L'opus de trop, qui n'a plus de piles Duracell dans le boîtier. Ce cinquième Toy Story n'a plus la magie et l'émotion de ses prédécesseurs, sent la fatigue à chaque étape de son scénario bancal, brouillon, qui part dans tous les sens. Le film oublie d'avoir une vraie scène touchante (ils avaient prévu autre chose au départ, ça se sent), tout en gagnant ses point sur sa critique soulignée sur les tablettes numériques. Disney présente ces outils comme des nounous de substitution pour parents débordés, aborde les dangers des réseaux en ligne sans surveillance des adultes (et encore, la gamine n'est tombée que sur
trois petites pestes
, elle a évité les pervers...), tacle la collecte de données détruisant la vie privée des gamins...alors que Disney vend précisément ces appareils depuis longtemps. Disney essaie de transmettre à ses jeunes utilisateurs les consignes pour "bien jouer, en toute sécurité", et c'est là que Toy Story 5 est un petit coup d'éclat, il a compris comment trouver sa place dans l'actualité des jeunes joueurs. Dommage que le reste du film se vautre dans des erreurs grossières, comme la nuée de Buzz qui sont des running-gags très mal amenés : on ne comprend jamais ce qu'ils font là, et ils seraient sortis d'un carton des encombrants à la fin du film, ils auraient
aidé les autres jouets
exactement pareil. De plus, les tout-petits de la salle n'ont jamais compris ce qu'ils disaient ("Star Commander, Star Commander..." en boucle : vachement pratique, pour les gamins français), de même que les scènes où les infos sont écrites à l'écran mais pas lues par les personnages (les textos qui sèment la zizanie sur l'écran de Lilypad), encore une fois, un concert de "Maman / Papa, y'a marqué, quoiiiiii...". Et ce n'est que le plus petit des problèmes d'écriture de cet opus. Déjà, sur le papier, il ressemble beaucoup au premier film de la saga ("Oh un nouveau jouet plus moderne, on va se liguer pour le rejeter...", c'est le même scénar), refaisant même la scène "Woody et Buzz s'accrochent à l'arrière d'une voiture", pour ceux qui n'auraient pas compris la resucée. On s'étonne de l'absence des autres jouets 99% du film (chaque ancien personnage a une seule ligne de dialogue : la déception ultime) au profit de nouveaux jouets insupportables (surtout le rouleau de PQ numérique qui est une avalanche de blagues de popo... Où est passée la finesse d'écriture de Pixar ?), mais aussi un problème quant à la scène émotion en fin de film. Alors que le début mettait en place Emily, la petite fille qui a eu Jessie pour la première fois, la gamine devrait avoir un peu moins de 80 ans en 2026, alors pourquoi n'-t-on pas une belle scène de
retrouvailles entre la mamie Emily (qui pourrait se souvenir de son jouet) et Jessie
? On l'a attendu tout le film, et on n'a pas cette scène émouvante, à la place :
une photo, avec juste un petit twist "nom" assez léger, qui fait complètement changer d'avis Jessie en une seconde, sur tous ses questionnements existentiels
(c'est vraiment expédié). La scène est très décevante, et on n'est pas trop surpris, quelques jours après le visionnage, d'apprendre que Pixar voulait à la base mettre exactement la scène de retrouvailles à laquelle on pensait, mais a finalement changé d'avis au dernier moment, et ça se ressent terriblement. Ce cinquième opus, outre sa critique (son "mode d'emploi") de la nouvelle technologie qui est assez percutante pour que les petites têtes apprennent à faire attention, se perd dans son scénario trop fouillis, avec de nouveaux personnages assez pénibles.