Pour une fois, je n'ai pas vu le film d'animation originel -ni ses suites, cela va sans dire- et c'est donc via ce remake live action que je découvre cet univers de vikings et de grands lézards cracheurs de feu. Et j'ai adoré.
Évidemment, ma mauvaise langue de dragon m'a toujours fait m'interroger sur la simple utilité d'une bonne partie des remakes live action de ce type, souvent de la part de Disney, où, hormis quelques (très bonnes) exceptions, la plus-value du passage à l'animation au "réel" est inexistante voire négative.
Ici, même sans ça, il faut bien reconnaître que cette nouvelle version de "Dragons" est d'une autre flamme que ceux-ci, ne serait-ce que techniquement, par la réussite de ses effets spéciaux (les rendus des bestioles et de certaines séquences de vols sont vraiment époustouflantes), de la direction artistique de son univers à l'identité forte ou de sa réalisation à l'aise sur tous les terrains pour dégager les charges émotionnelles de son récit (j'ai particulièrement aimé certaines idées d'enchaînements de plans où l'on sent toujours une volonté inventive visuelle en termes d'effets humoristiques ou de mise en relief du lien entre son jeune héros et son Furie Nocturne).
Surtout, ce "Dragons" a une âme -et une belle- de divertissement familial épique comme on en croise aujourd'hui finalement peu, porté par ses personnages et leurs dynamiques extrêmement attachantes (la relation père/fils aux chemins a priori irréconciliables, celle éminemment adorable entre Harold et Krokmou, les nombreux sourires provoqués par sa bande de jeunes bras cassés chasseurs, la pureté des sentiments d'un premier amour naissant avec Astrid... tout fonctionne du tonnerre nordique !), un casting de jeunes -et moins jeunes- pousses très judicieusement pensé pour leur prêter ses traits et, bien entendu, un récit qui sait tous les faire grandir intimement dans une aventure solide et sachant aller crescendo dans le spectaculaire à offrir à son public.
Ceux qui ont vu le film d'animation auront peut-être un avis différent, y verront peut-être plus le côté copier-coller que je ne saurais déceler vis-à-vis de l'original mais ils sentiront aussi sans doute le brasier de sincérité qui traverse ce "Dragons", probablement entretenu par le fait que son auteur, Dean DeBlois, soit le même, avec une envie criante de rendre palpable un monde et ses héros pour lesquelles il a une affection manifeste. Le résultat ne peut ainsi qu'engendrer une réciprocité de ressenti de ma part.
Et puis, Gégé Butler doit avoir ici son meilleur rôle sur grand écran depuis... depuis... bah depuis très longtemps. Rien que pour ça...