Deux Procureurs
Note moyenne
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103 critiques spectateurs

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Remy Fasol
Remy Fasol

4 abonnés 60 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 novembre 2025
Brillant conte sur le régime de Staline et son contrôle permanent des pensées. J’ai adoré l’ambiance austère et silencieuse de ce film avec une palette de couleur très poétique.
traversay1

4 524 abonnés 5 439 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2025
Deux procureurs, c'est Kafka chez Staline, au temps des purges sanglantes de 1937. Pour cette leçon historique, Sergueï Loznitsa, qui ne délaisse le documentaire que pour des fictions fortes et maîtrisées de bout en bout (Dans la brume, Une femme douce) raconte une histoire simple et implacable, celle d'un fonctionnaire idéaliste, zélé et honnête, qui n'a pas compris quel système il est censé servir. Prises les unes après les autres, les scènes peuvent sembler austères, souvent marquées par l'attente dans des bureaux du principal protagoniste, inconscient des mâchoires qui vont le briser, mais le temps, s'il est étiré, ne semble jamais long, car perçu comme une sorte d'engrenage fatal. Loznitsa sait où il va, contrairement à son héros, et rend palpitant chaque moment de confrontation face aux rouages humains d'une machine qui concasse sans états d'âme. On peut évidemment y voir un effet miroir sur la Russie d'aujourd'hui, mais le film se suffit à lui-même dans sa progression féroce et évidente, eu égard au régime dont il décrit le fonctionnement imperturbable. Le procureur candide est comme un fétu de paille emporté par une tempête tranquille, au sein d'une logique arbitraire dénuée de toute humanité. Ce n'est pas la première fois, depuis notamment L'Aveu, qu'un régime totalitaire est ainsi décrit, mais Deux procureurs prend assurément place parmi les réussites les plus glaçantes et brillantes du genre.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2025
Le film de Sergei Loznitsa, Deux Procureurs, c’est pas un simple film. C’est un affront. Un regard froid — mais pas glacial — porté sur une machine qui broie l’homme parce qu’il croit encore en la justice. La caméra respire l’air âpre des geôles soviétiques, le grain rugueux des murs, l’odeur de poussière et de papier brûlé qui suinte dès la première séquence. Le montage est sec — implacable — et la photographie, dans ses teintes gris muraille et jaune-miel fané, transforme le décor en théâtre de l’absurde. Le plan fixe s’impose, la caméra capte le moindre bruissement du couloir, le chant lointain d’un train, le murmure des détenus.

Loznitsa nous place aux côtés d’Alexander Kornev (Aleksandr Kuznetsov), jeune procureur bolchévique — intègre, volontaire — et donc déjà condamné. Sa quête se fait écoute, capte, sentir le souffle du pouvoir, la moiteur des interrogatoires, le claquement sec des portes métalliques. On pense à Kafka — on pense à Ozu, parfois — mais c’est bien la logique soviétique qui confine ici à l’opéra de l’absurde : un bolchevique face à son propre camp (le système qu’il croyait défendre). L’adjoint, le directeur de la prison, les agents de la NKVD, tous tremblent dans leur costume de bureaucrates — la moindre phrase dit la soumission, le moindre plan, la contrainte.

La lumière est mate, lisse dans les bureaux de Moscou, brillante et métallique dans les cellules — contrastes visuels qui disent sans bruit la différence entre façade et abîme. Le son devient personnage : un souffle, un crissement de serrure, le cliquetis d’une plume sur papier — tout évoque la lente démultiplication de la machine d’État. Pourtant, malgré ce dispositif aseptisé, le film demeure profondément sensoriel. On sent le grain de la roche dans les mines du Goulag, le goût du doute sur les lèvres de Kornev, la chaleur du couloir où s’attendent les présumés coupables.

Le film, oui, pose un dispositif strict. Mais c’est justement là qui tient sa force — c’est dans cette rigueur que surgit la violence sourde. On est face à l’opéra d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom, et pourtant, la peur, la moiteur, la poussière et la suie en parlent. Le montage fonctionne comme un couloir sans fin, la caméra comme un témoin silencieux. Professionnel, mais sans artifice. Le récit avance avec l’évidence du cauchemar bureaucratique.

Certains pourront reprocher un certain formalisme — pourtant, moi j’y ai vu la substance d’un régime qui ne souhaite pas être vu. Une concession? Oui. Mais nécessaire. Car la dureté relève de ce que ce récit exige. A la manière de Zvyagintsev ou Tarkovski, on quitte le visible pour approcher la trame invisible du pouvoir. Le film est beau — mais pas apaisant. Il respire la terreur lente et met à nu le cœur du communisme stalinien. Ma note : 16 / 20.

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cédric l.
cédric l.

23 abonnés 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2025
Un film sinistre sur les préjudices physiques, psychologiques et moraux qu'ont causé la Grande "Terreur" Stalinnienne. Sergei Loznitsa nous livre une oeuvre captivante, sur un sujet sensible que tout le monde doit connaitre et assimiler, pour que les gens se rendent compte, combien le XX° Siécle, pour certains a été maudit des "Dieux".
Bernard F
Bernard F

35 abonnés 84 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 novembre 2025
Film très sombre sur cette période que fut la grande terreur stalinienne. Il nous montre un procureur dont les idéaux se fracassent sur la réalité du système politique qu'il est censé servir. Une sensation d'oppression du début à la fin. Avec cette prison et ces interminables couloirs, ces innombrables portes et grilles qui s'ouvrent et se ferment et cette bureaucratie étouffante tout au long du film, de la prison jusqu'au procureur général. Des regards et des silences qui en disent long sur cette période où tout le monde se méfie de tout le monde, ou presque - à la fin du film. Une plongée dans les entrailles du système judiciaro-pénitentaire de la dystopie stalinienne. Et puis cette épilogue qui va sceller le destin que l'on voit venir petit à petit et auquel ce procureur ne peut pas échapper. Un film qui rappelle dans sa noirceur, même s'il s'agit d'une histoire différente, "L'Ombre de Staline", sorti il y a quelques années. A voir absolument.
Opera R
Opera R

8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 novembre 2025
Très bon film, porté par l'excellent Alexander Koutznetsov, touchant dans le rôle de ce garçon intelligent mais naïf, d'une intégrité morale à toute épreuve, idéaliste et ayant foi dans les valeurs du socialisme. Il est d'ailleurs membre du Parti communiste soviétique. Les images sont de toute beauté, et la lenteur des séquences (lenteur de l'ouverture des innombrables portes, longueur du récit du vieil homme dans le train - récit hautement comique et belle mise en abyme de l'indifférence du régime au sort de ceux qu'il prétend défendre, longueur du récit fait par le vieillard torturé, lenteur de l'attente dans l'antichambre du procureur...), la densité des dialogues qui s'éternisent, tout cela donne bien la sensation presque physique de cette chape de plomb qui pèse sur les épaules de tous les citoyens soviétiques et traduit la complexité diabolique que le régime utilise pour traquer ses victimes. Très grand film.
Pascal
Pascal

269 abonnés 2 519 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Présenté en CO Cannes 2025, mais reparti la corbeille vide ( erreur du jury selon moi ), " Deux procureurs " revient sur la période des grandes purges de Moscou.

Les lecteurs de Chalamov ou de Soljenitsyne n'apprendront rien de nouveau, mais ce portrait du totalitarisme stalinien qui broyait même les communistes les plus fervents, est une vraie réussite.

Climat Kafkaïen qui fait froid dans le dos, la distribution est formidable. C'est ( selon moi ) le meilleur film de Sergei Lonitza.

Par ailleurs, Les connaisseurs se souviendront des opus d'Alexei Guerman " Mon ami Ivan Lapchine " ( malheureusement pas réédité) ou " Kroustaliov ma voiture" auprès duquel ce " Deux procureurs" peut être classé.
Simone Gentile
Simone Gentile

13 abonnés 108 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2025
Le film est certes austère, mais cette austérité s’accorde à la rigueur et à la précision du propos. La lenteur que l’on pourrait lui reprocher devient un outil essentiel pour disséquer, avec une froide lucidité, les rouages du pouvoir et la corruption systémique de l’URSS sous Staline. Derrière l’apparente distance, se déploie une tension sourde, presque clinique, qui rend le récit d’autant plus saisissant.
ABCOMISI
ABCOMISI

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Un chef d'oeuvre à voir absolument et... à méditer.
Le film, d'une rare intensité, nous plonge au milieu des purges staliniennes. La mise en scène est saisissante. Chaque plan, chaque mouvement nous confrontent à une réflexion puissante chargée de sens. Les images, magnifiques et glaçantes, sont au diapason. La performance des acteurs est remarquable. Loznitsa nous fait méditer, pas seulement sur ce passé, mais aussi sur le présent et notre avenir.
Christian RZ
Christian RZ

95 abonnés 313 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 novembre 2025
Un flm sur l’enfermement en dictature, sans tension, eh bien il nous enferme  dans son système narratif ultra dirigé dont on ne ressortira que mort d’ennui
Lolo75
Lolo75

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Magnifique. Tout a été dit sur l'histoire du film et les qualités du casting (du réalisateur Loznitsa aux acteurs tous plus extraordinaires de justesse et de maitrise les uns que les autres).
Véritable virtuose du langage cinématographique, le réalisateur utilise chaque plan pour nous transmettre une intensité émotionnelle et une compréhension directe du drame. Une expérience à ne pas manquer.
chefbrody1
chefbrody1

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 5 novembre 2025
Mon dieu quel ennui ! Au-delà d'un acteur principal inspiré et d'un final touchant, on éprouve le temps davantage que le héros du film. Un exploit !
Barrylb.
Barrylb.

2 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 novembre 2025
Très beau film, magnifiquement mis en scène, qui nous parle, avec beaucoup de puissance, de l'engagement et de la résistance face aux machines totalitaires. À voir. Absolument. Indispensable.
Cinefil
Cinefil

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Une sublime mise en scène et une très belle musique pour raconter une histoire qui résonne avec tant d'autres.
Yves G.

1 875 abonnés 4 105 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Dans l’URSS stalinienne, à l’acmé de la Grande Terreur stalinienne qui fit plusieurs millions de victimes, les plaintes des détenus n’étaient pas transmises. L’une d’elles parvient toutefois au jeune procureur Kornev (Aleksandr Kuznetsov), fraîchement émoulu de la faculté de droit, qui se présente à la prison où est détenu son auteur. Il parvient de haute lutte, malgré les obstacles dressés par la direction, à s’entretenir avec lui. Kornev décide immédiatement d’aller à Moscou pour rendre compte au Procureur général, Andreï Vychinski, de ce témoignage déchirant.

Né en 1964 en Biélorussie soviétique, installé à Berlin depuis 2011, Sergei Loznitsa s’est fait connaître en 2013 en Occident par un premier film dont l’action se déroulait durant la Seconde Guerre mondiale. La facture de "Dans la brume" annonçait celle de ses œuvres suivantes : des plans-séquences interminables, une quasi absence de dialogues, une virtuosité intimidante… Les mêmes recettes étaient utilisées l’année suivante dans "Maidan", un documentaire sur la chute du président Ianoukovitch durant l’hiver 2014, dans "Une femme douce" le portrait d’une héroïne dostoïevskienne dans la Russie post-soviétique et dans "Donbass", une évocation en treize plans-séquences de cette région ukrainienne annexée par la Russie, qui y bafoue les droits de l’homme et humilie ses citoyens.

"Deux procureurs" est l’adaptation très fidèle d’une courte nouvelle de Gueorgui Demidov (1908-1979), emprisonné à la Kolyma en Sibérie en septembre 1938. Le film de Loznitsa n’en a pas la concision – il tangente les deux heures – mais il en a l’âpreté. Il a été tourné l’automne dernier en Lettonie dans une ancienne prison désaffectée. Loznitsa aurait pu filmer des montagnes de cadavres ou des cellules grouillantes de vermine ; il préfère montrer de longs couloirs sinistres, des guichets cadenassés et des gardiens patibulaires.

Son héros est un Juste qui se rebelle contre une Justice dévoyée lorsqu’il découvre qu’elle emprisonne et condamne des innocents et leur arrache des aveux. Mais c’est aussi un naïf qui s’imagine que ces excès de pouvoir sont le fait des chefs locaux et que si Moscou en était informé, ces exactions prendraient fin. Quand il se rend au siège de la Prokuratur, il déambule dans les mêmes escaliers interminables et se heurte à la même bureaucratie bornée que celle à laquelle il s’était heurté la veille en province. Son entretien avec Vychinski, un personnage historique tristement célèbre pour ses réquisitoires impitoyables fait froid dans le dos.

En compétition à Cannes, "Deux procureurs" en est reparti bredouille. Il y aurait mérité un prix.
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