé, de couloir en escalier, et de bureau en salle d'attente, va se heurter à plus fort que lui.
La méticulosité implacable avec laquelle Loznitsa dissèque les rouages de la machine est certes glaçante, mais elle est aussi virtuose dans sa mise en scène et sa direction artistique, proche de la perfection.
Une des réussites du film est de donner à la terreur stalinienne de multiples visages fort différents : les personnages bas-de-plafond de la prison, la jovialité inquiétante de l'ex-camarade, l'impassibilité surnaturelle du procureur général. Entre ces séquences, la petite musique burlesque contribue à donner au film son caractère de "théâtre de l'horreur quotidienne".
Bien sûr, les parallèles avec la Russie actuelle ne manquent pas, mais le film tient debout sans ces connexions avec la réalité contemporaine, tant son propos semble universel : il ne fait pas bon être du côté de la justice quand on vit dans une dictature.
La direction d'acteur est exceptionnelle. A voir donc, comme tous les films de Loznitsa.
Glaçant..kafkaien. entre le proces et le château..l univers stalinien est tangible..le paradis communiste est parfaitement représenté..impossible de s échapper de la terreur tout le monde se méfie de tout le monde..les plans fixes sur les regards et le dédale de la prison ne nous laissent aucun échappatoire..le jeune procureur qui veut simplement appliquer la loi se retrouve lui même broyé par le système dont il fait partie..la machine communiste est la plus perfectionnee du totalitarisme...
Beau film sur une page d'histoire sombre : les purges staliniennes de 1937. Très bien filmé. Bon jeu d'acteur. La tension monte tout au long du film et la fin est terrifiante. A voir