Vol au-dessus d’un nid de dragons
Encore un remake live action, comme on dit dans la langue de Molière. C’est le canadien Dean DeBlois – le créateur de la série TV et réalisateur des Dragons en animation -, qui reprend son personnage fétiche pour ces 128 minutes d’aventures qui nous transportent sur l'île escarpée de Beurk, où depuis des générations, Vikings et dragons s’affrontent sans merci, Harold fait figure d’exception. Effacé, écrasé par la stature de son père, Stoïk, le chef de la tribu, ce jeune rêveur défie des siècles de tradition en se liant d'amitié avec un dragon nommé Krokmou. Leur lien improbable va révéler la vraie nature des dragons et remettre en question les fondements mêmes de la société viking. Alors le pitch, sans surprise, nous raconte que, flanqué de la farouche, autant qu’aventureuse, Astrid et de Gueulfor, le sympathique forgeron du village, Harold va devoir s’imposer dans un monde déchiré par la peur et l’incompréhension. Alors qu’une dangereuse créature réémerge des brumes du passé, menaçant à la fois les Vikings et les dragons, l’amitié d’Harold et Krokmou pourrait bien être la clef d’un nouvel avenir. Ensemble, ils vont devoir se frayer un chemin fragile vers la paix, en dépassant les limites de leurs deux mondes pour mieux redéfinir les notions de chef et de héros. Ouah ! Rien que ça ! Mais oui, ce film vise haut mais cette gageure est remplie malgré quelques facilités scénaristiques. C’est de la belle ouvrage !
J’avoue mon a priori quand j’ai lu les noms de Krokmou, Stoïck, l’île de Beurk et surtout la ravissante Astrid de Gueulfort… J’ai cru à un gag digne des grandes heures de Goscinny et Uderzo. Et puis, je me suis laissé embarquer par l’humour omniprésent, le tsunami de bons sentiments qui nous submerge, mais aussi la beauté des images – inspirées par les îles Féroé, l'Islande et l'Écosse -, et la qualité des effets spéciaux – merci au Jurassik Park de Maître Spielberg -. Franchement, dans l’exercice, que l’ont sait risqué et controversé, du remake d’une animation en live action, celui-ci est une réussite. Un parcours initiatique très spectaculaire et sans ennui. Rien de bien nouveau mais ça fonctionne. Reste la musique de John Powell qui accompagne, souligne chaque instant jusqu’à la nausée. Mais le scénario qui pourrait être caricatural sait donner de l’importance aux émotions de ses personnages. Suffisamment rare dans ce type de film pour être remarqué. Franchement, un avis favorable pour un genre de film que je n’apprécie pas souvent.
Mason Thames, 17 ans, révélé dans Black Phone et la délicieuse Nico Parker, 20 ans, font plus que le job et savent apporter des nuances inattendues à des personnages qui pourraient s’avérer caricaturaux. Par contre, tous les autres, Gerard Butler et Nick Frost en tête ne font pas dans la dentelle. Mais bon, c’est un peu la loi du genre. Alors, on oublie ses postures de vieux cinéphiles, on accepte un petit retour en enfance et de goûter son petit plaisir quand il est là.