Convenu! Ce film est l'exemple parfait d'une saga à rallonge. La fin du 3 était connue pour être idéale. Quelques années plus tard, Disney a quand même sorti un 4, certes convaincant et avec une fin plutôt cool aussi. Et nous revoilà malgré tout avec un 5! La plus célèbre saga de Pixar semble définitivement aller vers l'infini et au-delà. Ce qui explique évidemment ce genre de licence qui ne sait pas s'arrêter se tient en un mot: l'argent. Tandis que des créations originales récentes comme "Élémentaire" ou "Elio" ont convaincu que difficilement (voire pas du tout) les chiffres au box-office, "Les Indestructibles 2", "Toy Story 4" ou encore "Vice-Versa 2" ont tout pété en salles (le dernier film, sorti en 2024, étant même devenu le plus gros succès du studio). Il était donc tant que Pixar remplisse les caisses. Globalement, j'ai l'impression que la stratégie du studio à la lampe est d'alterner les sorties entre un film original et une suite. En tout cas, je suis allé voir ce nouvel opus sans grande attente. Et donc que vaut "Toy Story 5", sorti 30 ans après le premier?
D'abord, j'ai trouvé le synopsis de base intéressant, avec cette idée du jouet face à la technologie. C'est d'actualité, c'est parlant, et c'était évident que Pixar allait nous laisser sur une morale qui fonctionne (autour de l'amitié physique et des relations à distance notamment). D'ailleurs, le réalisateur est un bien connu des studios Pixar puisque Andrew Stanton était déjà derrière "1001 Pattes", "Némo", Wall-E" et "Dory", et était scénariste des 4 opus précèdents. Cette histoire, où les écrans ont pris le pouvoir est habilement réussie. Je n'ai pas vraiment vu mon visionnage passé. Le 31e long métrage Pixar est très beau, tendre et malin. Au niveau des personnages, on peut souligner que c'est désormais Jessie la leader de ce fameux groupe de jouets de la petite Bonnie. On en apprend plus sur elle, et elle parvient à être attachante. Woody n'est donc pas le perso principal cette fois. Ils ont trouvé une pirouette scénaristique évidemment pour le faire revenir (avec une calvitie..), malgré la fin de l'opus précèdent. Je dirais même qu'il ne sert pas à grand chose et manque d'icônisation. On sent en fait qu'on ne sait plus quoi faire de tous les personnages qui sont présents dans l'univers et qui se sont cumulés avec l'avancée des films. Certains jouets sont carrément passés à la trappe sans explication. En plus, les nouveaux perso qui viennent enrichir l'histoire de cet opus sont assez oubliables.
J'ajoute qu'il y a moins d'émotion dans celui-ci que dans le 3 ou le 4 selon moi. Ce n'est pas non plus l'épisode le plus drôle de la franchise. Côté bande son, c'est toujours Randy Newman à la baguette, et ça fonctionne super bien. Visuellement, comme dit, le film est beau, mais sans être grandiose. Il n'y a pas forcément de plans (sauf 1 ou 2 via un couché de soleil) ou de décors qui restent en tête.
Bref, c'est un peu facile et faignant, ce n'est pas marquant, et c'est donc suite facultative. Ce n'est pas le film d'animation que je retiendrai le plus de 2026. Au global, j'ai légèrement préféré "Jumpers", l'autre Pixar sorti en début d'année. Je n'ai pas boudé mon plaisir pour autant. "Toy Story 5" reste, sans surprise, un divertissement de qualité pour toute la famille. Comme ces 2 prédécesseurs, est-ce qu'on a ici l'Oscar 2027? Une chose est sûre, le film d'animation cartonne partout dans le monde. C'est possible qu'il devienne le plus gros succès de la saga. Ainsi, je ne vois pas dans quel monde un sixième ne verrait pas le jour. Et on se demande bien ce qu'il pourra raconter!