Deux Procureurs
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Bernard F
Bernard F

35 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 novembre 2025
Film très sombre sur cette période que fut la grande terreur stalinienne. Il nous montre un procureur dont les idéaux se fracassent sur la réalité du système politique qu'il est censé servir. Une sensation d'oppression du début à la fin. Avec cette prison et ces interminables couloirs, ces innombrables portes et grilles qui s'ouvrent et se ferment et cette bureaucratie étouffante tout au long du film, de la prison jusqu'au procureur général. Des regards et des silences qui en disent long sur cette période où tout le monde se méfie de tout le monde, ou presque - à la fin du film. Une plongée dans les entrailles du système judiciaro-pénitentaire de la dystopie stalinienne. Et puis cette épilogue qui va sceller le destin que l'on voit venir petit à petit et auquel ce procureur ne peut pas échapper. Un film qui rappelle dans sa noirceur, même s'il s'agit d'une histoire différente, "L'Ombre de Staline", sorti il y a quelques années. A voir absolument.
Opera R
Opera R

8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 novembre 2025
Très bon film, porté par l'excellent Alexander Koutznetsov, touchant dans le rôle de ce garçon intelligent mais naïf, d'une intégrité morale à toute épreuve, idéaliste et ayant foi dans les valeurs du socialisme. Il est d'ailleurs membre du Parti communiste soviétique. Les images sont de toute beauté, et la lenteur des séquences (lenteur de l'ouverture des innombrables portes, longueur du récit du vieil homme dans le train - récit hautement comique et belle mise en abyme de l'indifférence du régime au sort de ceux qu'il prétend défendre, longueur du récit fait par le vieillard torturé, lenteur de l'attente dans l'antichambre du procureur...), la densité des dialogues qui s'éternisent, tout cela donne bien la sensation presque physique de cette chape de plomb qui pèse sur les épaules de tous les citoyens soviétiques et traduit la complexité diabolique que le régime utilise pour traquer ses victimes. Très grand film.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Présenté en CO Cannes 2025, mais reparti la corbeille vide ( erreur du jury selon moi ), " Deux procureurs " revient sur la période des grandes purges de Moscou.

Les lecteurs de Chalamov ou de Soljenitsyne n'apprendront rien de nouveau, mais ce portrait du totalitarisme stalinien qui broyait même les communistes les plus fervents, est une vraie réussite.

Climat Kafkaïen qui fait froid dans le dos, la distribution est formidable. C'est ( selon moi ) le meilleur film de Sergei Lonitza.

Par ailleurs, Les connaisseurs se souviendront des opus d'Alexei Guerman " Mon ami Ivan Lapchine " ( malheureusement pas réédité) ou " Kroustaliov ma voiture" auprès duquel ce " Deux procureurs" peut être classé.
Simone Gentile
Simone Gentile

11 abonnés 104 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2025
Le film est certes austère, mais cette austérité s’accorde à la rigueur et à la précision du propos. La lenteur que l’on pourrait lui reprocher devient un outil essentiel pour disséquer, avec une froide lucidité, les rouages du pouvoir et la corruption systémique de l’URSS sous Staline. Derrière l’apparente distance, se déploie une tension sourde, presque clinique, qui rend le récit d’autant plus saisissant.
ABCOMISI
ABCOMISI

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Un chef d'oeuvre à voir absolument et... à méditer.
Le film, d'une rare intensité, nous plonge au milieu des purges staliniennes. La mise en scène est saisissante. Chaque plan, chaque mouvement nous confrontent à une réflexion puissante chargée de sens. Les images, magnifiques et glaçantes, sont au diapason. La performance des acteurs est remarquable. Loznitsa nous fait méditer, pas seulement sur ce passé, mais aussi sur le présent et notre avenir.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 novembre 2025
Un flm sur l’enfermement en dictature, sans tension, eh bien il nous enferme  dans son système narratif ultra dirigé dont on ne ressortira que mort d’ennui
Lolo75
Lolo75

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Magnifique. Tout a été dit sur l'histoire du film et les qualités du casting (du réalisateur Loznitsa aux acteurs tous plus extraordinaires de justesse et de maitrise les uns que les autres).
Véritable virtuose du langage cinématographique, le réalisateur utilise chaque plan pour nous transmettre une intensité émotionnelle et une compréhension directe du drame. Une expérience à ne pas manquer.
chefbrody1
chefbrody1

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 novembre 2025
Mon dieu quel ennui ! Au-delà d'un acteur principal inspiré et d'un final touchant, on éprouve le temps davantage que le héros du film. Un exploit !
Barrylb.
Barrylb.

2 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2025
Très beau film, magnifiquement mis en scène, qui nous parle, avec beaucoup de puissance, de l'engagement et de la résistance face aux machines totalitaires. À voir. Absolument. Indispensable.
Cinefil
Cinefil

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Une sublime mise en scène et une très belle musique pour raconter une histoire qui résonne avec tant d'autres.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Dans l’URSS stalinienne, à l’acmé de la Grande Terreur stalinienne qui fit plusieurs millions de victimes, les plaintes des détenus n’étaient pas transmises. L’une d’elles parvient toutefois au jeune procureur Kornev (Aleksandr Kuznetsov), fraîchement émoulu de la faculté de droit, qui se présente à la prison où est détenu son auteur. Il parvient de haute lutte, malgré les obstacles dressés par la direction, à s’entretenir avec lui. Kornev décide immédiatement d’aller à Moscou pour rendre compte au Procureur général, Andreï Vychinski, de ce témoignage déchirant.

Né en 1964 en Biélorussie soviétique, installé à Berlin depuis 2011, Sergei Loznitsa s’est fait connaître en 2013 en Occident par un premier film dont l’action se déroulait durant la Seconde Guerre mondiale. La facture de "Dans la brume" annonçait celle de ses œuvres suivantes : des plans-séquences interminables, une quasi absence de dialogues, une virtuosité intimidante… Les mêmes recettes étaient utilisées l’année suivante dans "Maidan", un documentaire sur la chute du président Ianoukovitch durant l’hiver 2014, dans "Une femme douce" le portrait d’une héroïne dostoïevskienne dans la Russie post-soviétique et dans "Donbass", une évocation en treize plans-séquences de cette région ukrainienne annexée par la Russie, qui y bafoue les droits de l’homme et humilie ses citoyens.

"Deux procureurs" est l’adaptation très fidèle d’une courte nouvelle de Gueorgui Demidov (1908-1979), emprisonné à la Kolyma en Sibérie en septembre 1938. Le film de Loznitsa n’en a pas la concision – il tangente les deux heures – mais il en a l’âpreté. Il a été tourné l’automne dernier en Lettonie dans une ancienne prison désaffectée. Loznitsa aurait pu filmer des montagnes de cadavres ou des cellules grouillantes de vermine ; il préfère montrer de longs couloirs sinistres, des guichets cadenassés et des gardiens patibulaires.

Son héros est un Juste qui se rebelle contre une Justice dévoyée lorsqu’il découvre qu’elle emprisonne et condamne des innocents et leur arrache des aveux. Mais c’est aussi un naïf qui s’imagine que ces excès de pouvoir sont le fait des chefs locaux et que si Moscou en était informé, ces exactions prendraient fin. Quand il se rend au siège de la Prokuratur, il déambule dans les mêmes escaliers interminables et se heurte à la même bureaucratie bornée que celle à laquelle il s’était heurté la veille en province. Son entretien avec Vychinski, un personnage historique tristement célèbre pour ses réquisitoires impitoyables fait froid dans le dos.

En compétition à Cannes, "Deux procureurs" en est reparti bredouille. Il y aurait mérité un prix.
Pascale D.
Pascale D.

3 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Alors oui, le film est lent. Lent, lent, lent. Il me semble avoir compté 6 vraies "scènes". Entre temps, il est beaucoup question de couloirs, de portes, de clés, de grilles, de verrous... Une fois que j'ai digéré l'idée de ne pas être dans un film à rebondissement, la force de ce film prend à la gorge : la violence est dans la lenteur, le sentiment d'oppression, la marche vers l'inéluctable. C'est très puissant. Finalement, je le perçois plus comme une allégorie kafkaîenne, en plans fixes, ça ne nous a pas laissé indifférents.
koba
koba

10 abonnés 5 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 novembre 2025
Vu en avant-première le 30 octobre.

Les longs, très longs plans fixes sont pesants et fastidieux. Pas de rythme, pas d'action. Pas d'ouverture sur un extérieur oppressant et quasiment pas de décors de cette sinistre époque, hormis les uniformes tchékistes, quelques halls, des cellules de prison, un compartiment de train et des salles d'attente. Quel dommage que la mise en scène soit si dépouillée, tant le thème à la fois terrifiant et kafkaïen se prêtait aux vertiges d'une lente descente aux enfers dans le hachoir humain de l'URSS stalinienne des années 30.
FranBru
FranBru

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2025
Vu en avant-première au Méliès. Des couloirs, des grilles, des escaliers, une économie prudente de mots qui prononcés pourraient être retenus contre vous sauf dans le train où les langues se délient. Pas de musique sauf sur le générique de fin mais des bruits de pas, de clés, de portes, ... Choc entre les convictions et le système : Staline ne peut pas être au courant des injustices commises en son nom. Le film n'est pas angoissant, le totalitarisme est banall et se lit sur tous les visages. A voir si on a des doutes sur ce qui fait un système. Mention spéciale au choix des acteurs et des figurants.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2025
Film édifiant sur le régime totalitaire de l'URSS où deux niveaux de justice se côtoient, le régime légal et celui de la NKVD. Une véritable descente aux enfers de ce jeune procureur. Le film est assez lent mais cette lenteur est oppressante et les scènes sont filmées de façon rigoureuse et froide. .
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