Un thriller psycho destiné à un public de plateforme (pas étonnant de retrouver Boulderlight Pictures à la production, les spécialistes du parfait carton de plateforme prêt-à-consommer), qui assume son côté fun et humoristique (beaucoup de vannes), monté avec des scènes sur-éclairées sur fond musical vintage, pas trop de gore (on ne voit quasiment rien), un message sur l'objectification aussi fine qu'un bulldozer, et un scénario qui n'a aucune finesse ni cohérence. On a donc un film qui doit avoir une dizaine de règles énoncées (le fonctionnement du "companion") et n'est pas fichu d'en suivre une seule (il aurait mieux valu n'en citer que la moitié, mais être sûr de les suivre jusqu'au bout). Car comment croire à un film qui nous parle de
"reboot" mais ne justifie pas que son personnage ne l'a pas fait dès le début (ç'aurait été tellement plus simple, d'effacer toute la mémoire du robot, après le meurtre... Ou même de mettre momentanément son intelligence au minimum, le temps de "faire ses adieux"...
Mais non, le héros est vraiment bien bête), idem quand le héros (encore lui) oublie de
rebaisser l'agressivité de Patrick (pourquoi le garde-t-il si dangereux, ce qui risque de se retourner contre lui-même au moindre mot compris de travers...
Ça n'a aucun sens), idem le flashback qu'a le "companion masculin" est une
solution facile et niaise (c'est la force de l'amour... Oh, pitié) pour le faire disparaître de l'histoire (il ne servait plus à rien)
et prend des images qui ne correspondent même pas au point de vue dudit companion (ils n'ont pas pris la peine de retourner la scène de
meurtre d'Eli du point de vue de Patrick en haut de la colline
, non, on nous remet les mêmes scènes que l'on a vu auparavant, ce qui n'est clairement pas un souvenir à lui), idem : vous l'avez vu, au début, le
tire-bouchon
(au bruit sur-amplifié, pour que vous ne puissiez pas le louper), vous l'avez vu ? Le film vous le remet encore en évidence un peu plus tard, pour les lents du cerveau. Pour ceux qui ont capté toute la fin du film dès le premier "brrrrrzt...chpop !" ultra ostentatoire au début du film :
vous ne vous êtes pas trompé, il n'y a aucune surprise au menu (quel dommage...)
. Mais à part ce scénario qui n'a pas un regard pour les amateurs de thrillers psycho bien écrits, vous aurez quand même une chouette BO à écouter (même si l'on comprend vite le choix racoleur des chansons), des acteurs qui ont une bonne bouille (Jack Quaid n'arrive décidément pas à faire peur, avec sa tête de gentil nounours, mais on l'aime bien ; il y a aussi "le gars de Smile 2" - Lukas Gage - et "Guillermo de What We Do In the Shadows" - Harvey Guillen, carrément sous-exploité), et une critique sur l'isolement des humains avec les nouvelles technologies (pourquoi être encore sociable, quand il existe des "companions" ?) qui est poussée à son paroxysme (sans être grinçante comme un Black Mirror) quand ladite nouvelle technologie se rend compte des nigauds qui lui ordonnent... On ne jette pas le bébé avec l'eau du bain, ce Companion est surtout destiné à un public-cible jeune et davantage là pour rigoler que pour suivre l'histoire, alors on vous le recommande quand même, pour peu que vous soyez dans cette tranche d'âge (ou que vous vouliez un film prêt-à-consommer Disney , là où il atterrira dans peu de temps). On aurait eu un scénario solide, on aurait adoré, si un autre studio veut bien s'en emparer (on appuie derrière l'oreille, mais le reboot ne fonctionne pas...).