Oui, comme beaucoup de monde, j'étais hyppé par la sortie de ce film réalisé par Kane Parsons. Mais pourtant, des backrooms, je ne connais que la creepypasta d'origine, à savoir cette photo jaunâtre de ce qui semblent être des bureaux désaffectés. Et oui, cette photo donne un sentiment de malaise... mais sur une heure et demi, on a plutôt un sentiment d'ennui.
Alors pour être certain, je suis allé voir le premier épisode de la web série ou le court-métrage "The Backrooms" du même réalisateur sur sa chaine YouTube. Et le constat est malheureusement le même : ça donne quelques frissons au début et puis, je me suis très vite lassé de ces salles vides. Car pour moi, ce ne sont que des salles vides et même avec une pile de meubles au milieu dont une chaise qui rentre dans un mur, ça ne me passionne toujours pas plus que ça. Je comprends néanmoins les personnes sur qui ce genre d'ambiance fonctionne, je n'en fais juste pas partie. Et ainsi, partant de ce constat, vous vous doutez bien que je n'ai pas forcément passé un très bon moment devant le film. D'autant plus qu'en dehors de ces scènes de backrooms, le reste est plutôt creux.
On retrouve un vendeur de meubles en pleine dépression suite à une séparation qui découvre ces fameuses backrooms dans son magasin. Suite à sa disparition, sa psychothérapeute part à sa recherche.
Bon déjà, il y a un truc qui ne fonctionne pas pour moi : pourquoi sa psy part à sa recherche ? Je veux dire, même en étant très investie dans son travail et en se la jouant Jodie Foster dans "Vie Privée", y avait quand même des indices indiquant que c'était une mauvaise idée... D'autre part, certes les backrooms représentent la solitude et du coup, le scénariste s'est dit que ce serait bien d'en rajouter une couche avec les personnages. Et c'est ainsi qu'on a deux ratés qui subissent la vie plus qu'ils ne la vivent. Le tout dans une intrigue plutôt décousue pour donner un semblant de background à l'ensemble.
Et puis l'ensemble atteint selon moi son paroxysme dans la scène autour de la table où les personnages s'échangent des banalités dans un endroit qui, je le rappelle, n'est toujours pas angoissant pour moi. Et pourtant, c'est dommage car le réalisateur a la bonne idée de ne pas trop dissocier la réalité de sa ou ses dimensions parallèles.
C'est-à-dire que le magasin de meubles - entre autres - donne déjà ce sentiment de malaise avant même que les personnages ne pénètrent dans les backrooms (hors scène d'intro). C'est en effet un endroit qui reprend les codes des backrooms avec ces espaces assez grands, pratiquement déserts et surtout remplis d'une sorte de vide existentiel : pour le coup, celui du vendeur.
Et puis bon, même si, encore une fois, je n'y suis pas vraiment sensible, les décors sont très bons et très bien pensés et puis l'alternance entre plans "normaux" et found footage permet de rythmer l'ensemble, tout en rappelant la web-série et tout en offrant plus de liberté créative à Parsons qui peut alors se permettre des plans plus léchés, plus "cinématographiques" finalement et, pour le coup, il maitrise assez bien l'exercice.
Ainsi, malgré les qualités précédemment évoquées, je n'ai pas vraiment apprécié "Backrooms" car je suis tout simplement resté hermétique au concept mais je suis sûr qu'il plaira aux fans de la série ou de la creepypasta.