Depuis le culte « Jaws » de Spielberg, le film de requins est devenu un genre à part entière. Mais ces dernières années, le squale a particulièrement la cote ! On le trouve de toutes les tailles (mais de préférence énorme)et de tous types : requin zombie, fantôme, squelette, volant, j’en passe et des meilleurs… Il suffit d’ailleurs de regarder les titres des productions pour en prendre plein les yeux : « L’attaque du requin à six têtes, Shark exorcist, Sharktopus, Sharkenstein, Megalodon, Cocaine Shark… ». Autre fait remarquable, le requin apparaît à peu près partout : sous la banquise, dans les marais, ou même récemment dans le Colisée chez Ridley Scott. Donc…pourquoi pas dans la Seine, pendant les J.O. ? Allez, c’est parti. La scène d’ouverture, dans les eaux du Pacifique, enchaîne tous les clichés du genre :
une plongée calme, tout se passe bien, puis l’on aperçoit furtivement une nageoire, un aileron. Et puis soudain il y a plusieurs gros requins…et enfin arrive le boss, un requin de 7 mètres « qui a grandi beaucoup plus vite que prévu ». En parallèle, l’héroïne sur le bateau perd le contact avec les plongeurs, et tout devient confus. Comme attendu, c’est le bain de sang et aucun homme n’en réchappe. Qu’à cela ne tienne : l’héroïne plonge avec pour tout équipement un masque. Elle va finalement réussir à blesser le monstre, qui lui, va l’épargner (et pour spoiler un peu plus, sachez que TOUS les personnages du film hormis l’héroïne – littéralement – finiront par périr). Le requin l’entraîne alors dans les profondeurs, à quelques dizaines de mètres, et les tympans de la jeune femme explosent. Elle parvient miraculeusement à remonter à la surface, en sang, mais – bonne nouvelle – elle n’aura aucune séquelle, même pas de perte d’audition.
Plus tard, été 2024, à Paris. Une militante écologiste vient trouver notre héroïne et lui annonce qu’elle a repéré le super-requin grâce à sa balise…il serait arrivé « par erreur » dans la Seine, au niveau de Paris. Par erreur, par erreur…pourtant, le tracé semble indiquer que le prédateur a réalisé le parcours le plus court depuis le Pacifique ! Dès lors, l’idée fixe de cette militante, puis de toute son association, sera de sauver ce méga-requin, quand bien même il s’agit d’une menace gravissime, surtout à l’approche des épreuves de natation dans la Seine. Mais c’est comme ça : les personnages sont tous archi-caricaturaux et manichéens. La maire de Paris, par exemple, et bien, elle s’en fout : il ne faut pas gâcher l’image des Jeux. On aura donc droit à
un carnage dans les souterrains de Paris (il y a moins d’un mètre d’eau dans les tunnels, mais le monstre y est passé sans problème).
Jusque là, c’était simplement très mauvais, mais les dernières scènes m’ont fait revoir ma note encore à la baisse. D’abord,
les requins dévorent tout le monde, des centaines de nageurs. Puis l’un d’eux, frôlant un obus au fond de l’eau, le fait exploser…ce qui déclenche une réaction en chaîne : les principaux ponts de Paris explosent, des quartiers entiers de Paris également ! Et le plus drôle arrive…Peu après, alors que tout le monde est mort sauf l’héroïne, on découvre que le niveau de l’eau a monté de 5-10 mètres dans tout Paris, la ville est sous les eaux. On en parle ? Cette eau, elle vient d’où ?
On atteint donc des sommets d’absurdité, c’est stupéfiant ! Vivement le prochain : « Des requins dans l’avion » !