J'ai adoré !
Backrooms est une adaptation très libre de la mythologie Internet des « Backrooms », popularisée par Kane Parsons sur YouTube. Le film garde l’idée des couloirs jaunes infinis, mais il transforme le concept en un récit beaucoup plus psychologique que la série originale. Il n'est pas nécessaire de voir les vidéos YouTube pour apprécier le film.
Résumé du début du film :
Clark est un ancien architecte qui a raté sa carrière. Il a divorcé, ses ambitions se sont effondrées et il gère maintenant un magasin de meubles un peu absurde et déprimant. Sa vie tourne en boucle, sans avenir clair.
En parallèle, il suit une thérapie avec Mary Kline, une psychothérapeute qui essaie de l'aider, de calmer ses colères, de trouver des solutions pour lui.
Puis quelque chose change.
Dans le sous-sol du magasin, Clark découvre une anomalie. Une ouverture impossible. Il traverse littéralement un mur… et entre dans les Backrooms.
Hormis la première partie du film qui prend du temps pour se mettre en place, une fois que l'on commence à visiter les backrooms, on plonge petit à petit dans le cauchemar.
C'est le genre de film qui va diviser. Pour ma part, j'ai adoré, mais je sais que des gens ne vont pas aimer, ou ne vont pas accrocher du tout. J'ai trouvé que ce backrooms était encore mieux que les courts-métrages disponibles sur YouTube, que l'histoire était beaucoup plus approfondie. On peut voir l'évolution du personnage principal, Clark. Alors, spoiler :
le film peut tout à fait s'interpréter comme Clark sombrant au fur et à mesure dans la folie. Ce sont les problèmes de sa vie, son incapacité à y faire face, l'absurdité de sa situation, qui font que quand il rentre dans les backrooms, il n'a pas vraiment peur, il y retourne de nombreuses fois pour les explorer, et finalement s'y sent mieux que dans le monde "normal". On peut voir cela comme le fait qu'il se réfugie dans son déni, dans sa folie, dans sa perte de réalité.
The Backrooms a un fort côté Silent Hill.
Ces deux œuvres partagent une idée assez particulière dans l’horreur psychologique : le lieu cesse d’être un décor et devient un personnage.
Là où Silent Hill donne l’impression d’un inconscient qui prend forme (comme les sexy nurses qui sortent de la psyché de James Sunderland), les Backrooms donnent l’impression d’un espace qui a perdu sa fonction humaine, comme un glitch, un bug, qui permet de passer outre la réalité objective.
J'ai particulièrement apprécié une scène, spoiler :
Vers la fin du film, la psychothérapeute rentre dans les backrooms et retrouve Clark. Celui-ci a sombré définitivement dans la folie et l'invite à une sorte de dîner grotesque et complètement cauchemardesque en compagnie de gens déformés. On comprend que les backrooms sont des sortes d'univers parallèles décalés qui n'ont pas la même logique. Clark se sent bien maintenant dans ce monde, et ne veut pas le quitter.
La psychothérapeute va essayer de s'échapper ensuite de ce monde de folie, et cela fait écho à ses propres problèmes qu'elle essaye de fuir.
Je conseille vivement ce film à celles et ceux qui aiment les récits où l’horreur ne vient pas seulement des monstres mais des lieux, des failles de l’esprit, des situations complétement perturbantes.
Si vous aimez les histoires sombres et oppressantes, qui explorent la solitude, les troubles psychiques, la confusion entre réel et imaginaire et la descente progressive dans la folie, ce film mérite clairement le détour.