La genèse de Desperté con un sueño est un peu particulière. Tout commence par un atelier de théâtre, dans le petit village de La Paloma, sur la côte est de l'Uruguay, et la rencontre du réalisateur Pablo Solarz avec un adolescent rappeur, Lucas Ferro, le futur premier rôle d'un film dont le jeune garçon a eu l'idée de départ. Tourné en pleine période de Covid, le long-métrage mélange le réalisme à l'onirisme, autour de son héros qui préfère la scène aux terrains de foot, en cachette de sa mère. Tout ceci à cause d'une histoire familiale qui ne se dévoile que peu à peu. Certaines scènes, très spontanées, suscitent l'adhésion tandis que d'autres, plus décalées, semblent plutôt pencher vers l'expérimentation. En dépit des qualités certaines de comédien de Lucas Ferro, le film laisse un sentiment assez mitigé, privilégiant les silences et les gros plans, avec en sus des dialogues parfois surréalistes. Les thèmes de la filiation et de l'absence, traitées avec pudeur, ne suffisent pas à créer une véritable émotion que le film ne semble d'ailleurs pas rechercher outre-mesure, s'ingéniant davantage à nous déconcerter et à déstructurer une intrigue qui finit par nous paraître somme toute anodine et trop indirecte pour nous concerner.