Réalisateur de Les Équilibristes et de La belle gente, entre autres, Ivano De Matteo s'est toujours préoccupé de l'existence de gens ordinaires, mais plein de contradictions, dans leur vie quotidienne. Lui-même père d'une fille de 15 ans, il raconte dans Mia la vie d'une adolescente de cet âge, normale et juste un peu rebelle devant les velléités d'autorité de son père. Rien de grave ne devrait lui arriver sauf si un intrus ne venait brouiller les cartes et son équilibre. Avec un scénario plus linéaire et presque prévisible, le cinéaste prend moins de risques que dans ses longs-métrages précédents, faisant le pari de nous toucher, en creusant l'intimité de ses personnages et la fragilité d'une famille sans histoires. La mise en place est un peu longue mais nécessaire pour contextualiser un drame qui s'annonce, avec un souci louable de réalisme. On peut reprocher un côté laborieux, scolaire diront certains, comme si le but était d'abord pédagogique, pour alerter les parents sur les dangers courus par leurs enfants, en particulier avec l'omniprésence des réseaux sociaux. Le film est solide, les acteurs bien dirigés et l'intensité va crescendo, jusqu'à un dénouement à la fois brutal et très ouvert. Une histoire d'aujourd'hui, à hauteur humaine, dans laquelle parents et enfants se retrouveront, peu ou prou.